vendredi 17 avril 2026
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Niger: des militaires putschistes ont renversé le président Mohamed Bazoum

Par AFP 1,490 vues
Niger: des militaires putschistes ont renversé le président Mohamed Bazoum

Des militaires putschistes du Niger, en proie à la violence jihadiste et jusqu’alors allié des pays occidentaux, ont annoncé mercredi soir à la télévision nationale avoir renversé le
président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis 2021. Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger devient le troisième pays du Sahel miné par les attaques de groupes liés à l’Etat islamique et à Al-Qaïda, à connaître un coup d’Etat depuis 2020.

"Nous, Forces de défense et de sécurité (FDS), réunis au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), avons décidé de mettre fin au régime que vous connaissez", celui du président Bazoum, a déclaré le colonel-major Amadou Abdramane, entouré de neuf autres militaires en tenue. "Cela fait suite à la dégradation continue de la situation sécuritaire, la mauvaise gouvernance économique et sociale", a-t-il ajouté.

Il a afirmé "l’attachement" du CNSP au "respect de tous les engagements souscrits par le Niger", rassurant également "la communauté nationale et internationale par rapport au respect de l’intégrité physique et morale des autorités déchues conformément aux principes des droits humains".

"Toutes les institutions issues de la 7e République sont suspendues, les secrétaires généraux des ministères se chargeront de l’expédition des afaires courantes, les Forces de défense et de sécurité gèrent la situation, il est demandé à tous les partenaires extérieurs de ne pas s’ingérer", indique en outre la déclaration.

Par ailleurs, "les frontières terrestres et aériennes sont fermées jusqu’à la stabilisation de la situation" et "un couvre-feu est instauré à compter de ce jour de 22H00 à 05H00 (21H00 à 04H00 GMT) du matin sur toute l’étendue du territoire jusqu’à nouvel ordre".

"Mouvement d’humeur" de la garde -

Cette déclaration des militaires est intervenue à l’issue d’une journée de tensions à Niamey, marquée par ce que le régime a appelé "un mouvement d’humeur" de la garde présidentielle qui retient le président Bazoum dans sa résidence oficielle depuis mercredi matin.

La déclaration des putschistes semble indiquer que tous les corps de l’armée, de la police, et de la gendarmerie se sont ralliés à la garde présidentielle.

Des pourparlers entre le président Bazoum et la garde présidentielle pour tenter de trouver une solution, sans que l’on sache quelles étaient les exigences des militaires, ont échoué.

Avant cette annonce, une médiation ouest-africaine devait tenter jeudi de trouver une solution à ce qui n’était encore qu’une tentative de coup d’Etat en cours, dénoncée par
l’ensemble des partenaires du Niger.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait pu parler avec le président Bazoum pour lui exprimer son "soutien total" et "sa solidarité".

Mercredi, M. Guterres a condamné "fermement le changement anticonstitutionnel de gouvernement" au Niger, a fait savoir son porte parole Stéphane Dujarric.

"Profondément troublé" par la détention du Président Mohamed Bazoum par des membres de la Garde présidentielle, il a appelé "à la cessation immédiate de toutes les actions qui
sapent les principes démocratiques au Niger", a ajouté M. Dujarric.

La Maison Blanche a exigé "spécifiquement que les membres de la garde présidentielle libèrent le président Bazoum et s’abstiennent de toute violence", rappelant que le Niger est
"un partenaire crucial" pour les Etats-Unis.

Depuis la Nouvelle-Zélande où il est en déplacement, le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a lui aussi appelé à la "libération immédiate" de Mohamed Bazoum.

"Je me suis entretenu avec le président Bazoum plus tôt dans la matinée et je lui ai dit clairement que les États-Unis le soutenaient résolument en tant que président démocratiquement élu du Niger. Nous demandons sa libération immédiate", a déclaré M. Blinken.

Le chef de la diplomatie américaine a conditionné la poursuite du versement de l’aide américaine au Niger au "maintien de la démocratie".

La France a condamné "toute tentative de prise de pouvoir par la force" au Niger, a déclaré de son côté la ministre française des Afaires étrangères Catherine Colonna dans un message publié sur Twitter, rebaptisé "X".

