vendredi 17 avril 2026
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La paix et la réconciliation en péril au Mali : À qui profite l’embrasement ?

Par Le Témoin 2,834 vues
La paix et la réconciliation en péril au Mali : À qui profite l’embrasement ?

Après près de dix années de mise en œuvre laborieuse, le sort de l’Accord issu du processus d’Alger est jeté. Faute de pouvoir accorder leurs violons, les principales parties signataires se sont résignées à acter l’impossibilité de la sauver et viennent d’en trancher le nœud gordien par un brusque retour au bellicisme.

Même aveu d’impuissance du côté des principaux parrains du processus, dont la lassitude a pris forme au fil des désertions du CSA (Comité de Suivi de l’Accord) sur fond d’intransigeance et d’intérêts incompatibles entre adeptes d’un accord intangible et tenants d’un courant spontané de sa remise en cause.

Il en résulte l’évidence d’un renoncement tacite aux maigres acquis engrangés ainsi que l’annihilation d’efforts sisyphiens et d’énormes moyens déployés pour entretenir les instruments de concrétisation de l’APR. Par-delà,  le CSA, sont également passés par pertes et profits les DDR, les MOC, l’armée reconstituée, etc., autant d’avancées embryons naguère brandis comme des symboles et gages de volonté étatique. Idem pour d’autres acquis précieux comme la conférence d’entente nationale ou encore les CVJR, tout aussi voués à l’effondrement et au gâchis, au nom de la détermination à en découdre par l’épreuve de force. Exit les dialogues sans fin et les interminables tiraillements sur les modalités et priorités dans l’application.

Et pour cause, la guerre d’usure entre les protagonistes de l’Accord a tourné pour de vrai en reprise des hostilités que traduisent les rappels de troupes et les appels bellicistes, les disputes et assauts sanglants de positions militaires, les opérations meurtrières et les revendications de pertes infligées au camp opposé, etc. En définitive, après l’observance d’une décennie de cessez-le-feu, consécutivement au sanglant épisode de Kidal, la belligérance longtemps latente embrase à nouveau le septentrion.

Elle revient à l’allure d’une jonction quasiment assumée des groupes rebelles et terroristes, avec un tribut civil de plus en plus insupportable, tant par les pertes innombrables en vies humaines que par les mortels sevrages et privations qu’inflige la guerre aux survivants. En témoigne le récent massacre aveugle de paisibles citoyens par plusieurs dizaines, au nom du blocage des canaux d’approvisionnement des principales villes du Nord.

Pas de quoi émousser, toutefois, les ardeurs à la guerre pour autant que chaque belligérant pourrait tirer parti de l’embrasement en cours. En effet, le contexte n’a jamais été aussi propice au retour en force des velléités séparatistes «Azawadien» nuancées certes par le compte qu’elles trouve dans l’issue du processus d’Alger mais jamais étouffé dans les intentions.

D’autre part, la levée de boucliers qu’elle ambiante intervient comme pour trancher l’équation du chronogramme des élections et sauver les autorités de la gêne qu’elles en éprouvent devant vis-à-vis de la communauté internationale ainsi que d’une certaine classe politique divisée sur le sujet. L’embarras pourrait changer de camp d’autant qu’un enlisement sécuritaire désarçonne toute exigence de processus électoral et aussi longtemps que le crépitement des armes servira à étouffer les appels à l’ordre constitutionnel, la situation n’inspirera aucune initiative de paix et de réconciliation.

A KEÏTA

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Commentaires (1)

