vendredi 17 avril 2026
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Face aux inondations au Sahel: la Manipulation européenne

Par Info Matin 4,118 vues
Face aux inondations au Sahel: la Manipulation européenne

Selon une dépêche de l’Équipe de presse et information de sa Délégation en République du Tchad, l’Union européenne a débloqué 5 400 000 euros d’aide humanitaire pour venir en aide aux populations les plus touchées à la suite des inondations dévastatrices au Tchad, au Niger, au Nigéria, au Cameroun, au Mali et au Burkina Faso.

Elle estime que plus de 4,4 millions de personnes seraient affectées dans les six pays suite à des inondations qui ont entraîné la destruction de maisons, d’établissements de santé publique, de systèmes d’eau, d’écoles et d’installations sanitaires ainsi que de routes, d’infrastructures et de zones agricoles. Par ailleurs, la généreuse Europe pense que l’absence d’accès à l’eau, à l’hygiène et aux services sanitaires pourrait augmenter le risque de propagation des maladies hydriques.

A qui sont destinés ces fonds ?

Pour l’Union européenne, ce financement permettra à ses ‘‘partenaires humanitaires sur le terrain de fournir une aide immédiate et de répondre aux besoins les plus urgents concernant la nourriture, les abris, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que d’autres services essentiels dans les zones les plus durement touchées’’.

Le montant sera réparti comme suit :

Tchad : 1 000 000 €
Niger : 1 350 000 €
Nigéria : 1 100 000 €
Mali : 1 000 000 €
Cameroun : 650 000 €
Burkina Faso : 300 000 €

Ce financement vient s’ajouter aux 232 millions d’euros d’aide humanitaire déjà alloués à ces pays depuis le début de l’année.

De plus, l’UE et ses partenaires avaient déjà réagi aux conséquences immédiates des inondations au Liberia, en Guinée, au Tchad, au Nigéria, au Niger, au Cameroun et au Mali, grâce à des ajustements rapides des actions en cours et/ou à des contributions au Fonds d’urgence les réponses aux catastrophes (DREF) de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR)’’.

Au-delà de toute manipulation linguistique, en français sahélien simple, l’Union européenne n’aide pas nos pays.

Le financement 5,4 annoncé le 20 septembre par Bruxelles n’est pas destiné à nos trésors publics, mais est destiné plutôt ‘‘à nos partenaires humanitaires sur le terrain de fournir une aide immédiate et de répondre aux besoins les plus urgents concernant la nourriture, les abris, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ainsi que d’autres services essentiels dans les zones les plus durement touchées’’.

Parce que dans leur arrogance et leur habituelle et immonde ingérence dans nos affaires intérieures, ils estiment connaitre mieux nos populations et leurs besoins plus que nous-mêmes.

Aussi, ils estiment ne pas devoir passer par nos États pour aider nos populations mais à travers leurs ‘‘partenaires’’ jugés plus crédibles. Et ces humanitaires font comme s’ils étaient en terrain conquis et comme si nous tendions la sébile…

Première manipulation

L’Union européenne prend de la distance avec la vérité quand elle parle de ‘‘régions du Sahel (au pluriel) et du Lac Tchad’’ ; parce qu’il n’y a pas plusieurs régions du Sahel, il y’en a qu’une seule. A moins que face à la centralité de l’Alliance des Etats du Sahel, l’Europe n’ait décidé, sans qu’on le sache, de redessiner la carte de l’Afrique pour y mettre plusieurs régions du Sahel, à son goût et suivant ses intérêts. Sinon, le Sahel reste le Sahel.

Selon Oxfam-France, le mot Sahel (Es-Sahel) désigne «rivage» ou encore «bordure» en arabe. C’est l’espace de transition qui sépare au nord, le désert du Sahara, et au sud la zone soudanienne.

Il s’agit d’une région africaine qui inclut, au sens large, 10 pays : le Burkina Faso, le Cameroun, la Gambie, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, le Sénégal et le Tchad.