Sur le même réseau social, le ministère soudien des Afaires étrangères a manifesté son "attachement (...) à la sécurité, à la stabilité et à l’intégrité des institutions nigériennes, ainsi que son entière solidarité avec le peuple nigérien", appelant chacun à privilégier" l’intérêt suprême de la nation".

-Tirs de sommation -

Niger est l’un des derniers alliés des pays occidentaux dans une région du Sahel ravagée par la violence jihadiste et dont deux voisins, le Mali et le Burkina Faso, dirigés par des militaires putschistes, se sont tournés vers d’autres partenaires, dont la Russie.

C’est en particulier un partenaire privilégié de la France dans le Sahel qui y a déployé 1.500 soldats.

La garde présidentielle a dispersé en fin de journée à Niamey par des tirs de sommation des manifestants favorables au président Bazoum, a constaté un journaliste de l’AFP. Les
manifestants tentaient de s’approcher de la présidence où le chef de l’Etat est retenu quand ils ont été dispersés.

La présidence nigérienne a afirmé que "des manifestations spontanées de défenseurs de la démocratie ont éclaté un peu partout dans la ville de Niamey, à l’intérieur du pays et devant les ambassades du Niger à l’extérieur".

L’histoire du Niger, vaste pays pauvre et désertique, est jalonnée de coups d’Etat.

Depuis l’indépendance de cette ex-colonie française en 1960, il y en a eu quatre: le premier en avril 1974 contre le président Diori Hamani, le dernier en février 2010 qui a renversé le président Mamadou Tandja. Sans compter les tentatives de putsch, nombreuses.

En avril 2022, Ousmane Cissé, ancien ministre nigérien de l’Intérieur d’un régime de transition militaire (2010-2011), avait été écroué pour son implication présumée dans un
putsch raté en 2021.

En février, il a été relaxé faute de preuves, mais cinq des militaires présentés comme les principaux meneurs de la tentative de putsch de 2021, ont été condamnés à 20 ans de prison.

bur-stb/bam/mlb/lpa/fio

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Commentaires (6)

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A
Anonyme il y a 2 ans

EN TOUT CAS, C’EST GRAVE CE QUE DIT LE PUTSCHISTE CHIANI QU’IL ATTENDAIT DES ARMES LOURDES DE LA RUSSIE. PAR PROCURATION, LE MALI VEUT ASSURER LA SOUVERAINETÉ DU NIGER Bonjour, Seydou, Cissé , plus que le pragmatisme, la CEDEAO doit se baser sur des bonnes  pratiques avérées de démocratie,  de  bonnes gouvernance, de gestion et un guide de bonnes pratiques pour en faire un modèle pour l’espace qu’elle couvre. Ainsi, Deux poids, Deux mesures ne devront perdurer dans ce cas, de même que des coups d’états. Ce qui va simplifier et rendre aisé le retour à l’ordre constitutionnel normal. Les pays à  transition doivent suivre ces bonnes pratiques. Ce n’est pas facile mais nous devons nous y atteler pour aussi sauvegarder nos souverainetés. Échangeons avec la CÉDÉAO pour qu’ensemble on définisse une sortie honorable pour tous des crises au niveau des pays subissant ces dernières. Seydou, la CÉDÉAO avait voté un budget pour lutter contre le terrorisme en supportant le G5 sahel mais le G5 sahel n’en avait pas profité  car il a arrêté de fonctionner avant d’utiliser ce budget. Pourquoi a-t-il arrêté de fonctionner ? La France avait usurpé le pouvoir d’allouer la gouvernance tournante qui devait revenir au Mali. Sur un coup de tête, le Mali a fui ses responsabilités,  à travers un ultimatum, en démissionnant au lieu d’exiger son tour de gouvernance. Aujourd’hui, les autres membres du G5 sahel incluant le Niger, par le biais de la Mauritanie, sollicitent, sans effet, le Mali pour reprendre son tour de gouvernance. L’ONU, a voulu créer une force anti-terroriste, sous l’UA, opérant au Mali. Le Mali a encore refusé qu’elle opère au Mali. Actuellement, la CÉDÉAO veut lancer une force cinétique anti-djihadiste pour opérer au Mali. Probablement, avec le contexte actuel, le Mali va s’y opposer. Seydou, que voulez-vous, plusieurs acteurs veulent aider le Mali, mais très suspicieux, le Mali bloque tout. Comment veux-tu que le Mali soit aidé  dans de telles circonstances ? Le Mali dit à qui veut l’entendre qu’il suffit de respecter ses principes (respect de sa souveraineté,  respect de ses choix stratégiques, la satisfaction des besoins des Maliens) pour coopérer avec lui. Mais pourquoi le Mali même n’exige pas en les contrôlant la satisfaction de ses principes dans le cadre d’un partenariat avec des acteurs ? Par exemple, Pourquoi le Mali refuse-t-il d’intégrer le G5 sahel dans le cadre de la gouvernance tournante en contrôlant lui même ses principes ? Nous sommes, peut être, trop méfiants. Nous avons peur. Nous exibons trop notre souveraineté en pensant que les autres la respecteront sans qu’on la mette en œuvre et qu’on la fasse respecter nous-mêmes. Ouvrons-nous aux autres. Faisons respecter nos principes dont notre souveraineté. Par procuration, le Mali veut assurer la souveraineté des autres en exportant son modèle dans le cadre du panafricanisme, cas du Niger. Ce n’est pas à nous de faire respecter la souveraineté  des autres. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC,  Gouvernance  et  Sécurité Email: [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792

