Lancement du calendrier d’émissions des titres publics pour l’année 2023 : le Mali souhaite mobiliser 1 409 milliards FCFA.
Le ministère de l'Économie et des Finances, à travers la Direction Nationale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DNTCP), a procédé ce jeudi 23 février au lancement du calendrier d’émission de titres publics pour l’année 2023 à l’hôtel Radisson Collection de Bamako. Présidée par le Ministre, M. Alousséni Sanou, elle a enregistré la présence des directeurs généraux des établissements financiers, bancaires et des compagnies d’assurances, du Directeur National de la BCEAO pour le Mali, du Directeur Adjoint de UMOA-titres chargé de l’intérim, M. Banassi Ouattara, de M. Boubacar Ben BOULLE, (DNTCP) et des partenaires techniques et financiers.
En effet, le marché financier régional constitue aujourd’hui une source de financement incontournable pour l’ensemble des pays de l’UEMOA. Cette cérémonie est un appel à l’endroit de tous les partenaires et investisseurs du Mali, en particulier, les banques, les établissements financiers, les compagnies d’assurance et les Organismes de sécurité sociale, en vue d’une participation massive aux émissions des titres publics du Mali en 2023.
Faut-il le rappeler, au titre de l’année 2022, le Mali a mobilisé 785,7 milliards FCFA sur le marché financier régional, dont 454,9 milliards en adjudication et 330,8 milliards par Appel Public à l’épargne.
Selon le Directeur National du Trésor et de la Comptabilité Publique (DNTCP), il convient de rappeler que ce résultat, en deçà des objectifs fixés pour l’exercice 2022, est plus que satisfaisant au regard du contexte particulier dans lequel il a été atteint.
« En effet, le calendrier initial d’émission de titres publics pour 2022, se chiffrait à 1098 milliards FCFA. Toutefois, à cause des sanctions de l’UEMOA et de la CEDEAO, le Trésor Public n’a pas pu réaliser des émissions de titres publics durant les sept (07) premiers mois de l’année 2022. Ainsi, le montant des émissions prévues dans le calendrier initial et non réalisées du fait desdites sanctions s’est établi à 705 milliards FCFA...».
Certes, l’année 2022 était, une année, particulière dans le bien de domaines.
Cependant, elle a révélé la capacité de résilience et d’adaptation de l’Etat du Mali qui a pu mobiliser des ressources importantes après la levée des sanctions.
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, «malgré ces difficultés, l’économie malienne est restée solide en 2022 avec une évolution favorable des principaux indicateurs économiques et financiers : un taux de croissance de 3,7 % contre 3,1 % et -1,2 % en 2021 et 2020, un taux d’inflation dans la moyenne de la sous-région ressorti à 6 %, un taux de chômage parmi les meilleurs de la sous-région à 6,5 %, un taux de déficit budgétaire de 4,7 % contre 4,7 % et 5,5 % en 2021 et 2020 ».
Ainsi, au titre de l’année 2023, le montant à mobiliser sur le marché financier régional s’élève à 1 409 milliards FCFA et le service de la dette de marché s’élève à 759 milliards FCFA, dont 605,5 milliards FCFA de remboursements en capital. Ce montant sera mobilisé à travers 27 émissions de titres publics, dont 2 par syndication.
Pour ce qui est des orientations budgétaires pour l'année 2023, elles concernent les allocations de ressources aux priorités du Gouvernement retenues dans le Cadre Stratégique pour la Relance Économique et le Développement Durable (CREDD) 2019-2023 dans le but notamment de créer les conditions d'une transformation structurelle de l’Économie, la mise en œuvre du Plan d'Actions Prioritaires du Gouvernement de Transition (PAPGT) 2022-2024, du Cadre Stratégique de la Refondation de l'Etat, la poursuite des investissements publics afin de pallier le déficit en infrastructures notamment le désenclavement intérieur et extérieur du pays et l’amélioration de la mobilisation des ressources fiscales.
L’Etat du Mali, à l’instar des autres pays de la zone UEMOA, intervient sur le marché financier régional, pour lever des ressources pour le financement de son économie en vue de réaliser les infrastructures nécessaires pour son développement.
Selon le calendrier, une émission sera effectuée tous les 15 jours, les mercredis, avec un montant nominal compris entre 20 et 90 milliards de FCFA. Ainsi, 2 obligations seront émises par appel public à l’épargne pour un montant de 300 milliards. Ainsi, 2 obligations seront émises par appel public à l’épargne pour un montant de 300 milliards.
Par ailleurs, la Représentante de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF-MALI), Mme. Aissata Koné, a donné l’assurance que l’APBEF sera au rendez-vous pour soutenir le gouvernement du Mali.
A la fin de la cérémonie, les meilleurs investisseurs pour l’année 2022 ont également été primés. Il s’agit de la BDM-sa, la BMS-sa, et la BNDA.
Il est à savoir que le Trésor du Mali intervient depuis 2003 sur le marché financier régional avec une croissance régulière, en liaison avec les exigences de la mise en œuvre des politiques de développement et de réduction de la pauvreté. Pour la réussite de ces émissions de titres, le Trésor Public travaille en étroite collaboration avec l’UMOA - Titres et la BCEAO pour les adjudications de bons et obligations du Trésor, les Sociétés de Gestion et d'Intermédiation et autres intermédiaires pour les Appels Publics à l'Épargne (APE).
Le Marché des Titres Publics est l’unique marché régional, par adjudication, exclusivement dédié au financement des États membres de l’UEMOA. Les émetteurs souverains sollicitent, à travers des procédures adaptées, l’émission de titres publics souscrits par des acteurs spécifiques soit pour leur compte propre ou pour celui de tiers.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com