vendredi 17 avril 2026
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CEDEAO Versus AES : Le Tort de l’une donne-t-il raison à l’autre ?

Par L'Alternance 1,612 vues
CEDEAO Versus AES : Le Tort de l’une donne-t-il raison à l’autre ?

Le thé du Sahel est tiré, la CEDEAO n’aura d’autre choix que de le boire. Toutes les tentatives pour faire fléchir le Général Abdouramane Tiani, le Colonel Assimi Goita et le Capitaine Ibrahim Traoré ont été infructueuses, même celles du nouveau Président fraichement et brillamment élu du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye.

Ils sont même passés à la vitesse supérieure en fondant leur Confédération, non seulement au nez et à la barbe de leurs pairs de la sous-région, mais aussi et surtout à la veille du sommet ordinaire de la CEDEAO qui devrait inscrire à son ordre du jour la crise au sein de trois Etats membres de l’organisation qui sont en rupture de ban avec elle, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Les Chefs d’Etats de la CEDEAO ne peuvent que prendre acte de cette décision cruciale prise par trois Etats membres qui ont décidé de la quitter pour mettre une Confédération dénommée Confédération AES. Le tort de la CEDEAO doit-il être un prétexte pour ces trois Etats de créer la confédération AES ? Que se cache réellement derrière cette décision des trois Présidents de transition ? Quelles pourraient être les conséquences de la décision de retrait de la CEDEAO ?

Sans savoir la teneur du communiqué final issu du sommet ordinaire de la CEDEAO tenu le dimanche 7 juin 2024 à Abuja au Nigéria, nous sommes fondés à croire que la CEDEAO prendra seulement acte de la décision de trois chefs d’Etats de tourner définitivement la page de la CEDEAO pour créer la Confédération AES.

Le tort de la CEDEAO doit-il être un prétexte pour ces trois Etats de créer la confédération AES ?

Cette décision de mettre sur les fonts baptismaux une confédération, pour la plus controversée qu’elle soit, prouve à suffisance que l’organisation sous régionale après près de cinquante ans d’existence, n’a pas été à la hauteur de l’espérance que les peuples avaient placé en elle. Retard dans la mise en place de certains organes comme la force conjointe censée lutter contre le terrorisme et être un rempart contre les coups d’Etat, manque de leadership des présidents qui se laissent manipuler par d’autres qui ne sont pas de la zone,  la création de la monnaie unique Eco afin de résoudre l’épineuse question de souveraineté monétaire tarde à se concrétiser, le non soutien aux pays en détresse comme ceux du sahel qui font face au péril terroriste. La liste est loin d’être exhaustive. Nonobstant toutes ces failles la CEDEAO apparait comme étant la meilleure organisation en Afrique, car elle est parvenue à réaliser certaines prouesses qui n’ont d’égal dans aucune zone sous régionale en Afrique, notamment la libre circulation des personnes et de leurs biens, les tarifs douaniers communs pour ne citer que ces deux grandes prouesses. Les chefs d’Etats de l’AES ne pouvaient-ils pas rester au sein de la CEDEAO et se battre  pour la réformer, comme l’avait d’ailleurs  proposé le Président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye ? Le tort de la CEDEAO ne saurait nullement être un prétexte pour les trois chefs d’Etat de l’AES de créer la Confédération AES, à moins qu’un autre agenda ne se cache derrière cette décision.

Que se cache réellement derrière cette décision des trois Présidents de transition ?

C’est la lancinante question que beaucoup d’observateurs se posent. Rien qu’en essayant de faire un parallèle entre la CEDEAO et les autres organisations sous régionales africaines et en analysant les différents résultats auxquels elle est parvenue, les trois chefs d’Etats de l’AES auraient dû rester au sein de cette organisation, quitte à avoir l’AES à côté pour des questions spécifiques liées à la sécurité et même au développement. Pour rappel  il y avait le Liptako Gourma ou tout récemment le G5 Sahel, Ces structures n’ont jamais été des obstacles à la bonne marche de la CEDEAO. Plus grave encore, la décision du retrait de la CEDEAO a été prise sans le consentement des peuples au nom desquels elle l’a été. Un referendum aurait été mieux pour savoir si les peuples adhèrent ou pas à cette initiative. Les langues commencent à se délier même au sein de l’AES pour dénoncer le retrait de la CEDEAO qui n’aurait d’autres motivations que celle de se maintenir au pouvoir en échappant aux principes de la CEDEAO. Nombreux sont les observateurs qui approuvent la création de l’AES pour faire face à l’insécurité, mais qui sont contre le retrait de la CEDEAO, cette organisation intégratrice.

