Le PM Dr Choguel K. MAIGA lors de la séance de travail avec son homologue sénégalais Ousmane SONKO : «Nous avons engagé la seconde bataille pour l’indépendance, pour la souveraineté»
En visite au Mali le lundi, 12 août 2024, le Premier ministre sénégalais Ousmane SONKO a eu une séance de travail élargie avec son homologue malien, Dr Choguel Kokalla MAIGA. Évoquant la guerre épique que le Mali livre actuellement au terrorisme, Dr Choguel Kokalla Maïga est sans ambages, «Aujourd’hui, à travers l’Afrique occidentale francophone, nousavons engagé la seconde bataille pour l’indépendance, pour lasouveraineté. Nous nous sommes fixé deux objectifs : affranchirnos peuples du joug du néocolonialisme d’une part, créer entrenous de solides liens pour une intégration réelle, d’autre part». Pour lui, la CEDEAOest une menace pour nos troisÉtats, regroupés en Confédération dans le cadre de l’Alliance desÉtats du Sahel (AES). Il a soutenu que l’AES n’estpas mis en place contre la CEDEAO. Elle est une alternativecrédible pour l’intégration sous-régionale. L’AES n’est pas lebourreau, elle est la victime. Elle est engagée dans un combatde survie de ses États membres et de ses Nations, pas desrégimes politiques comme certains tentent de le faire croire avecmalice.
Dr Choguel Kokalla MAIGA a tenu à féliciter, de vive voix, le Premier ministre sénégalais Ousmane SONKO, après son télégramme officiel de félicitations du 29 mai 2024, pour «le choix porté sur sa personne à la suite de la brillante victoire du candidat de votre parti, le PASTEF (Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité, créé en 2014), à l’élection présidentielle du 24 mars 2024 ayant porté au pouvoir Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.
«La victoire du candidat du PASTEF témoigne de l’adhésion duPeuple sénégalais, notamment desJeunes, des Femmes et desmembres de la société civile, qui sont les plus nombreux et lesplus actifs, au projet de société de votre parti», selon le Premier ministre malien, Dr Choguel Kokalla Maïga.
Louant la «grande maturité stratégique» du Premier ministre sénégalais Ousmane SONKO, son homologue malien lui a témoigné, « Vous avez fait de la politique au sens noble du terme, que jedéfinis comme l’art de réaliser ce qui est possible et derendre possible ce qui est nécessaire». selon lui, la nécessité pour le peuple sénégalais était de rendre possible le changement du pouvoir politique, que Ousmane SONKO a contribué à réaliser.
Pour le Premier ministre malien, la visite de travail à Bamako, ce jour 12 août 2024 de son homologue, est,«un acte defoi, un acte d’amitié, ainsi que la manifestation de votre solidaritéagissante et decelle du peuple sénégalais à l’endroit du peupledu Mali». Cette visite se tient après et dans le sillage de celle de Président sénégalais Bassirou Diomaye FAYE à Bamako, le 30 mai 2024.
Évoquant la guerre épique que le Mali livre actuellement au terrorisme, Dr Chouel Kokalla Maïga est sans ambages, «Aujourd’hui, à travers l’Afrique occidentale francophone, nousavons engagé la seconde bataille pour l’indépendance, pour lasouveraineté. Nous nous sommes fixé deux objectifs : affranchirnos peuples du joug du néocolonialisme d’une part, créer entrenous de solides liens pour une intégration réelle, d’autre part», a -t-il rappelé .
Il a rappelé que les pères fondateurs Léopold Sédar Senghor et Modibo KEITA ont eu à poser les fondations sur lesquelles nous entendons élever l’Afrique de demain. C’est le lieu de rappeler l’acte posé par eux. Aujourd’hui, ce que nous retenons d’eux, c’est leur foi en une Afrique occidentale fédérale, assure le Premier ministre malien. Déjà en 1958, contre la balkanisation de l’Afrique, ils ont proposé le maintien en l’état de la fédération qui unissait les huit territoires francophones d’Afrique occidentale. Dahoméens, Sénégalais, Soudanais et Voltaïques se sont retrouvés pour rester unis. Le mérite revient à Léopold Sédar Senghor d’avoir dit : « Nous allons créer une fédération et nous labaptiserons la Fédération du Mali en souvenir de l’empiredu Mali », rappelle Dr Choguel Maïga. Selon lui, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Des divergences se sont manifestées. Nous nous sommes séparés à notre corps défendant. Certains s’en sont réjouis.
Selon Choguel Maïga, la délégation que nous accueillons ce matin à Bamako est une délégation à nulle autre pareille car elle est celle du pays dont les couleurs sont le Vert, l’Or et le Rouge ; dont la devise est « Un Peuple - Un But - Une Foi » : les mêmes couleurs, la même devise que celle de la République du Mali. Lien peut-il être plus fort que celui-là ? «Monsieur le Premier ministre, l’héritage laissé par nosdevanciers, par les grands empires et royaumes, j’allais dire lesliens forgés par l’histoire, la géographie, la sociologie nouscommandent de travailler ensemble, la main dans la main, decheminer au coude à coude, pour faire face aux défis communsliés à la sécurité, j’allais dire à l’insécurité, à la stabilité et audéveloppement.Nous sommes d’autant plus condamnés à travailler deconcert, car nos deux peuples frères ont montré la voie del’intégration en prenant de l’avance sur les Etats et sur nosinstitutions politiques. C’est le lieu de relever, pour s’en réjouir,la solidarité du peuple frère du Sénégal envers le Mali pendantles sept longs mois de sanctions illégales, injustes et inhumainesde la CEDEAO, entre janvier et juillet 2022», poursuit Choguel Kokalla Maïga. Les sanctions de la CEDEAO ont démontré qu’on ne peut pas mettre à genou un peuple déterminé et suffisamment éclairé sur les enjeux géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques qui ont cours dans l’espace sahélien ajoute-t-il.
Les lourdes sanctions de la CEDEAO, imposées d’abord au Mali, au Burkina Faso, puis au Niger, de manière encore plus disproportionnée, ont démontré que la CEDEAO, notre désormais ancienne organisation commune, est une menace pour nos trois États, regroupés en Confédération dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Face à nos pays de l’AES, situés en première ligne dans la lutte contre le terrorisme depuis plus d’une décennie, et constituant, assurément, une digue de protection pour toute l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO a péché par son manque d’empathie, de solidarité, du sens et de la connaissance de l’histoire, de vision et de maturité stratégique, selon Dr Choguel Kokalla Maïga.
Il a soutenu que l’AES n’est pas mis en place contre la CEDEAO. Elle est une alternative crédible pour l’intégration sous-régionale. L’AES n’est pas le bourreau, elle est la victime. L’AES est engagée dans un combat de survie de ses États membres et de ses Nations, pas des régimes politiques comme certains tentent de le faire croire avec malice. «Nos États regroupés au sein de laConfédération des États du Sahel depuis le 06 juillet 2024sont fermement engagés à œuvrer pour l’autonomie d’action desorganisations africaines dont ils sont membres, afin que,définitivement, ces organisations soient pilotées par unleadership proprement africain», indique-t-il. Dans cette optique, notre pays, le Mali, a donné une valeur constitutionnelle, à travers l’article 34 de la Constitution de la IVème République, aux trois principes directeurs de sa politique de coopération, désormais axée sur : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix de partenariat et des choix stratégiques opérés par le Mali ; la prise en compte des intérêts vitaux du Peuple malien dans toutes les décisions, a expliqué le Premier ministre malien.
B. Daou