vendredi 17 avril 2026
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Les « juntes au pouvoir » à Bamako et à Paris en arrivent là

Par Lerepublicainmali 1,252 vues
Les « juntes au pouvoir » à Bamako et à Paris en arrivent là

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a pris le raccourci en décidant d’approuver la fin de la mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), alors que le Secrétaire général Antonio Guterres avait mis sur la table une batterie de propositions en vue de son renouvellement. L’injonction malienne ou sa demande de retrait « sans délai », rejetant les propositions onusiennes qui ne cadrent plus avec le nouveau paradigme adopté par le Mali, est venue mettre un terme à la discussion autour de la mission de maintien de la paix, « là où il n’y a pas de paix », selon Bamako.

La réponse du Conseil de sécurité, sa décision d’approuver la fin de la mission multidimensionnelle pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) semble être d’autant réaliste que l’organe onusien a certainement tiré conclusion des différentes positions sur la crise sécuritaire au Mali, notamment celle de la France dont les autorités ont toujours assumé le rôle de maître penseur de toutes les décisions pouvant être prises au Conseil de sécurité et concernant le Mali. Ce monopole français depuis la colonisation sur le Mali est progressivement tombé en désuétude avec l’avènement au pouvoir du président de la Transition colonel Assimi Goïta, à partir de Mai 2021. Il y a eu un déphasage entre ce monopole et le nouveau paradigme malien, condamnant l’attitude de béni oui-oui vis à vis de l’ancien colonisateur. Ainsi, pourrait-on observer un panier de pommes de discorde entre les deux capitales rendant impossible une mission basée sur l’acceptation et l’engagement des parties. Les autorités maliennes accusent ouvertement la France de fournir des renseignements et des soutiens matériels aux terroristes. La demande malienne d’une séance pour exposer les éléments de preuve de cette grave accusation, est restée pendante devant le conseil de sécurité sans avoir le moindre répondant.

Le pays d’Emmanuel MACRON et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 est également accusé d’instrumentaliser les droits de l’Homme au Mali, et certaines organisations de défense des droits de l’Homme, jugées à la solde de la France et à sa politique géostratégique, et leurs rapports commandités. Cette guéguerre entre Bamako et Paris avec un rejaillissement sur les relations internationales, partout où leurs intérêts se trouvent, a atteint le paroxysme avec le dossier de Moura où les positions sont devenues irrémédiablement inconciliables, la France soutenant que les forces maliennes ont tué des civils à Moura, là où Bamako fait état de plusieurs terroristes neutralisés par les FAMa, après une minutieuse identification de leur site, un sanctuaire de notoriété des djihadistes dans cette zone de Djenné. En effet, prenant appui sur le recul et les enquêtes, Bamako a été en mesure de certifier qu’aucun ressortissant du village de Moura n’a été porté disparu après lesdits évènements de Moura. Le temps en dira peut-être davantage en démasquant certains pièges, les malices et les ruses, s’il y a lieu dans cette affaire. Ce qui est déjà certain, c’est que les questions liées à la fin de la mission onusienne au Mali sont inséparables de celles de guéguerres entre Bamako et Paris, qui se traitent mutuellement de « junte au pouvoir ».

  1. Daou

 

 

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