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Après dix ans de présence, la MINUSMA ferme sa base d’Ansongo

Par Minusma 4,098 vues
Après dix ans de présence, la MINUSMA ferme sa base d’Ansongo
(image d'illustration )

Bamako, le 18 novembre 2023 - La MINUSMA a officiellement fermé sa base à Ansongo, ce samedi 18 novembre 2023. Cette fermeture, qui est la neuvième parmi les douze camps de la mission, s'inscrit dans la deuxième phase du plan de retrait de la MINUSMA, préparant ainsi le terrain pour son départ définitif, le 31 décembre 2023.

Le camp a été remis aux autorités civiles, représentées par le préfet d’Ansongo, Ahmed Ag Aklinine, par Hawa Ahmed Youssouf, Cheffe du bureau régional de la MINUSMA à Gao.

Depuis son déploiement en 2013 en réponse à la crise sécuritaire exacerbée par l’émergence de groupes djihadistes, la MINUSMA a joué un rôle clé dans la stabilisation du cercle d’Ansongo en contribuant à la sécurisation notamment de l'axe routier transfrontalier reliant le Niger au Mali, un élément vital pour le pays et la région.

La MINUSMA a travaillé en étroite collaboration avec l’administration et les Forces de défense et de sécurité maliennes (FDSM), particulièrement dans le renforcement de leurs capacités, en matière de protection des civils et la satisfaction des besoins primordiaux des populations à travers le financement de plusieurs projets.

Pour faciliter le retour de l’autorité de l’État dans la ville de Ansongo, la MINUSMA a, par exemple, réalisé plusieurs projets ou activités dont la construction et l’équipement du Commissariat de Police. La dotation en carburant a aussi permis à la Gendarmerie et à la Police d’entreprendre des patrouilles de sécurisation de la ville. En outre, la piste d’atterrissage était régulièrement sécurisée pour permettre les missions humanitaires.

Par ailleurs, un investissement de la MINUSMA d’un montant de plus de 818 millions de Francs CFA a permis de réhabiliter et d’équiper des bâtiments pour les FDSM, de réfectionner des digues et de construire des périmètres maraîchers. L’adduction à l’eau potable, l’électrification des artères de la ville d’Ansongo et des autres localités du cercle dans le but de réduire les conflits communautaires et améliorer le cadre de travail des FDSM pour mieux mener leur mission régalienne font également partie des efforts consentis par la Mission onusienne.

Ces efforts conjugués de la MINUSMA et des autorités maliennes ont considérablement réduit la présence des groupes armés terroristes, entraînant une baisse sensible des incidents contre les populations civiles et les FDSM.

Toutefois, malgré ces améliorations, la persistance de poches d’insécurité dans le cercle reste un défi, principalement en raison de la présence limitée des autorités nationales et des contraintes d'accès.

En remettant le camp au Préfet d’Ansongo, Mme Youssouf a remercié l’administration malienne et toutes les populations du cercle pour leur soutien et leur collaboration. Elle a aussi vivement remercié le Commandant du contingent du Niger et ses éléments pour avoir tenu avec honneur et professionnalisme le camp pendant dix ans. En effet, le contingent a rendu un camp non seulement propre mais fonctionnel. Elle s’est également félicitée de l’apport des différents détachements des unités de police constituées du Burkina Faso et du Sénégal qui se sont succédés à Ansongo.

« Cette cérémonie de remise du camp est l’occasion de remercier chaleureusement le contingent du Niger ainsi que toutes les unités de la Force de la MINUSMA qui, lors de leur déploiement à Ansongo, n’ont ménagé aucun effort pour la mise en œuvre de notre mandat », a indiqué le Général Pathak, Commandant régional de la Force de la MINUSMA à Gao.

Pour sa part, le Préfet Ahmed Ag Aklinine a vivement remerciéla MINUSMA et à son personnel pour l’accompagnement et le financement des projets en faveur des populations, au profit des services de l’État malien et des FDSM.

Le Général Mamadou Gaye, Commandant de la Force, depuis Bamako, s’est félicité « des efforts soutenus des Casques bleus qui ont tenu la base d’Ansongo, un verrou stratégique pour l’approvisionnement de la région de Gao, y compris le grand Nord. Maintenir les flux, la sécurité et la vitalité des axes logistiques vers le Nord du pays a été une véritable prouesse. Elle a aussi été cruciale pour la libre circulation des personnes et de leurs biens ».

Après la base d’Ansongo, la MINUSMA procédera à la fermeture définitive de sa base de Mopti dans les premières semaines de décembre avant d’entamer la phase de liquidation qui concernera les sites de Bamako, Gao et Tombouctou, à partir du 1er janvier 2024.

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Commentaires (1)

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

REMODELER L’ONU et la MINUSMA. Cher f.r.è.r.e Malien, Cheick Boukary Traoré, les forces vives Maliennes sous la supervision de la communauté internationale avaient utilisé il y a bientôt neuf ans, en 2014, le même processus que vous évoquez pour refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur comme vous dites. Bien sûr, la  nouveauté pour vous, sera le fait de se baser sur un processus inter-Maliens se déroulant comme certains (cas du mouvement TABALÉ, cas de l’opposition) l’avaient proposé au Mali. Mais  comment peut-on faire du neuf en faisant table rase de ce qui s’était passé, en particulier en mettant de côté des parties prenantes et des acteurs qui s’étaient mobilisés pour le même objectif et la même NATION Malienne ? C’est ce que sournoisement voulait faire le mouvement TABALÉ en voulant court-circuiter les parties prenantes en ne  tenant pas compte de l’article 65 de l’accord de paix dont nous disposons actuellement. C’est juste une question de méthodologie inclusive pour réaliser un processus inter-Maliens de conception d’un accord de paix adapté aux besoins des Maliens afin de refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur. Les pourparlers inter-Maliens avaient utilisé une méthodologie partant des niveaux gouvernance à la base ET d’autres acteurs (l’opposition, cas de Tiébilé Dramé) proposaient une méthodologie partant en sens inverse, de la base aux niveaux gouvernance. Dr Anasser Ag Rhissa avait proposé, pour la conférence d’entente nationale en 2017 au Mali et le dialogue national inclusif en 2019 au Mali,  une méthodologie inclusive combinant les deux approches. Que veut-on faire maintenant ? Si c’est juste éliminer la communauté  internationale, c’était le cas de la conférence d’entente nationale en 2017 et du dialogue national inclusif en 2019 qui s’étaient tous déroulés au Mali à travers un réel processus inter-Maliens. Même en éliminant la communauté  internationale, il nous faut un mécanisme de suivi-évaluation ET de garantie des engagements des acteurs. Pour notre accord de paix actuel, un tel processus basé  sur des sanctions avait été supprimé par l’ONU sous le veto de la Russie. Militons pour le maintien du pacte pour la paix pour la garantie des engagements des auteurs de l’accord de paix. Amendons notre accord de paix actuel à travers un tel processus inter-Maliens, se déroulant au Mali,  sans renier les efforts déjà consentis et les acteurs qui étaient impliqués. Impliquons tous les Maliens et tous les acteurs. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792