vendredi 17 avril 2026
Contact
Malijet

La route de Kayes bouge au rythme du train

Par Le Témoin 2,580 vues
La route de Kayes bouge au rythme du train

Les concitoyens de la cité des Rails s’estimaient aux anges avec l’annonce d’une réhabilitation de la RN1 en plus de la reprise du trafic ferroviaire. Le second a fini par devenir une réalité au bout de la longue tragédie des essais infructueux et les passagers doivent se frotter les mains de disposer pour l’instant d’une alternative transitoire à l’insécurité.  Et pour cause, les travaux de réhabilitation de la route Kayes - Bamako bougent avec le même rythme de tortue que la reprise des rails. En cause, l’ouvrage repose sur un pilier trop fragile pour ne pas connaître de sitôt un avancement rassurant. En clair, le projet ne fait pas exception à la règle de souveraineté affirmée et reste tributaire comme tant d’autres d’un financement sur budget national. Il va sans dire que par ces temps de difficulté à compenser la disette budgétaire par des levées de fonds sur les marchés régionaux, le rythme de décaissement est en deçà de la cadence appropriée. Il est assujetti aux aléas des ouvertures de crédit et beaucoup d’observateurs estiment par conséquent que la RN 1 ne peut être opérationnelle avant 3 ans.

Les milliards de la carte biométrique sous le boisseau

Dans l’histoire des marchés scandaleux, c’est l’arbre qui cache la forêt.  C’est le cas de l’histoire de la carte Nina. Pour 5 milliards en souffrance, il n’aura pas suffi suspendre le processus électoral. Une procédure judiciaire en bonne et due forme a été également diligentée illico presto comme annoncé dans le communiqué du gouvernement sur le report des élections sine die. En atteste le défilé au Pôle économique et financier de plusieurs hautes personnalités impliquées dans le marché passé avec l’entreprise franco-américaine dépositaire des données de base du NINA malien. Selon nos confidences, il a été d’ailleurs démontré à qui de droit que le compte bancaire alimenté pour les besoins du processus électoral de 2018 était crédité à hauteur de 8 milliards de nos francs, soit 3 milliards de plus que le montant nécessaire pour solder les comptes avec le prestataire.

Quoi qu’il en soit, les projecteurs sont braqués sur l’affaire des données NINA pendant qu’un dossier similaire est mis sous le boisseau. Il s’agit du sulfureux marché d’une quarantaine de milliards débloquée pour disposer de cartes biométriques qui ont du mal à se faire jour. Après avoir raté le rendez-vous référendaire et contraint les pouvoirs à la réhabilitation du système désuet d’identification des électeurs. Aujourd’hui encore l’effectivité de la carte biométrique demeure l’otage des multiplies anomalies que révèle le fichier à chaque assurance donnée aux usagers.

Le nouveau ministre des sports est gourmand

Les charges et privilèges régaliens n’ont visiblement pas encore remodelé le nouveau ministre des Sports. Sa proximité avec la plèbe reste entière, au grand dam des exigences protocolaires. De bonne source, en effet, Monsieur Fomba a récemment surpris plusieurs hauts responsables du cercle sportif malien au Stade du 26 Mars qui ont jugé certains de ses gestes en deçà de son rang. C’était lors de la dernière confrontation entre les Aigles du Mali et «The Cranes» de l’Ouganda. Comme d’habitude, en effet, les mi-temps sont l’occasion de retrouvailles de prestige dans la main-courante où les hautes personnalités dégustent une collation avant la reprise de la partie. Il nous revient, de source bien introduite, qu’il n’a pas suffi au ministre malien d’afficher publiquement son appétit glouton. Il lui fallait exposer sa gourmandise par des pratiques qui sont le propre des catégories de convives peu recommandables et insatiables sur les lieux du festin. Le respectable membre du gouvernement en est-il un. ? En tout cas, il n’a éprouvé aucune gêne à se saisir d’un sachet qu’il a rempli de friandises avant de le faire garder dans sa voiture par l’un de ses gardes du corps. L’épisode continue de faire jaser et d’alimenter les commérages dans le microcosme sportif malien où un tel spectacle ne s’est jamais produit auparavant.