Quelles pourraient être les conséquences de la décision de retrait de la CEDEAO ?

La toute première conséquence du retrait de trois Etats de l’AES de la CEDEAO serait la caducité de tous les principes et accords qui lient les autres Etats de la CEDEAO aux trois pays. Donc l’AES serait obligé d’entamer des nouvelles négociations avec les 12 Etats out tout au moins avec les Etats frontaliers de ceux de l’AES pour parvenir à des nouveaux accords. Autres conséquences seraient le renoncement à tous les produits portant la marque de la CEDEAO comme le passeport, la carte biométrique et d’autres documents administratifs communs, ce qui entrainerait forcement une entrave à la libre circulation des personnes et de leurs biens. Que dire de la monnaie commune en gestation qui est l’ECO ? Un rêve qui est en passe de devenir une réalité et qui permettrait aux Etats de la CEDEAO d’avoir un seul marché commun de plus 300 millions d’habitants avec une monnaie unique qui circulerait  entre les Etats, facilitant les transactions financières et permettant de faire face aux autres ensembles. L’effritement aura pour conséquence l’affaiblissement de l’organisation face aux autres sous-ensembles. Bref tout porte à croire que la décision du retrait de la CEDEAO a été prise sous le coup de l’émotion et que la ferveur voire l’euphorie qui accompagne la création de la Confédération  AES s’estompera bientôt pour laisser place à la réalité. D’ailleurs comme dirait l’autre, seul le terrain commande.

En définitive, toutes les deux parties doivent faire preuve de maturité et surtout être mues par les seuls intérêts des peuples au nom desquels toutes ces actions sont posées. Pour éviter que les deux organisations ne soient rivales voire antagoniques il y a lieu de maintenir un dialogue permanant, en laissant une fenêtre ouverte pour un éventuel retour des Etats de l’AES au sein de la grande famille de la CEDEAO.

Youssouf Sissoko

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Commentaires (1)

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D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 1 an

