Pendant que la CEDEAO envisage une transition d’une année supplémentaire au Mali, le CNT donne son quitus au Colonel GOITA pour une période Transitoire de 6 mois à 5 ans
Alors que le Médiateur de la CEDEAO pour le Mali, Goodluck Jonathan, effectuera une mission à Bamako ce jeudi 24 février 2022 suite aux rencontres techniques qui se sont tenues la semaine dernière sur le Chronogramme des élections, l’actualité du pays est dominée par l’adoption de la révision de la charte de la transition qui ne résous jusque-là la problématique de la durée exacte de la transition qui est de « 6 mois à 5 ans » accordée par le Conseil National de Transition conformément aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR).
En effet, cette mission du Médiateur de la CEDEAO pour le Mali, Goodluck Jonathan qui sera accompagné du Président de la Commission et du Commissaire en charge des Affaires Politiques, de la Paix et de la Sécurité, permettra de discuter des prochaines étapes avec les autorités Maliennes suite aux rencontres techniques sur le Chronogramme des élections. Il semblerait que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) soit finalement prête à coopérer avec les autorités Maliennes après une batterie de sanctions infligées aux populations depuis le 9 Février notamment la suspension du pays des transactions commerciales et financières avec les Etats membres de la CEDEAO et de l’UEMOA, le gel des avoirs dans les banques centrales de la CEDEAO et dans les banques commerciales des Etats membres sans oublier l’embargo.
D’ailleurs, en marge du dernier sommet Union Africaine-Union Européenne qui s’est tenu du 17 au 18 février dernier, à Bruxelles, le Président Ghanéen et Président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, a affirmé que « lui et ses pairs envisagent d’accepter une transition d’une année supplémentaire au Mali » dans une interview accordée à une presse étrangère. Selon lui, « la table de négociation est toujours ouverte pour trouver une issue favorable au problème du Mali ».
Cependant, cette déclaration du Président Ghanéen ne semblerait pas ravir le chef du Gouvernement de la transition, Dr Choguel Kokalla MAIGA qui a retorqué sur la chaine nationale au cours d’un entretien. Selon le chef du gouvernement, rien n’empêche au président Nana Akufo-Addo d’en parler à son homologue Assimi GOITA : « ça lui coutait quoi, de parler de ça au président GOITA. Qu’ils échangent sur un délai raisonnable acceptable par tous. S’il est de bonne foi qu’il en discute avec son homologue, ce n’est pas depuis la France qu’il va aller l’annoncer lors d’un point de presse » dixit-il.
Pis, le lundi 21 février 2022, le Conseil national de transition (CNT) a adopté en séance plénière, le Projet de loi portant révision de la Charte de la Transition du 12 septembre 2020 à hauteur de 120 voix pour, zéro contre et zéro abstention. Ce projet de loi indique que la « durée de la Transition est fixée conformément aux recommandations des Assises Nationales de la Refondation (6 mois à 5 ans). La transition prend fin avec l’élection présidentielle organisée par les autorités de la Transition, la prestation de serment et la passation des charges au nouveau Président élu ». De passage, les membres du CNT ont recommandé au Gouvernement de « fixer un délai acceptable, mais suffisant pour la réussite de la Transition »
Ainsi, cette décision maintient la proposition faite des autorités maliennes à la CEDEAO. D’aucuns se posent la question de savoir si le Colonel GOITA va « proposer un délai acceptable cette fois-ci à la CEDEAO ».
En attendant les conclusions de cette mission et la déclaration du gouvernement sur une durée précise de la transition, notons que des discussions sont engagées depuis le 9 février dernier, entre les autorités maliennes et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’autres partenaires pour trouver un « compromis » pour un retour des civils au pouvoir.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com