jeudi 16 avril 2026
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Révision de la charte de la transition : Les autorités font fi des menaces de la communauté internationale

Par Malijet 267 vues
Révision de la charte de la transition : Les autorités font fi des menaces de la communauté internationale

Le vendredi 4 Février 2022, le Conseil des Ministres s’était réuni en session extraordinaire, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Au terme de cette rencontre, il en résulte l'adoption d'un projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020.

Malgré une batterie de mesures économiques et diplomatiques vigoureuses prises par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uémoa) contre le Mali, le 9 janvier 2022 à la suite d'une proposition de calendrier électoral jugé" inacceptable" par ces organisations, les autorités de la transition ont décidé de réviser la charte de la transition, ce qui " permettra de procéder aux ajustements nécessaires en vue d’une mise en œuvre efficiente des objectifs de la Transition" a souligné le communiqué final de la rencontre.

Suspendu des transactions commerciales et financières avec les Etats membres des deux organisations, sans oublier le gel des avoirs dans les banques centrales de la Cédéao et dans les banques commerciales des Etats membres, ces sanctions sont notamment soutenues par la communauté internationale, qui exige tout comme les autres une réduction de la durée de la transition proposée qui est de 5 ans et de présenter un nouveau calendrier pour les élections.

 Pourtant l'adoption de ce nouveau projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020, qui d'ailleurs faisait partie de l'objet d'une autre session extraordinaire tenue par le Conseil national de transition (CNT), le vendredi 4 Février 2022, se fixerait sur les recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR). Il s'agit notamment de "la suppression du poste de Vice-président pour éviter les duplications des missions et permettre au ministre chargé de la Défense et au ministre chargé de la Sécurité de recouvrer et d’exercer la plénitude de leurs attributions traditionnelles, la suppression du nombre de membres du Gouvernement pour une meilleure gouvernance politique et sociale objective et efficiente, l’augmentation du nombre de membres du Conseil national de Transition pour renforcer davantage l’inclusivité autour du projet de refondation de l’Etat et enfin l’adaptation de la durée de la Transition aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation dans le but de mener des réformes indispensables au retour à l’ordre constitutionnel".

Ce dernier point qui est la cause actuelle du" malheur" de la population, pose toujours problème. D'aucuns disent que si les autorités "s'entêtent" à prolonger de 5 ans la durée de la transition, il est clair que le dialogue avec la communauté internationale prendrait certainement un coup plus ou moins fatal. Même si ces recommandations émanent du peuple malien, les sanctions se font sentir au quotidien.  

Outre ces sanctions, l'Union Européenne avait elle aussi sanctionnée cinq responsables de la transition, vendredi 4 février, à savoir le premier ministre de transition, Choguel Kokalla MAÏGA, Malick DIAW, Président du CNT, Ismaël WAGUE, Ministre de la Réconciliation Nationale, Ibrahim Ikassa MAÏGA, Ministre de la Refondation et Adama DIARRA dit Ben le Cerveau, membre du CNT.

Selon un communiqué, ils sont accusés de faire obstacle à la transition politique dans le pays. Ces sanctions consistent en une interdiction d’entrée sur le territoire de l’UE et un gel de leurs avoirs. Il est en outre interdit aux personnes et entités de l’UE de mettre des fonds à la disposition de ces cinq responsables.

On ne pourrait s'entendre mieux de la part du nouveau Président de l'Union Africaine, le président du Sénégal, Macky Sall, qui, interrogé sur France 24 en marge du sommet ce samedi 5 Février 2022, affirmait qu'“On ne peut pas tolérer l’intervention des armées dans les processus politiques, quelles que soient les raisons” avant d'ajouter que “les sanctions sont l’arme ultime...Jamais la Cédéao n’avait essayé de sanctionner d’emblée des dirigeants comme elle l’a fait au Mali par exemple.”

Notons également que dans le dernier communiqué publié à l’issue du Sommet extraordinaire d’Accra, au Ghana, le jeudi 3 février 2022, les dirigeants de la Cédéao « regrettent l’indisponibilité d’un nouveau calendrier conforme aux décisions de l’Autorité » En conséquence, « l’Autorité décide maintenir toutes les sanctions imposées au Mali conformément à sa décision du 9 janvier 2022 ». Elle exhorte encore « les autorités maliennes à proposer d’urgence à la Cédéao un calendrier électoral acceptable en vue de permettre la levée progressive des sanctions ».

Finalement toutes les cartes sont jouées contre les autorités de la transition. Même si dans le discours, elles sont ouvertes au dialogue, dans les actions, elles semblent suivre sa propre voix ou du moins la "voix du peuple".  Elles ne semblent pas être prêtes à céder aux exigences de la Communauté Internationale, et celle ci ne compte pas non plus accepter les propositions des autorités maliennes.

AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com

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Commentaires (4)

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diop mimi il y a 4 ans

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Dogon64 il y a 4 ans

Monsieur Doumbia vous écrivez : "Même si ces recommandations émanent du peuple malien," en parlant de la durée de la transition. Je vous rappelle que cette durée issue des ANR variait entre 6 mois et 6 ans, il y aurait donc largement de quoi se rapprocher des souhaits de la CEDEAO et de l'UA tout en invoquant" le choix du peuple" Si ce gouvernement ne le fait pas, cela prouve simplement une fois de plus, que ces ANR n'étaient que de l'enfumage comme dirait Diawara, pour rester au pouvoir !

P
Papa il y a 4 ans

Ces sanctions sont bien normales. Lorsque vous êtes dans une famille ou dans une organisation, vous vous conformez à ses lois ou à ses règles. Si vous faites le contraire, donc vous voulez détruire l'organisation ou la famille en question. Ceux qui nous ont intégrés dans ces organisation savaient bien ce qu'ils faisaient avec l'assentiment de tous. Une chose est sure n'essayez même pas de nous faire sortir de ces organisations , nous voulons y rester pour gérer nos problèmes ensemble. Apparemment, ces autorités sont spécialistes en ouverture de fronts. De grâce n'ouvrez pas un autre front et proposez une chronogramme de pas plus d'un an à la CEDEAO et tous ces problèmes prendront fin. Les lamentations, les injures de nos organisations ne changeront rien. Gérer un pays n'est pas une affaire personnelle, vos actions nous pèsent avec la flambée des prix, les dettes nationales impayées, nos vignettes bloquées aux frontières, l'arrêt des investissements, le coton non évacué, pénurie et renchérissement du prix du de gaz, bref tout est bloqué et c'était prévisible. D'autres feront les reformes, qui sont un processus social permanent. Attention qu'on ne dise pas un jour que c'est la plus mauvaise transition qu'on ai jamais connue.

M
ml+ 14098 il y a 4 ans

Ces sanctions sont ridicules. Malgré ces sanctions, Wagué vient d'effectuer un voyage VIP en Italie. Que vos ces sanctions?