Toujours, selon l’ONG française, ‘‘ceci constitue la définition large du Sahel, puisqu’elle inclut aussi les pays qui sont « effleurés » par la bande sahélienne au Sud (comme pour la Gambie, le Nigeria ou le Cameroun). Lorsque que nous parlons du Sahel, nous nous fixons sur 6 pays centraux : le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie’’.

Mais comme on peut le voir, trois des six pays destinataires de ce pactole (le Nigéria, le Tchad et le Cameroun) ne sont pas des pays sahéliens stricto sensu, en tout cas, selon la définition des humanitaires français, donc européens.

Seconde contre-vérité

Les Européens mentent quand ils disent que ce ‘‘financement vient s’ajouter aux 232 millions d’euros d’aide humanitaire déjà alloués à ces pays depuis le début de l’année’’.

Il vous souviendra que s’exprimant lors d’une conférence de presse, tenue à l’issue d’une réunion informelle des ministres de la Défense de l’Union européenne, jeudi 13 janvier 2022 à Brest, le haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell avait annoncé la suspension de l’aide budgétaire européenne à notre pays.

L’Europe qui maintient toutefois ses missions de formation et de conseil à nos forces armées et aux forces de sécurité intérieures a tenu à préciser, en revanche, que l’aide au peuple malien va continuer. Selon Josep Borrell l’EU «l’aide budgétaire aux autorités maliennes n’a pas été déboursée à partir du moment qu’on a pris connaissance que les élections n’allaient pas avoir lieu».

Le 16 novembre 2022, prenant alibi du choix souverain de ses partenaires par notre pays ‘‘qui s’est alliée avec la milice Wagner’’, la junte française estime ‘‘que les conditions ne sont plus réunies pour la poursuite de (ses) projets d’aide publique au développement et que le risque de détournement de leur objet (serait) trop élevé. Nous maintenons cependant notre aide d’urgence et notre action humanitaire’’.

En d’autres termes, parce que le Mali a opté, souverainement, de changer de partenaire stratégique en matière de lutte contre le terrorisme, face à l’enlisement inexplicable voir suspect des forces internationales (françaises, européennes et onusiennes), l’Union européenne puis la France décident de fermer le robinet à notre pays, et à ceux à l’Alliance des Etats du Sahel.

Il est vrai que le mardi 3 septembre dernier, Mme la Ministre de la Santé et du Développement Social, le médecin-Colonel Assa Badiallo TOURÉ a rencontré les représentants des missions diplomatiques et acteurs humanitaires dans le but de mobiliser des ressources complémentaires pour permettre au gouvernement de faire face aux dégâts matériels constatés à Bamako et dans d’autres régions du Mali.

Toutefois, le gouvernement par la voix de son chef, le Premier ministre Choguel Kokalla MAÏGA, a souhaité que cet appui éventuel soit ordonné, organisé et convergé vers un seul et unique point focal : le ministère de la santé et du développement social, unique département chargé de l’action humanitaire dans notre pays.

Il s’agit non seulement d’éviter le désordre, comme on a pu le constater par le passé, en cas de survenance de catastrophe naturelle, mais aussi d’avoir l’impact de l’aide au profit des populations bénéficiaires. Toutes choses qui faciliteront le travail pour tous.

Par Abdoulaye OUATTARA

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Commentaires (2)

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A
Anonyme il y a 1 an

Vous avez une colère, qui n'a pas lieu d'être ! Vous savez pertinemment, que les fonctionnaires prébendiers,sont aux aguets pour siphonner toute aide à leur portée. Ce fut le cas pour le fond COVID,qui a été honteusement pillé. Alors,ayez de la colère,mais pour des causes valables !!!

K
kolotoure il y a 1 an

c’est comme l’amerique meprisante QUI croit aimer les maliens mieux qu’eux memes et qui vient dire au mali d’organiser les elections!