 

La jeunesse du M5 crie aussi au lâchage en plein vol

Sous l’égide du PM Choguel Maiga, le Comité exécutif du M5-RFP n’est plus en odeur de sainteté avec sa jeunesse. C’est l’impression qu’il se dégage, en tout cas, de la dernière rencontre entre le directoire des tombeurs d’IBK et la Coordination nationale de la jeunesse M5. Dans le cadre d’un programme de redynamisation des différentes structures du RFP, il était question d’examiner avec la frange juvénile la situation politique du pays, d’envisager les voies et moyens d’accompagner au mieux la Transition et l’armée et de dégager les perspectives. Mais les échanges, à en juger par le contenu du communiqué qui en est issue, n’a pu éviter de donner lieu à des réclamations de comptes sur fond de frustrations et de dénonciations. A la délégation conduite par Boubacar K Traoré et où figure l’ancien ministre Oumar Diarra, les jeunes ont notamment craché à la figure que leurs «doléances n’ont jamais été prises en comptes à fortiori satisfaites depuis guère 3 ans». À ses réclamations, la jeunesse de la branche politique de la Transition associe également les «martyrs» de juillet 2020 tout en réclamant «un audit des 10 points et 11 mesures». Dans le même communiqué, les jeunes du Mouvement du 5 Juin assimilent l’attitude de leurs aînés à un délaissement comme pour se plaindre d’avoir été abandonnés depuis l’envol rectificatif de la Transition et l’accession de leur président Choguel Maiga à la Primature.

Le jeu trouble et double d’Algérie

À force de valser sur la crise malienne, le puissant et redoutable voisin algérien s’est retrouvé, selon toute vraisemblance, dans un dilemme cornélien. Pas seulement parce que son solide soutien à l’échelle mondiale, la Russie en l’occurrence, fait face aux côtés du Mali au phénomène terroriste exporté d’Algérie, mais aussi parce que le pays de Tebboune sait à peine où donner de la tête devant l’équation touareg. Il nous revient pourtant, de bonne source, que la deuxième patrie des Hommes Bleus a finalement penché pour la difficile option de lâcher ses protégés au profit de ses intérêts géostratégiques. De même source, en effet, Alger servirait depuis quelques temps de vecteur d’acheminement par voie aérienne de matériels russes destinés aux positions Wagnériennes et  FAMa de Tessalit pour leur expédition guerrière contre la CMA et le CSP. Et, pendant que l’assaut s’annonce de plus en plus imminent, la ville de Kidal, frontalière d’Algérie, se vide progressivement de ses habitants qui n’ont d’autre destination que l’Algérie pour échapper à la terreur russe. Mais pour atténuer les coups du bâton servi à Moscou contre ses protégés, Alger est disposé, selon nos confidences, à la compensation par une dose de carotte. Les autorités algériennes ont déjà donné leur accord, dit-on, pour abriter un camp d’accueil des nombreux habitants de Kidal potentiellement éligibles au statut de réfugié. Il s’agit d’une première, mentionne notre source, en indiquant au passage que l’Algerie restera toujours réfractaire à l’ouverture de son territoire aux humanitaires de l’ONU. Elle va préférer une domestication des assistances humanitaires.

Les non-dits de la dénonciation des groupes électrogènes par la ministre

Après avoir longtemps défrayé la chronique, la polémique des groupes électrogènes défectueux est revenue sur le devant la scène, la semaine dernière, dans la foulée de la sortie médiatique de l’a ministre en charge de l’Energie. Bintou Camara a notamment confirmé que les efforts du président de la Transition pour l’achat de 27 groupes ont été anéantis avec la livraison de 13 d’entre eux dans un état défectueux. Vérification faite, il nous est revenu que la commande en cause était plutôt inadaptée aux besoins et que le contrat passé avec le fournisseur a manqué de mentionner les caractéristiques des groupes utilisables pour un réseau de distribution électrique. Quoi qu’il en soit, la ministre a annoncé les couleurs d’une possible résiliation du contrat en fonction de ses conséquences judiciaires éventuelles. Sauf qu’en cas de résiliation, affirment nos sources, le futur acquéreur des 14 groupes non encore livrés se tapit déjà dans certaines salles d’attente. Il s’agirait, selon la même source, d’un fournisseur bien connu de la place et dans le secteur et qui jouirait de certaines affinités avec les décideurs au plus haut niveau. Ceux-ci expliquant cela, il est loisible de comprendre pourquoi tant de fixation sur les groupes électrogènes pour lesquels l’Etat n’a déboursé pour l’instant que 30% du montant de 6 milliards FCFA qu’ils lui coûtent.

Comment stocker 150 millions de litres de carburant ?

