samedi 18 avril 2026
Contact
Malijet

Ampleur de l’enrichissement illicite: la région de Kayes en tête suivie de Bamako

Par Info Matin 5,376 vues
Ampleur de l’enrichissement illicite: la région de Kayes en tête suivie de Bamako
Moumouni GUINDO, Président de l’OCLEI

L’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI) a fait une étude sur les techniques d’enrichissement illicite dans l’administration publique au Mali. Il s’agit des pratiques corruptives et d’autres procédés au sein de l’administration publique qui se caractérisent par les pots de vin, la rétrocession illicite, les commissions illicites, le trafic d’influence, le favoritisme, etc.

Les fonds issus de ces pratiques sont dissimulés le plus souvent dans l’investissement immobilier, mobilier, le bien-être et les métaux précieux. Selon l’étude de l’OCLEI, la valeur totale des biens (maisons d’habitation, parcelles, entrées sur les comptes bancaires, etc.) s’élève à 6 775 762 641 FCFA.

L’étude a découvert que l’ampleur du fléau est plus prononcée à Kayes avec 50,70%, suivi de Bamako et de Ségou et moins élevée à Sikasso avec 17%. Le rapport précise toutefois que 65,30% des personnes interrogées à Sikasso n’ont pas exprimé d’opinion.

Par secteur, l’étude fait ressortir que les agents publics les plus fortement exposés au fléau de l’enrichissement illicite sont respectivement les services des Douanes avec un taux de 76% selon les avis des personnes interrogées ; suivis de la Justice 74% ; les Impôts et la Police avec chacun 72%. Le service des Eaux et Forêt vient au dernier rang avec 39%.

S’agissant de l’analyse de la cartographie sectorielle des techniques d’enrichissement illicite, pour ne citer que deux secteurs, elle fait ressortir un taux de 80% de distorsion dans l’attribution et l’exécution des marchés publics dans le secteur de la Consolidation de la démocratie et de l’Amélioration de la gouvernance. Dans le secteur de la Restauration de la paix, de la sécurité et du renforcement du vivre ensemble, le taux de l’enrichissement illicite au moyen du trafic d’influence se chiffre à 82,50% contre 76,80% dans la fraude.

Les mêmes techniques d’enrichissement illicite se pratiquent presque dans toutes les régions, cibles de l’étude avec un plus à Bamako et à Koulikoro : 76,60% d’atteinte aux biens publics, tandis que le favoritisme arrive en tête des techniques d’enrichissement illicite à Kayes avec 88,50% suivi de Sikasso avec 85,10%.

De ce qui précède, l’OCLEI estime que l’ampleur du phénomène nécessite une volonté politique plus accrue pour la combattre. L’Office estime que cela nécessite, entre autres, d’autoriser ses services à prendre des mesures conservatoires sur les biens identifiés lors de ses enquêtes, de mettre en place une agence de gestion et de recouvrement des avoirs gelés ou confisqués.

Il ressort des réponses aux questionnaires de l’enquête réalisée que les principaux moyens utilisés par les agents publics pour dissimuler les fonds illicites sont entre autres l’acquisition de biens immobiliers (maisons, vergers et terrains nus, etc.) ; l’acquisition de biens mobiliers (meubles, équipements, etc.) ; les métaux précieux (or, diamant, etc.) ; les titres financiers au porteur ou au nom de tiers ; les produits d’assurance au nom de tiers ; les dépôts bancaires et comptes DAT au nom de tiers ou anonyme.

L’étude a aussi relevé que les fonds issus de l’enrichissement illicite sont investis dans les domaines ci-après : les activités commerciales et lucratives (transport, commerce, prise d’action dans le capital des sociétés ou entreprises, écoles privées, cliniques, laboratoires d’analyses, etc.) ; le mécénat ; le financement de partis politiques et ONG.

Selon l’analyse croisée des réponses issues des enquêtes menées auprès des agents publics et des usagers, les zones de préférence pour l’acquisition de biens immobiliers avec les fonds illicites sont : Mali, France, Sénégal, Côte d’Ivoire, Canada et Etats Unis d’Amérique.

Il ressort de l’étude que 51% des personnes interrogées pensent que les tiers (famille, parents, amis, etc.) sont utilisés pour dissimuler les fonds illicites. Les tiers interviennent en général comme prête-noms pour l’acquisition de biens, les transactions financières, etc. L’utilisation des enfants est notamment courante.

Toujours selon les résultats des questionnaires administrés auprès des cibles enquêtées, les agents des services publics sont perçus comme étant tous exposés au fléau de l’enrichissement illicite.