D
Dogon64 il y a 2 ans

Le" peuple digne du Niger" a manifesté devant l’immeuble de la garde nationale pour que les putchistes libèrent le président démocratiquement élu ! Et le" peuple digne du Niger" a été mis en déroute par des tirs de sommation des militaires. Les diables de Prigojine et de Wagner continuent de déstabiliser le Sahel .....

A
ag il y a 2 ans

Le peuple digne du Niger et surtout les nouvelles autorités et toute l’Armée Nationale du Niger, doivent croire en Allah/Dieu et ne plus jamais se laisser distraire par les diables : France et sa clique de USA- OTAN….., les seuls responsables de la misère, du désespoir et surtout du terrorisme au Niger. En tout cas, l’histoire a retenu que le bonheur du peuple du Niger ne viendra jamais de la clique des forces d’occupations, encore moins des prostitués de Macron de la junte de france : CEDEAO- UEMOA- CI- ONU- démocratie- ordre constitutionnels- élections….

S
Seydou il y a 2 ans

Les militaires français sont devenus des SDF au sahel alors... Il ne les reste plus qu'à aller affronter les Russes en Ukraine.

D
Diawara il y a 2 ans

JE DIS BIEN DANS L'INTÉRÊT SUPÉRIEUR DU NIGÉRIEN ET NON DES OLIGARCHIES INDIGNES QUI APPAUVRISSENT LES AFRICAINS. MAINTENANT EST VENU LE MOMENT DE NETTOYAGE DES PRÉSIDENTS MARIONNETTES DE LA FRANCAFRQUE ET DE LA FRANCMACONNERIE . LES AFRICAINS DOIVENT S'ASSUMER À PARTIR DE MAINTENANT SOUTIEN TOTAL AU PEUPLE NIGÉRIEN.

D
Diawara il y a 2 ans

VOILÀ QUELQUE SURPRISE QUE LES COTRSPONDANTS DES MÉDIAS DE MERDE N'ONT PAS PU VOIR VENIR C'EST ÇA LA NOUVELLE AFRIQUE ON VOUS TIENDRA TOUJOURS LÀ OÙ VOUS NE VOUS ATTENDIEZ PAS MAIS NOUS SAVIONS DEPUIS LONGTEMPS QUE BAZOUM S'ÉTAIT MIS À DOS SON ARMÉE QU'IL AVAIT TRAITÉ DE MOINS QUE RIEN C'EST CE QU'ON APPELLE TRAHISON. LE PEUPLE NIGÉRIEN DOIT RESTER SOLIDE DERRIÈRE SON ARMÉE ET VEILLER À CE QUE LES CHOSES SE PASSENT DANS L'INTÉRÊT SUPÉRIEUR DU PEUPLE NIGÉRIEN ET DES OLLIGARCHIES.