GUERRE D’INFORMATION ET RESPECT DE LA SOUVERAINETÉ DES CLIENTS ET PARTENAIRES 1. QUESTIONS DE FACOLY, membre du réseau de trolls, Dogon64, supporté par la France.  Vous semblez poser des questions suite : à mon bilan et analyse du premier sommet des chefs d’états de l’Alliance des États du sahel qui s’est tenu à Niamey le 06 juillet 2024 ET  à ma proposition intitulée : PROPOSITION : De l’AES à la confédération AES et à la Fédération entre les états de la zone Sahel et ceux autour de la zone sahel, PASSERELLE ENTRE l’AES et la CÉDÉAO si les visas en provenance des pays de la  CÉDÉAO et à destination des pays de la confédération  AES et ceux à destination de la Fédération sont ou seront  supprimés. Vous semblez avoir juste parcouru cette proposition sans la comprendre entièrement. Cette proposition détaille en fait quelques étapes de progression (ce qui ne peut être considéré  comme un catalogue de voeux) pour la création d’une fédération entre les pays du sahel et autour du sahel en partant de l’AES et de la confédération AES. Déjà en moins d’un an (huit mois ) ont été institutionnalisées l’AES et la confédération  AES. Je propose la création  de la fédération, entre les pays de la zone sahel et ceux autour de cette zone, entre 2025 et 2030. À travers des consultations incluant des citoyens AES, des experts affineront, modifieront éventuellement, et valideront cette proposition avant la validation des ministres et celle du prochain collège (qui se tiendra dans un an) des chefs d’états de l’AES et de la confédération AES. Cette proposition nécessite le consensus et l’entente entre les partenaires, les acteurs et le peuple à  travers ses représentants.  Vous voyez que la démocratie est utilisée pour établir des choix judicieux consensuels et adaptés  à la majorité. Certaines concertations, consultations et consensus exigent des votes. Le dialogue national inclusif est souvent utilisé  pour établir de tels consensus et choix. Au Mali, j’étais l’Expert de la méthodologie inclusive qui avait été utilisée pour valider en 2017, 2019 et 2021 le dialogue national inclusif au Mali.  Ce n’est pas la dictature qui guide les experts dans leurs choix techniques et qui déterminent les choix des citoyens et des communautés. En plus de tout cela, nous avons nos mécanismes endogènes de validation de nos choix et de nos décisions. Les référendums viennent en plus pour impliquer tout le peuple. Par exemple, après des consultations régionales et nationale, un référendum a été utilisé pour valider la constitution du Mali en 2023. C’est ainsi qu’au sein des pays AES fédérés et des pays du sahel et autour du sahel fédérés sera validée plus tard la constitution fédérale de la fédération entre pays du sahel et autour du sahel. Respectons les souverainetés des autres, leurs choix et leurs besoins. C’est ce type de respect, ce type de consensus et ce type d’entente qui font défaut dans les partenariats qu’établit la France avec ses partenaires et ses clients.  Après son auto-critique, dans la nouvelle politique africaine de la France, elle tient à changer, à respecter les souverainetés de ses clients, à s'adapter aux besoins de ses clients, de ses partenaires et à les mettre en avant. À travers vos questions, tout en essayant de comprendre, vous vous mettez à nu  et transparait, malgré  vous, la voie tracée par votre  maître Macron. Alors que je fais une proposition pouvant rapprocher et éviter les tensions entre l’AES et la CÉDÉAO, mais éventuellement aussi entre leurs partenaires, à travers la création d’une fédération des états du sahel et autour du sahel qui permettra une construction sereine d’une intégration sous-régionale mais aussi régionale connectées à l’international, vous trouvez un moyen de créer des hostilités entre elles et entre puissances partenaires, naturellement en voulant mettre en exergue la divergence entre la France (supportant la CÉDÉAO) et la fédération de Russie (supportant l’AES). Vous dites même qu'à travers ces partenariats, on se livre aux puissances mondiales, ce qui fait de notre sous-région un terrain de batailles. je vous rappelle que les partenariats de l’AES obéissent aux principes rappelés ci-dessous. Ce qui fait que les hostilités  que vous sous-entendez n’existeront pas ou seront aménuisés. Sur le terrain de bataille, il n’y a pas photo. La France est honnie par les pays de l’AES et plusieurs autres pays Africains tandis que la fédération de Russie attire de plus en plus de pays Africains dont les pays de l’AES avec lesquels elle collabore en acceptant les principes (respect de leurs souverainetés, de leurs choix de partenaires stratégiques et des besoins de leurs peuples) mis en avant par ces derniers. La France ayant torpillé ces principes et ayant imposé à ses partenaires son influence et son diktat par la force à travers souvent son hard power et sa stratégie de partenariat contraignante (elle se met tout le temps en avant en faisant assumer à ses partenaires les déboires en cas d’éventuels problèmes et/ou incompréhensions) contrairement à la Russie qui respecte ses partenaires et agit intelligemment et en douce via son soft power (négociation, compromis et entente). 2. TROLLS Français Encore de retour ces trolls français du réseau Dogon64 qui errent désespérément  d'un réseau à un autre en tentant de perturber la quiétude des internautes à travers des discréditations et des diffamations, voire des tentatives de déstabilisations des pays de l'AES.  Malgré qu'ils aient été battus lors des différentes confrontations entre la France et les pays de l'AES, les membres du réseau Dogon64, en tant que trolls français, tiennent désespérément des rampes sur les réseaux sociaux en passant d'un réseau à un autre pour faire croire que la France continue de peser dans ces pays de l'AES, peine perdue.  Comme l'avait reconnu le Président Français, SE Macron, la France a perdu aussi la guerre d'information et de communication devant la fédération de Russie.  La tentative désespérée de prendre des trolls français, après avoir essayé les ambassadeurs, qui l'avaient rejeté, était aussi vouée à l'échec car ils (les trolls français)  amplifient le sentiment anti-France de par leurs métiers de propagandistes, de manipulateurs, de diffamateurs, de discréditeurs, d'escrocs et de déstabilisateurs. Respectez-vous. Respectez la France que vos actions discréditent. 3. CONCLUSION Je vous remercie Facoly pour votre quête pour la compréhension de ce que veulent faire vos anciens partenaires et clients. La meilleure critique se base sur la vérité et découle d’une meilleure compréhension du contexte géopolitique et géostratégique. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Président de l’ONG Tilwat International  Expert , Gouvernance et  Sécurité  Email : [email protected]  TEL : 00336 76665673