Le vaccin antipaludique R21 Matrix-M : Le deuxième vaccin homologué par l’OMS
Le vaccin antipaludique R21 Matrix-M, c’est le nom donné au deuxième vaccin antipaludique homologué par l'Organisation Mondiale de la Santé le 03 octobre 2023 et qui a une efficacité de plus de 75 % chez les enfants de 5 à 36 mois. L’information a été donnée le jeudi 12 octobre 2023 lors d’une rencontre d’informations et d’échanges organisée par le Programme National de lutte contre le Paludisme (PNLP) à l’hôtel de l’Amitié de Bamako.
Présidée par la Représentante de la ministre de la Santé et du Développement social, Dr Youma SALL , accompagnée de la Directrice du PNLP, Médecin Colonel Aissata KONÉ , les chercheurs de MRTC Pr Alassane DICKO, et Pr Issaka SAGARA ainsi que la Représentante de l’OMS, Dr Tako BALLO.
En effet, le paludisme demeure un problème de santé publique au Mali, constituant la première cause de morbidité (43 %) et de mortalité (27 %) dont les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes sont les couches les plus affectées, selon les données rapportées dans le système national d'information sanitaire en 2022 à travers le DHIS2, et cela, malgré les progrès enregistrés au fil des années.
Toutefois, pendant des décennies, la communauté scientifique ne s'est jamais lassée dans ces recherches pour mettre en place des vaccins antipaludiques. De nos jours deux vaccins antipaludiques à savoir la RTS,S et le R21 Matrix-M ont été mis en place, homologués par l'OMS et sont prêts à être implémentés par les programmes nationaux de lutte contre le paludisme chez les enfants de moins 5 ans dans les zones de forte transmission du paludisme.
Les essais cliniques ont été effectués dans quatre (4) pays à savoir le Mali, le Burkina Faso, le Kenya et la Tanzanie sur 4 800 enfants de 5-36 mois, dont 1200 au Mali.
Au Mali, l'étude s'est déroulée à Bougouni et Ouelessebougou avec les chercheurs Maliens notamment the Malaria reacherch and Training Center (MRTC), dont les résultats ont significativement contribué à son homologation par l'OMS et la recommandation de son implémentation immédiate dans les pays endémiques du paludisme à l'instar du vaccin RTS,S homologué en 2021.
Sur l’ensemble des sites, on enregistre une efficacité de 77 % chez les enfants de 5-17 mois, 70 % chez les enfants 18-36 mois. Au Mali, 80 % chez les enfants de 5-36 mois, 89 % chez les enfants 5-17 mois, 77 % chez les enfants de 18-36 mois.
Pour le Pr Alassane DICKO, «l’ajout du vaccin contre le paludisme devrait contribuer à réduire de façon drastique le fardeau du paludisme dans nos pays particulièrement en Afrique Sub-Saharienne. L’USTTB à travers le MRTC et son Unité de Recherche Clinique de Bougouni ont contribué à la recommandation des deux vaccins RTS,S et R21). Nous devrons faire en sorte que ces vaccins puissent être déployés rapidement pour réduire le fardeau du paludisme », dixit-il.
Effectivement, face aux répercussions socio-économiques sur les populations, la lutte contre le paludisme a été placée parmi les priorités du ministère de la Santé et du développement. Dans son intervention, la Représentante du ministre de la Santé et du Développement social a fait savoir que le Mali, à travers les acteurs clé, s'est lancé dans la dynamique d'introduction à partir de 2024 du vaccin RTS,S dans le programme élargi de vaccination ciblant prioritairement les districts sanitaires à forte transmission du paludisme. « Dans cette mouvance, l'homologation du nouveau vaccin R21 Matrix-M est une grande opportunité qui s'offre à nous pour combler le gap des besoins de couverture de la totalité de nos cibles" a-t-elle déclaré.
Elle a adressé ses vifs remerciements à la communauté scientifique du monde entier et particulièrement celle du Mali grâce à qui, aujourd'hui l'un des meilleurs outils de la prévention du paludisme a pu voir le jour, en occurrence les vaccins antipaludiques (RTS,S et R21 Matrix-M). Ce qui fait naître des grands espoirs pour vaincre le paludisme sur notre continent.
Selon la Directrice du PNLP, Médecin Colonel Aissata KONÉ, des avancées considérables sont enregistrées en matière de lutte contre le paludisme au Mali grâce à la synergie d'actions de l'ensemble des parties prenantes. Cependant, des défis restent à relever à l'effet d'accélérer les progrès vers l’élimination du paludisme dans notre pays. « Pour gagner ce pari, l’utilisation des nouveaux outils notamment l'implémentation des vaccins RTS,S et R21 est indispensable en complément des stratégies actuellement en application", a-t-elle conclu.
AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com