vendredi 17 avril 2026
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Recommandations phares du dialogue inter-maliens

Par Le Républicain 1,923 vues
Recommandations phares du dialogue inter-maliens

Le dialogue inter-Maliens s’est achevé avec plusieurs recommandations ce vendredi 10 mai 2024, à Bamako. Parmi celles-ci, on peut citer entre autres : Proroger la transition de 2 à 5 ans, susciter la candidature de Assimi Goïta à la prochaine présidentielle, élever au grade de général les six colonels au pouvoir, ouvrir le dialogue avec les groupes armés dit « djihadistes », réviser la charte de la transition…

Du 6 au 10 mai 2024, le Centre International de Conférences de Bamako( CICB) a abrité les travaux de la phase nationale du dialogue inter-maliens pour la paix et la réconciliation nationale. La cérémonie de clôture s’est déroulée sous la présidence du président de la transition, Col. Assimi Goïta, en présence du président du comité de pilotage dudit dialogue, Ousmane Issoufi Maïga et des membres du gouvernement. Dans son adresse, le président de la transition a  relevé que « le peuple dans toute sa diversité ethnique, religieuse et socio-professionnelle qui s’est exprimé aucun sujet n’a été considéré comme tabou et aucun participant n’a été empêché de s’exprimer. »

Il convient de signaler que la phase nationale a enregistré la totalité des délégués prévus dont 160 délégués des régions et du district de Bamako 26 délégués des maliens établit à l’extérieur, 3 représentants de réfugiés, 8 délégués des universités, les délégués 4 centrales, 3 représentants du patronat, les représentants des 8 Institutions de la Républiques.

Cinq jours durant, les participants se sont penchés sur les différentes recommandations formulées lors des rencontres préliminaires. Selon le président de la transition, Col. Assimi Goïta, le dialogue inter maliens vient d’achever sa phase ultime. Cette audience, dira-t-il, justifiait à bien des égards l’initiation du dialogue direct entre les maliens et les maliennes. Pour lui, l’objectif assigné à ce dialogue était de diagnostiquer les causes des conflits intracommunautaires et intercommunautaires afin de tracer une architecture de paix durable pour renforcer le vivre ensemble. A en croire, l’enjeu du dialogue inter maliens était la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité du territoire. « J’en suis heureux de constater que les maliens et maliennes l’ont bien compris et se sont appropriés le processus. La validation des termes de références des rencontres dans les communes et au niveau du district de Bamako, les ambassades et les consulats ainsi qu’au niveau national cette semaine l’ont prouvé à suffisance. C’est donc le peuple dans toute sa diversité ethnique, religieuse et socio-professionnelle qui s’est exprimé, aucun sujet n’a été considéré comme tabou et aucun participant n’a été empêché de s’exprimer» , a-t-il dit. A l’issue des travaux, plusieurs résolutions et recommandations ont été formulées et adoptées par les participants.

Au titre de la paix, la réconciliation nationale et la cohésion sociale, le dialogue recommande notamment, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retour des réfugiés et les déplacées dans leurs localités respectives et leur apporter tout le soutien nécessaire pour leur réinsertion socio-économique ; instaurer un cadre de dialogue permanant intercommunautaire et intracommunautaire ; apporter une assistance humanitaire aux populations affectées par la crise ; dissoudre les milices et les groupes d’autodéfenses pour assurer la réinsertion socio-professionnelle de leurs combattants ; privilégier le recours à nos us et coutumes comme moyens de prévention des conflits ; respecter la réglementation en vigueur en matière d’utilisation des réseaux sociaux ; renforcer l’éducation civique et morale à l’école et développer l’esprit patriotique ; rendre obligatoire l’enseignement de l’histoire et de la géographie de notre pays ; engager le dialogue avec tous les mouvements armés ; instaurer une journée nationale de pardon ; intensifier la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ; mettre en place des structures de déradicalisation ; mettre en place des mécanismes de justice transitionnelle ; promouvoir un financement adéquat et conséquent de la réparation en faveur des victimes des crises du Mali ; ouvrir le dialogue doctrinal avec les groupes armés dit « djihadistes » et mettre à contribution les érudits maliens pour définir le code piste doctrinal des débats à mener avec ces groupes ; mettre en place une structure de suivi et d’évaluation des résultats dialogue inter maliens pour la paix et la réconciliation nationale.

 

Révision de la charte de la transition…

Au titre des questions politiques et institutionnelles,  le dialogue inter maliens recommande entre autres : de prendre des mesures appropriées pour consolider les acquis démocratiques et faire respecter les principes et les règles du jeu démocratique ; introduire les programmes éducatifs l’enseignement de nos valeurs sociétales ; relire la loi 05- 047 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques durcir les conditions de création leur fonctionnement, réduire leur nombre et la suppression du financement public des partis politiques ; former les citoyens maliens u respect des symboles de l’Etat et des biens publics, réviser la charte de la transition ; prolonger la durée de la transition de 2 à 5 ans ; susciter la candidature du Col. Assimi Goïta à la prochaine élection présidentielle ; élever au grade de général le Col. Assimi Goïta, Col. Malick Diaw, Col. Sadio Camara, Col. Modibo Koné, Col. Ismaël Wagué et Col. Abdoulaye Maïga ; créer un cadre de concertation entre les pouvoirs publics, les partis politiques, la société civile, les légitimités traditionnelles en vue d’un consensus autour de la transition. Au titre de l’Economie et du développement durable, le dialogue demande notamment, de renforcer la gouvernance et la planification économique ; promouvoir un développement économique durable ; créer des activités génératrices de revenue au profit de femmes et des jeunes ; réduire le train de vue de l’Etat. Au titre des aspects sécuritaire et de défense du territoire : le dialogue inter maliens recommande de faire comprendre à l’opinion nationale que la seule option militaire n’est pas suffisante pour le retour à la paix ; moraliser le processus de recrutement dans les forces de défense et  de sécurité ; disposer d’une armée professionnelle et bien équipée ; restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire ; élever au grade de général de division au moins les six colonels ; accorder le temps nécessaire aux autorités actuelles de ramener la paix dans notre pays.  

Moussa Dagnoko

 

 

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