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

Version 3 intégrale de la LETTRE OUVERTE À L’ONU, À LA RUSSIE, AU MALI ET AUX MOUVEMENTS SIGNATAIRES DE L’ACCORD DE PAIX Chers f.r.è.r.e.s et s.œ.u.r.s des partis politiques du Mali, Il n’est jamais trop tard pour sauver la face. Devant le veto Russe pour bloquer les sanctions liées aux entorses à l’accord de paix ET pour dissoudre le comité des experts chargés de leurs surveillance, les partis politiques Maliens sont restés insensibles. Aujourd'hui ’hui, vous osez parler de l’accord de paix, de l’unité et de la stabilité. Voir ma contribution ci-dessous pour solliciter la suspension de l’effet de ce veto Russe. Suite à ma lettre ouverte adressée à l’ONU, à la Russie, au Mali et aux mouvements signataires de l’accord de paix, dans l’allocution de SEM Issa Konfourou, en guise de réponse, veuillez remarquer dans  cette allocution de l’Ambassadeur  représentant permanent  du Mali, aux nations unies, que l’accord du cessez-le-feu de 2014 n’a même pas été évoqué OR le Ministre des affaires étrangères du Mali, SEM Abdoulaye Diop, avait justifié l’arrêt des hostilités entre mouvements armés et d’autodéfense Maliens par ce biais au lieu d’invoquer les entorses à l’accord de paix ET à la paix en général au Mali. Attention, les hostilités, actuellement en vigueur (à BER/Tombouctou, sur le bateau Tombouctou et sur les FAMAs à Bamba, ... ) et leurs reprises entre les mouvements armés (signataires de l’accord et ceux du CSP-PSD) et les FAMAS  font partie de ces entorses. Les entorses à  la paix en général (violation des droits de l’homme, ...  ) sont intimement liés aux entorses à l’accord de paix. Ces points, intéressant les populations Maliennes et le Mali, sont traités par les experts de l’ONU auxquels on veut empêcher de travailler. Leurs rapports en parlaient en 2020, 2021, 2022 et 2023. SEM Issa Konfourou s’est focalisé à juste titre sur les entorses à l’accord de paix mais a oublié sciemment les entorses à la paix en général et celles faites par des responsables des forces armées et de sécurité du Mali concernant, entre autres le DDR et les entraves au déploiement de la force de défense et sécurité reconstituée du Mali. Que des oublis et des dénis de vérité. C’est concrètement, entre autres, pour ces dernières, incluant des entorses à la paix,  que la Mali tenait à la suppression de ces sanctions ainsi que le lien avec l’affaire Sanogo et les effets de bords associés (entre bérets rouges et bérets verts, ...). Voir ma contribution ci-dessous  sur l’affaire Sanogo publiée le 11 mars 2021. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02CiwbSRow1fiifbAF5x4VaJ6p58W8F86oQvWJH1oHr6ZudvVspRUSYu638cEoCf4Nl&id=100001294777823&eav=AfYpReDPTOP8pB0Old7KHWQNKQpu9czdReFc9p-fMBGdq6_5_kOhPEfDNgSuOK69nbs&ref=content_filter&paipv=0 Dommage que SEM Issa Konfourou  ne parle nulle part du pacte pour la paix pour lequel ces sanctions avaient été validées pour garantir les engagements des acteurs pour la mise en œuvre efficiente et accélérée de l’accord de paix. Voir aussi ma contribution sur l’affaire Sanogo, le pacte pour la paix et la loi d’entente nationale  publiée le12 mars 2021 à l’adresse suivante : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0ACGqoU6me8SELQuK4ywRoUnasE8hiUMWpS9MhJng7JMGj9PL38E68nvpmU3RyPUQl&id=100001294777823&eav=AfYeGfOyyeEbWyqqzixE4YpuXbvaGQ4KUSeSgzL-77oApnFOgtKVJFKia31sf-bRAQ4&paipv=0 Ces dénis de vérité et cette complexité avec l’ouverture d’une éventuelle boîte à pandore démontrent, une fois de plus, pourquoi le veto de la Russie a été mal utilisé pour annuler des sanctions pour entorses à l’accord de paix mais aussi pour annuler le mandat des experts de l’ONU qui les surveillent. Éliminer les sanctions pour entorses à la mise en œuvre de l’accord de paix au Mali et pour entorse à la paix en général, c’est opter pour l’abandon et la mort subite de cet accord mais aussi pour entraver la paix au Mali. C’est ce à quoi a abouti le veto Russe contre les sanctions pour entorses à l’accord de paix par des acteurs Maliens au conseil de sécurité de l’ONU. Nous souhaitons que la Russie lève son veto pour le rétablissement de ces sanctions pour entorses à l’accord de paix et pour entorse d’une façon générale, à la paix et pour le rétablissement du mandat des experts de l’ONU qui les surveillent. Ce sont des sanctions contre des acteurs Maliens. Faut-il généraliser en disant, comme le stipule SEM Assimi Goïta, les sanctions contre le Mali ? N’abandonnons pas l’accord de paix, le pacte pour la paix, les sanctions qui leurs sont liées (suite, dans le cadre général, aux entorses à la paix sacrifiées car les entorses à l’accord de paix ont été prises comme boucs émissaires) et le comité d’Expert qui les surveillent. CONTRE-Vérités dites par le Ministre des affaires étrangères du Mali, SEM Abdoulaye Diop, au sujet du régime de sanctions liés à la résolution 2374 (2017) dans le but d’annuler les sanctions liées à l’accord de paix mais aussi d’annuler le mandat des experts de l’ONU qui les surveillent. Voici la version intégrale de cette lettre ouverte. https://m.facebook.com/search/top/?q=version3&tsid=0.753074649783054&source=result&mds=%2Fedit%2Fpost%2Fdialog%2F%3Fcid%3DS%253A_I100001375775979%253A6553208401401621%253A6553208401401621%26ct%3D2%26nodeID%3Du_1o_3g_jV%26redir%3D%252Fstory_chevron_menu%252F%253Fis_menu_registered%253Dfalse%26eav%3DAfaCrKEcaxiQ5ofS89UzCaXZUM4--o8nPtUG_Jx6-bzurTGysSz7X6jaGE86OtBgWUk%26paipv%3D0&mdf=1 Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792