Lors de sa rentrée annuelle 2021, le REAO-MALI ouvre le débat sur " la lutte contre la corruption en terme de bonne gouvernance"
Le Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest (REAO-MALI) a tenu sa traditionnelle rentrée annuelle à l'hôtel Salam Azalai de Bamako ce vendredi 10 Décembre 2021. Sous la présidence du Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla MAÏGA, le thème retenu pour la circonstance était " La lutte contre la corruption en terme de bonne gouvernance". Pour l'occasion, Christian LÉVESQUE, Ancien Député du Québec s'était prêté à l'exercice qu'on lui a confié entant que conférencier de la soirée.
Le monde des entrepreneurs a répondu massivement à l’invitation du Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest (REAO-MALI). Autour d'un dîner gala, on pouvait noter la présence de plusieurs chefs d'entreprises, des Anciens Ministres, des Administrateurs financiers, des Ambassadeurs, des personnalités importantes dans la lutte contre la corruption au Mali etc.
Dr Awa DIARRA, Première Présidente du Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest (REAO-MALI), après avoir souhaité la bienvenue aux éminents invités, les a exhorté à tirer le maximum de profit des échanges. Cette soirée était également l'occasion pour le Réseau de l'Entreprise en Afrique de l'Ouest (REAO-MALI) sous le leadership de Dr DIARRA de présenter Mali Angels, un réseau d'investissements privés dirigé par Paul DERREUMAUX et l'Institut Malien des Administrateurs et Dirigeants Sociaux (IMADS) dirigé par Mossadeck BALLY également Ceo du Groupe Azalai et modérateur de la soirée.
Il faut dire que la soirée fut riche en échanges et en partages d'expériences. Dans sa communication qui portait sur le thème de la soirée, M. LÉVESQUE a laissé attendre « qu'il y aura toujours la corruption malgré tout » et que le seul moyen de réduire cela, est la mise en place d'un système anti-corruption. D'ailleurs, il a suggéré l'ISO 37001, qui est reconnu par plus de 160 pays et dont la certification est valable pour une période de 3 ans. Il préconise l'éducation, la communication, la compréhension de nos risques, l'amélioration du système des entreprises contre la corruption. Aussi, il affirme que "le gouvernement est quelque part responsable de cette corruption, puisqu'il ne met pas le moyen suffisant pour empêcher cela". Face à ce phénomène, il demande à ce que les Etats encouragent un réel changement en allouant des ressources nécessaires aux agents tout en les demandant des services pouvant atténuer l'effet de la corruption. Aussi, il a souligné l'importance de l'informatisation dans un ÉTAT, et la mise en place d'une ligne de signalement en cas de corruption avec des réserves bien évidemment. Il insiste sur le fait que "la police et la justice ne puissent régler le problème". Il a fini sa présentation par une phrase qui interpelle : La lutte contre la corruption " Le projet d'aujourd'hui pour les prochaines générations !"
A sa suite, Mossadeck BALLY, Ceo du Groupe Azalai et modérateur de la soirée a ouvert les débats. C'est ainsi que certains invités ont bien voulu faire soit des témoignages sur le thème, des recommandations et ou de l'interpellation. C'est le cas de Me Mamadou Ismaël KONATÉ, ancien Ministre de la Justice qui est convaincu que " la corruption on sait où ça commence et où ça se termine. Et on sait qui est au début et qui est à la finalité... Le drame est que sur 10 sentences arbitraires rendues, 6 sont annulées pour fait de corruption. Deuxièmement, la corruption commence par la politique et les politiques dans notre pays. Ils ne sont pas réglementés dans notre pays. Vous faites une campagne politique, vous mettez le montant que vous voulez sans qu'il n'y ait aucune limite, sans qu'aucun juge ne vienne vous demander qui vous a remis de l'argent... Tant qu'on n'a pas règlementé notre système politique, on est dans le pétrin. La corruption va nous tuer tous".
De même le Président du Conseil d'administration de la BNDA affirme que" le modèle économique des entreprises est basé sur la corruption... Aussi, la retraite des fonctionnaires est un véritable problème dans notre pays."
On ne peut parler de lutte contre la corruption sans aucune autorité mise en place dans ce sens. C'est pourquoi Moumouni GUINDO, Président de l'Office Central de Lutte Contre l'Enrichissement Illicite (OCLEI) a tenu à rappeler l'engagement des plus hautes autorités dans cette lutte. " Le Mali a institué une semaine de lutte contre la corruption...La corruption existe réellement au Mali et il n'y a pas de polémique là-dessus. Non seulement de façon quotidienne tout le monde vit le fléau...En 2020, le Mali a été classé 129/180 avec une moyenne de 30/100...Nous sommes entrain de nous former à l'OCLEI sur le système de management anti-corruption afin d'aider les services de l'État et parapublics à mettre des dispositifs permettant de réduire les effets de la corruption" dixit-il.
Après les questions houleuses, Dr Awa DIARRA a remercié les éminents invités au cours de son bref discours de clôture laissant ainsi la place au Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla MAÏGA.
Dans son allocution, le Chef du Gouvernement a fait un état de lieu de la transition actuelle dans notre pays sans oublier la nécessité d'une réforme institutionnelle qui permettra au Mali de ne pas sombrer dans une nouvelle crise "post-électoral". Pour revenir au thème central, il affirme que " la lutte contre la corruption est l'un des principaux thèmes qui sera débattu lors des Assises Nationale de la Refondation (ANR) où des maliennes et maliens vont donner leur avis sur ce qu'ils pensent de la lutte contre la corruption pendant la transition afin que la lutte contre la corruption puisse prendre un nouveau départ, pour redonner confiance aux Maliens. Parce qu’il faut le rappeler, aussi longtemps que l'injustice, l'impunité et la corruption vont exister, vous aurez beau avoir la plus grande armée du monde, le pays ne sera jamais stable. Je voudrais (vous) féliciter pour avoir eu la présence d'idée de choisir un sujet si pertinent au bon moment et au bon lieu" a-t-il conclu.
Il est à souligner que le Réseau de l’Entreprise de l’Afrique de l’Ouest (REAO) a été créé par un groupe d’entrepreneurs, motivés et soucieux d’améliorer l’environnement des affaires en Afrique de l’Ouest, nécessaire à l’essor d’un secteur privé fort et dynamique, qui serait en mesure de contribuer au développement économique des pays de la sous-région. Cette année, le réseau de téléphonie mobile MOOV AFRICA MALITEL était le sponsor officiel. Le rendez-vous est donc pris pour l'année prochaine.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com