C’est une équation à laquelle les autorités de transition seront bientôt confrontés. Après avoir jubilé de l’acquisition de 160 millions de litres de gasoil, il se pose désormais la question de leur conservation. Selon les observateurs avertis, le port d’accueil de la précieuse marchandise, celui de KONAKRY en l’occurrence, ne dispose point des infrastructures à même de stocker la commande russe. Il en est de même pour le Mali où les dépôts de carburant ne peuvent faire place à la fois aux volumes ordinaires et au nouveaux arrivages attendus de Moscou. Il reste l’option, selon les connaisseurs, de les céder aux fournisseurs habituels pour solder une partie de la dette. Reste à savoir si certains hauts responsables sauront renoncer pour ce faire aux profits et prébendes qu’ils attendent de la marchandise visiblement cédée par la partie russe au plus bas des prix. En tous les cas, faute de stockage dans le timing adéquat, il n’est point exclu que leurs attentes mercantilistes soit compromises par les fluctuations du marché international des hydrocarbures.

Recettes Domaniales : Les attentes comblées à 101%

Pour la troisième année consécutive, la Direction Nationale des Domaines se hisse à la hauteur des défis et répond par une présence remarquable au rendez-vous des attentes. Le flambeau des objectifs annuels de recettes y est tenu avec la même assurance et lui vaut périodiquement les mêmes compliments de la part des autorités qui se succèdent. Après l’ancien ministre Kamena, c’est au tour de son successeur, Imrane Abdoulaye Touré, de faire les beaux jours des résultats engrangés par les équipes du Directeur A. Dicko. Leur exploit trimestriel est notamment magnifié en des termes très élogieux, et pour cause : d’un exercice à l’autre, les performances n’ont de cesse de s’enraciner dans une enviable constance. «Vous renouvelant mes remerciements pour votre constance remarquable dans l’effort de mobilisation des recettes de notre département, je vous assure de tout mon accompagnement et de toute ma reconnaissance», a ainsi écrit le nouveau ministre en charge des Domaines, dans la correspondance adressée au Directeur à cet effet. Cette adresse dithyrambique lui est inspirée par des résultats qui comblent et excèdent largement les attentes pour le compte de l’avant-dernier trimestre de l’année en cours. En effet, les recettes domaniales de la période s’élèvent à la bagatelle de 45,457 milliards francs CFA pour un cap trimestriel initial de 44,065 milliards. Il en résulte, par conséquent, un taux de réalisation de 101% que les observateurs avertis assimilent à un exploit d’autant plus significatif qu’il contribue à tirer vers le haut les attentes de recettes domaniales pour l’exercice 2023 et à allumer de nouveaux espoirs. C’est la tendance que révèlent, en tout cas, des chiffres qui, à trois mois du terme d’exercice, pourraient avoir déjà franchi la barre des prévisions annuelles. 

De quoi satisfaire, le ministre de tutelle, un fin connaisseur du secteur, qui le met à l’actif de la dédicace personnelle d’un directeur des Domaines rompu à l’ouvrage. À la DND, en effet, la prise en compte des intérêts stratégiques du pays, par ces temps de disette budgétaire, se traduit par l’impulsion d’une dynamique inédite aux efforts de recouvrement et à leur orientation vers de nouveaux leviers pourvoyeurs de recettes. Les ressources coulent ainsi de canaux autrefois inexploités qu’un nouveau mécanisme de suivi-évaluation a permis de réhabiliter et d’optimiser. Il s’agit entre autres des taxes de plus-value sur les titres miniers, des indemnités d’expropriation domaniale, etc. Y contribue également le recouvrement, auprès de certaines partenaires contractuels, des dépenses antérieures de l’Etat que confortent par ailleurs une impressionnante synergie d’actions entre les services des Domaines et des Finances ainsi qu’une mobilisation des compétences humaines jusqu’à l’échelle régionale avec l’opérationnalisation des directions.

Au rythme où brillent les voyants de recettes, la tendance semble irréversible et la Direction des Domaines est en bonne voie de s’imposer comme service d’assiette de premier ordre. Pour ce faire, en tout cas, Abdoulaye Dicko et ses équipes sont à pied d’œuvre et s’illustrent sans relâche d’une période à une autre par des initiatives novatrices et des performances qui imposent les reconnaissances et encouragements de la tutelle. Notons par ailleurs que le même département en charge des domaines se délectait déjà des efforts grâce auxquels les réalisations annuelles avaient franchi le seuil de 109% depuis le précédent trimestre, soit la bagatelle de 101,6 milliards de nos francs pour un objectif de 93,2 milliards attendus à la période. Avec une cadence aussi rassurante, elle peut espérer une contribution plus conséquente de la DND à terme d’exercice. Toutes choses dont les jalons auront été posés par l’inventivité qui caractérise le directoire. 

A.KEÏTA 

Partager:

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Soyez le premier a commenter cet article.