TRIBUNE: 2022, une année décisive pour notre pays
• Par Seydou Mamadou Coulibaly
L’année achève son cours comme elle avait débuté, dans l’incertitude, dans l’insécurité et dans l’instabilité. Comme en 2020, l’horizon est incertain et chaque jour nous nous demandons de quoi demain sera fait.
Une des causes de cette douloureuse interrogation est un petit virus de quelques millimètres appelé coronavirus qui a montré les limites de la science et mis à genoux les plus grandes nations de notre planète. Comme si cela ne suffisait pas notre pays, au cours de l’année qui s’achève comme de celles qui l’ont précédée, a continué de côtoyer l’horreur au quotidien avec des attaques d’une sauvagerie inouïe. Chaque fois que nous avons cru atteindre le comble de la barbarie comme à Ogossagou avec 160 morts le 23 mars 2019 en une matinée, c’était sans compter sur la détermination des obscurantistes, des terroristes et souvent des narco trafiquants de tout genre. L’on ne cesse de faire le décompte macabre jusqu’à Songon, où la barbarie a atteint son paroxysme avec des nourrissons, qui ont été sauvagement assassinés ce 03 décembre 2021. Plus que le nombre de tués, c’est la manière de donner la mort qui hante nos sommeils.
Personnellement, la question qui m’empêche de dormir est de connaître les ressorts qui nourrissent autant de haine entre des êtres humains que rien n’oppose à priori. Cette sauvagerie d’un autre âge se double de l’évolution des attaques des groupes terroristes. En effet, au cours de l’année 2021, il a été constaté que les groupes armés terroristes s’attaquaient de plus en plus aux zones de production comme l’Office du Niger au Mali. Sur le terrain, les citoyens font face à une grande misère qui ne leur laisse quasiment plus aucun espoir.
L’insécurité sanitaire avec l’apparition du nouveau variant de la COVID 19, Omicron, en cette fin d’année 2021, a fait grandir l’incertitude. De nombreuses entreprises se retrouvent dans une situation difficile et de nombreux emplois sont menacés, amplifiant les doutes quant au futur avec l’accroissement de la misère.
Selon le Fonds Monétaire International (FMI), la croissance pour l'Afrique subsaharienne doit s'établir à 3,8% en 2022 tandis que le Ministère de l’Economie et des Finances table sur une croissance économique de 5,2% au Mali en 2022. Mais il faut craindre les conséquences des crises sanitaire et sécuritaire car la croissance risque d’être plus faible que les prévisions. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies (ONU), au Mali, au Niger et au Burkina Faso, c’est à dire dans le Liptako Gourma communément appelé la zone des trois frontières, près de 2.4 millions de personnes sont des déplacés internes. L’insécurité alimentaire gagne du terrain dans les trois pays et menace environ 7.4 millions de personnes.
En cette veille de nouvel an, je me réjouis de voir que l’insécurité et le poids de la pandémie n’ont pas fait fléchir nos compatriotes ni entamé leur capacité de résilience. Ainsi, il me plait de constater que, malgré les nombreuses attaques et menaces, les producteurs ont continué d’exercer leurs activités, malgré les risques permanents. La cherté de la vie se fait sentir, mais elle aurait pu être pire n’eût été l’engagement des populations rurales.
Le Mali et les maliens doivent un hommage émérite et appuyé à nos FAMa pour leur engagement constant sur le théâtre d’opération nourri par leur volonté farouche et leur vaillance inébranlable de défendre la nation dans cette guerre asymétrique et dans le respect du droit international humanitaire. Je les salue chapeau bien bas.
Nous devons rester optimistes quant à l’avenir de notre pays. De nombreux signaux montrent que l’année 2022 tiendra toutes ses promesses. Notre nation saura se relever, notre tissu social saura se recoudre, notre pays saura se développer et retrouver une coopération sans tâche à la mesure des enjeux sécuritaires, sanitaires, économiques et bien sûr politiques et diplomatiques. Le Mali reviendra fort dans le concert des nations, il jouera pleinement son rôle et prendra toute sa place dans la stabilisation, le relèvement et le développement du Sahel. Je crois dur comme fer que notre pays sera à la hauteur de son histoire, de son présent et de son avenir dans cet espace dont l’étendue constitue à la fois sa force et sa fragilité.
Dès les premières heures de l’année 2022, il va falloir travailler, sans relâche, à l’atteinte des objectifs fixés par les quatre axes du plan d’action gouvernemental présenté par le Premier ministre le 30 juillet 2021.
La mise en œuvre rapide de ces axes devrait permettre au pays d’amorcer une dynamique positive. Toutes les maliennes et tous les maliens sans exclusive doivent travailler sans relâche en faveur de l’atteinte de résultats rapides et soutenables pour la réussite de la transition en cours.
Pour 2022, aucun effort ne doit être épargné pour permettre au Mali d’évoluer vers un nouveau départ. Les nombreux défis devront être relevés pour assoir une trajectoire certaine en faveur de la résolution de la crise multidimensionnelle.
Pour 2022, un engagement important doit être porté en faveur du civisme et de la citoyenneté. La jeune génération doit être mieux outillée pour une participation active aux enjeux nationaux. Cela impose à tous les acteurs de la sphère publique d’agir en faveur de la jeunesse qui est souvent abandonnée à son propre sort.
Pour 2022, l’atteinte des objectifs de gouvernance doit être palpable, le processus inclusif suscité par les Assises Nationales pour la Refondation doit tenir toutes ses promesses en traduisant en réalité les engagements pris. Il y va de l’avenir du Mali et surtout du rétablissement de la confiance entre gouvernants et gouvernés. L’absence de la confiance nationale a été le pire désastre pour notre pays.
Pour 2022, le dialogue doit s’imposer, le débat contradictoire devra enrichir la gouvernance et permettre l’enclenchement d’un processus démocratique de qualité. La relation avec nos voisins africains et nos partenaires internationaux doit s’améliorer dans la perspective d’instaurer une coopération sincère pour le bien-être des populations. Tous les sujets doivent être discutés dans le seul but de trouver un équilibre favorable aux intérêts de tous.
Pour 2022, les forces de défense et de sécurité doivent être encore plus soutenues dans leur engagement contre les groupes armés terroristes. Il ne s’agit pas du seul soutien de l’État, mais de celui de l’ensemble des acteurs nationaux.
Pour 2022, l’économie nationale doit encore résister face aux difficultés suscitées par les chocs exogènes. Le principal défi sera la mobilisation des ressources budgétaires devant permettre la réalisation du plan d’action gouvernemental (PAG), soit la mobilisation de 2 050 063 000 000 FCFA.
Pour 2022, les défis sont certes nombreux, mais ils ne sont pas insurmontables. Nous devons tous nous engager pour l’atteinte des objectifs de la transition pour réussir l’enclenchement d’un processus démocratique de qualité au Mali. C’est la raison d’être de Benkan, le Pacte citoyen. C’est aussi la raison de mon engagement patriotique pour notre cher et beau pays, le Mali.
- Président du Mouvement Benkan, Pacte Citoyen