jeudi 16 avril 2026
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Bamako : Les préparatifs de l'Aïd-El-Fitr, entre engouement et difficultés

Par Malijet 1,411 vues
Bamako : Les préparatifs de l'Aïd-El-Fitr, entre engouement et difficultés

À une semaine de la célébration de l’Aïd-El-Fitr, l’effervescence est palpable dans les rues de la capitale malienne. Entre achats frénétiques, ateliers de couture surchargés et défis économiques, notre équipe s’est immergée dans l’atmosphère des marchés et des boutiques pour saisir les réalités de cette période festive.

Les marchés : entre dynamisme et morosité


Dans les allées du grand marché de Bamako, l’affluence est notable, mais les avis des commerçants divergent. Si certains déplorent une baisse significative de leur chiffre d’affaires, d’autres, notamment les vendeurs de bazin et de wax, affichent un optimisme remarquable.

"Les clients viennent moins cette année", confie une vendeuse de chaussures et sacs, le regard inquiet. "Les gens se plaignent des prix élevés, et nous sommes obligés de baisser nos marges pour écouler nos stocks. La situation économique rend les achats difficiles pour beaucoup."

À l’inverse, M. Lah, vendeur de bazin au marché Rose, se réjouit : "Le marché est très animé ! Les clientes, notamment les Guinéennes, achètent en gros pour revendre. Le getzner est très demandé, avec des prix allant jusqu’à 10 000 FCFA le mètre."

Les tailleurs sous pression : coupures d’électricité et mécontentement des clients

Du côté des ateliers de couture, la tension est palpable. Les artisans dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles : coupures intempestives d’électricité, hausse du coût des fournitures et pression des clients impatients.

"Notre métier devient très pénible", explique un tailleur, épuisé. "Entre les factures d’électricité, le carburant pour les groupes électrogènes et la cherté des fils, nous n’avons pas d’autres choix que d’augmenter nos tarifs. Mais les clients ne comprennent pas toujours."

Les retards dans les livraisons alimentent les frustrations. Binta, cliente mécontente, témoigne : "Les tailleurs accumulent les commandes sans respecter les délais. L’année dernière, j’ai reçu mon habit après la fête, alors qu’il m’avait promis de le terminer à temps."

Une fête sous le signe des réalités économiques

Si l’Aïd-El-Fitr reste une tradition ancrée dans les habitudes (achats de nouveaux habits, partage de repas familiaux, sacrifices de bœufs), la conjoncture économique pousse certains Maliens à revoir leurs dépenses à la baisse.

En somme, cette période festive met en lumière les défis quotidiens des commerçants et artisans, tout en rappelant la résilience des Bamakois, déterminés à célébrer malgré les difficultés.

Fanta.Diop/Stagiaire/Malijet.com

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