Ainsi, sont largement perçus comme étant les plus fortement exposés au fléau de l’enrichissement illicite : les agents des services des Douanes (76%), de la Justice (74%), des Impôts (72%), de la Police (72%), des Directions des Finances et du Matériel (68%), de passation des Marchés publics (68%), des Domaines (67%), du Trésor public (62%), du Contrôle financier (60%), des Collectivités territoriales (60%), du Commerce et de la Concurrence (58%), de la Santé (56%), de l’Inspection des Finances (56%) et de la Gendarmerie (56%). Ensuite viennent dans l’ordre de perception, les agents des services de l’Education (44%), de l’Armée (42%) et des Eaux et Forêts (39%).

PAR MODIBO KONE

 
Partager:

Commentaires (14)

Laisser un commentaire

A
Anonyme il y a 2 ans

Faire un répertoire de la corruption par région,est une démarche dangereuse et explosive. Il faut plutôt classer par fonction administrative. Le douanier qui exerce à Kayes,et qui serait originaire d'un autre coin du pays,ne sera pas comptabilisé comme de Kayes,mais de son administration sise dans la région. A force de titiller les personnes à bout de souffle,on appelle à la révolte !

A
Anonyme il y a 2 ans

C'est sans doute à cause des magouilles au sein des mines d'or. Dans ces mines,les gens de Kayes n'ont que des postes de subalternes. Ceux qui tirent les ficelles,sont à Bamako. Arrêtez de charger les kayesiens,pour ce qu'ils ne sont en rien responsables !

A
Anonyme il y a 2 ans

Citez moi ,un seul kayesien,qui ait fui son pays,pour accusations de fraude. Il n'y en a aucun . A Bamako,il y en a une pléthore .

A
Anonyme il y a 2 ans

Moi j'avais prévu,que l'aide pour nous, à propos du COVID sera l'objet de magouilles. Cela n'a pas raté. Où cela se passe t-il ? à Bamako !

A
Anonyme il y a 2 ans

Choguel lui même,s'est fait attraper par la patrouille,quand il a favorisé l'attribution d'un logement social à sa fille. Son argument était que sa fille rentrait dans les clous du logement social. Si des fils et filles des ministres rentrent dans les clous du logement social,cela veut dire qu'il n'y aura jamais de place pour les vrais destinataires méritants du logement social. En plus ils se gaussent de ne pas payer de loyer .

A
Anonyme il y a 2 ans

Choguel lui même,s'est fait attraper par la patrouille,quand il a favorisé l'attribution d'un logement social à sa fille. Son argument était que sa fille rentrait dans les clous du logement social. Si des fils et filles des ministres rentrent dans les clous du logement social,cela veut dire qu'il n'y aura jamais de place pour les vrais destinataires méritants du logement social. En plus ils se gaussent de ne pas payer de loyer .

A
Anonyme il y a 2 ans

Eh oui, à Kayes quand on est à la peine,on attends rien de l'État,on s'expatrie pour nourrir nos familles. Les Touaregs eux attendent qu'on les nourrisse ! Que ces fainéants,nous lâchent les basques. Le chantage ne fonctionne plus il faut couper les sous à tous ces fainéants ,présents dans toutes les instances du pays.

A
Anonyme il y a 2 ans

Pardon il faut comprendre,falot comme choguel .

A
Anonyme il y a 2 ans

Pardon il faut comprendre,falot comme choguel .

A
Anonyme il y a 2 ans

Nous savons que choguel n'a qu'ignorance et mépris pour Kayes,qu'il se rassure, nous en avons autant pour son personnage fallot.Il a parlé d'université à Tombouctou,avant Kayes,le pays où l'école est rentrée au Mali. Amadou Hampaté Ba,le prouve,lui qui a fait son école à Kayes.

A
Anonyme il y a 2 ans

Pourquoi malijet,ne dit pas qu'il y a trois commentaires à ce sujet ?Bande de cachottiers .

A
Anonyme il y a 2 ans

Votre organisme marche clopin-clopant .Il vous manque sans doute de bons auditeurs internes,de bons enquêteurs avisés ! La vérité ne peut provenir de l'illogique. Revoyez vos tablettes car il y a comme une couille dans le potage !!!

A
Anonyme il y a 2 ans

Eh oui, à Bamako ils ont la propension à ne rien reconnaître. Les contrats d'armement,c'est Bamako,l'avion présidentiel,c'est Bamako!!!Arrêtez de nous prendre que pour des cons

A
Anonyme il y a 2 ans

J'ai du mal à concevoir que Kayes soit la première de l'enrichissement illicite ! C'est à Bamako que résident les ministères,les directions administratives,le plus gros paquet des marchés publics,donc les plus grosses opportunités de frauder ! La preuve réside dans l'escouade d'une armada de gredins milliardaires ! Fichez la paix à Kayes, où il n'y a que misère et abandon de l'Etat .Le dur du mou de la corruption est bien à Bamako,qu'on se le dise !!!