vendredi 17 avril 2026
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Journée de réflexion sur l'état de la presse malienne : Un tableau sombre dressé sur la situation des journalistes 

Par Malijet 1,904 vues
Journée de réflexion sur l'état de la presse malienne : Un tableau sombre dressé sur la situation des journalistes 

L'union des Journalistes Reporters du Mali (UJRM) a organisé une journée de réflexion sur l'état de la presse malienne en prélude de la 3ᵉ édition de la "Nuit de l'UJRM", le vendredi 26 Juillet 2024 au Centre International de Conférence de Bamako (CICB). Cet atelier de réflexion a été animé par des éminents journalistes et grandes figures de la presse à savoir le président de la Maison de la Presse M. Bandiougou DANTÉ, M.Aboubacar  MAÏGA, Directeur Général de l'École Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication du Mali ( ESJSC), M.Salif SANOGO, Ancien Directeur Général de l'ORTM et le doyen M. Diomansi BOMBOTÉ. 

Financée par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES), cette journée de réflexion a été présidée par la Représentante du Ministre de la communication, de l’économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, avec à ses côtés, la Représentante pays de FES et le Président de l'UJRM, M. Boubacar KANOUTÉ. 
Cette initiative de l'UJRM, pilotée par M.Salif SANOGO, Journaliste, expert en communication, avait pour objectif de faire l'autopsie de la presse malienne à travers une analyse "sans complaisance" de l’état de la presse au Mali en passant par les conditions de travail et de vie des journalistes. 
Dans son discours, le Président de l'UJRM, M. Boubacar Kanouté a estimé qu'avec le numérique la concurrence est rude et que les anciens médias n’ont pas le droit à l’erreur. Leur existence dépend de leur adaptation. "Les patrons de presse sont avertis, ils doivent suivre cette évolution au risque de voir leur outil de travail progressivement perdre du terrain, donc des journalistes davantage précarisés avec un pouvoir d’achat quasi-inexistant" dixit-il.
Ces points ont été repris en d’autres termes par les panelistes notamment par M.Salif SANOGO qui a fait une conférence inaugurale sur l’état global de la presse dans le monde et en Afrique à l’heure du numérique avec les bouleversements engendrés. On note de son intervention, un désintéressement du public de la Presse écrite au détriment du numérique et une augmentation des médias (760 médias recensés au Mali) alors qu'au même moment moins de 3 % des journalistes maliens bénéficient d'une couverture sociale (INPS). 
Quant à l’éminent journaliste M.BOMBOTÉ, il avait en charge de développer la thématique sur " Presse écrite et révolution numérique, menaces ou opportunités ?" Ainsi, il a souligné l'importante adaptation de la presse écrite aux changements du moment en se spécialisant dans des domaines bien spécifiques et en proposant des contenus pouvant intéresser les lecteurs.  
Par ailleurs, lors de sa communication sur "Les difficultés des médias audiovisuels au Mali et leur nécessaire adaptation pour faire face aux bouleversements du numérique", M. Bandiogou DANTE a soulevé la problématique d'accréditation de certains médias, le faible contenu proposé, la mauvaise condition de travail des médias. Il a plaidé pour une fiscalité adaptée pour les médias et la nécessité d'accélérer le processus d'adoption des nouveaux textes régissant la presse malienne.  

Toutefois, le Directeur Général de l'ESJSC a suscité l'espoir lors de son intervention sur "la nécessaire adaptation de la formation pour permettre aux futurs journalistes de tirer un meilleur profit des TIC". Il a démontré que des futurs journalistes sont formés aux métiers du numérique. Selon lui, il s'agit d'une formation assez complète qui permet aux futurs journalistes de mieux cerner les enjeux et de répondre efficacement aux attentes d'informations des populations. 

La question reste posée quant au type d'entreprises dans lesquelles ils vont exercer et quel sort leur sera réservé si rien n'est fait. Une chose est d'avoir des journalistes qualifiés, une autre est d'avoir des entreprises de presse qui les mettent dans les conditions de travail adéquat. 

AFANOU KADIA DOUMBIA/Malijet.com

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Commentaires (1)

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A
Anonyme il y a 1 an

La presse mondiale a les mêmes interrogations. Il faut s'adapter car,nul ne saurait arrêter l'évolution,et pourquoi pas le progrès. Faites du benchmark à travers le monde, et inspirez vous de tout ce que ,vous aurez vu,et décortiqué !!!