Assimi Goïta lors du 1er sommet de l’AES au Niger : « La peur a changé de camp, nous assistons régulièrement à des actes de reddition d’éléments terroristes… »
Le 1er sommet des Chefs d’Etat de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est tenu, le samedi 06 juillet 2024, à Niamey au Niger. C’était en présence des présidents de Transition des pays membres de l’AES, le Colonel Assimi GOITA du Mali, le Capitaine Ibrahim TRAORE du Burkina Faso et le Général de brigade Abdourahamane TIANI du Niger. Au cours de la cérémonie d’ouverture de ce sommet, le Président malien, Assimi GOITA a prononcé un discours de plus de 10 minutes dans lequel, il a met l’accent sur la situation sécuritaire, l’intégration, le développement au sein de l’espace AES. « Nos forces se projettent désormais en posture offensive pour neutraliser ces groupes sans foi ni loi. Aujourd’hui, il est évident que la peur a changé de camp. Pour preuve, nous assistons régulièrement à des actes de reddition d’éléments terroristes qui déposent les armes devant nos armées nationales », a déclaré le colonel Assmi GOITA.
Dans son discours, le Président de la transition du Mali, le colonel Assimi GOITA a remercié le général de brigade Abdourahamane TIANI et les Nigériens pour leur hospitalité. Avant de rappeler l’un des motifs de création d’une alliance de défense collective pour lutter efficacement contre le terrorisme et la criminalité en bande organisée dans le Sahel. « Nos forces se projettent désormais en posture offensive pour neutraliser ces groupes sans foi ni loi », a-t-il dit. Avant d’ajouter qu’il y a un recul de l’insécurité dans l’espace AES. « Aujourd’hui, il est évident que la peur a changé de camp. Pour preuve, nous assistons régulièrement à des actes de reddition d’éléments terroristes qui déposent les armes devant nos armées nationales…La mise en place de la force conjointe des Etats du Sahel en mars 2024 est le symbole de notre unité d’action et de notre détermination à protéger nos populations et à préserver notre souveraineté », a souligné GOITA. Il a souhaité un développement harmonieux dans l’espace AES. Il a mis l’accent sur la confédération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Le colonel Assimi GOÏTA a également souligné d’autres aspects essentiels comme le principe de libre circulation des personnes et de leurs biens, les domaines du transport et de l’énergie renouvelable. « L’AES que nous sommes en train de mettre en place est d’abord et avant tout l’AES des peuples », a-t-il déclaré. En outre, le président de la Transition a rappelé et salué le travail remarquable effectué à un premier temps par les experts, puis les ministres de l’Économie et des Finances. Des efforts louables ont couronné le travail des ministres des Affaires étrangères des trois pays qui ont mis à la disposition des chefs d’État, des documents à hauteur de souhait qui faciliteront les travaux de ce sommet historique. Le colonel Assimi GOÏTA a réitéré ses remerciements au président du Niger pour une session à prix préférentiels d’une importante quantité d’hydrocarbures au Mali, en cette période de crise énergétique mondiale. « Ce 1er sommet de l’AES est l’occasion de réaffirmer notre solidarité et notre soutien mutuel. Il nous appartient désormais de renforcer ces liens stratégiques entre nos trois Etats pour surmonter ensemble les défis auxquels nous faisons face. Pour terminer, je voudrais réitérer notre ferme détermination à faire de l’AES, un modèle de coopération régionale, de solidarité, de développement, un modèle d’intégration sous régionale conformément aux principes de la charte du Liptako Gourma », a conclu Assimi GOITA.
Auparavant, le capitaine Ibrahim TRAORE du Burkina Faso a longuement fustigé les sanctions infligées par la CEDEAO aux peuples des trois pays de l’AES (Burkina Faso, Mali et le Niger). « Quiconque oserait toucher à un pays de l’AES trouvera une réponse collective des forces armées des trois États sur son chemin. Cette déclaration d’hier est d’actualité aujourd’hui et le sera pour toujours», a prévenu le président du Faso.
Pour sa part, le président du Niger a rappelé le contexte et les circonstances de la création de l’AES, dont l’étape de la concrétisation de la Confédération justifie la tenue de ce 1er sommet du collège des chefs d’État sur les rives du fleuve Niger. Selon le général TIANI, dans le contexte géopolitique actuel, la Confédération de l’AES demeure la seule alternative efficace dans la lutte contre les menaces sécuritaires notamment les défis du terrorisme, face à l’inefficacité de la CEDEAO et de ses partenaires étrangers. « Il nous appartient aujourd’hui de faire de la confédération de l’Alliance des États du Sahel une alternative à tout regroupement régional factice en construisant une communauté souveraine des peuples, une communauté de solidarité, de prospérité basée sur nos valeurs africaines », a déclaré le Général TIANI.
Aguibou Sogodogo