Réparations Coloniales : L'Afrique revendique justice et redressement, un débat central à Bamako
La 3ème édition de l'émission « LE FORUM À LA UNE », organisée par Yuri Communication en collaboration avec Africable Télévision, a eu lieu ce samedi 19 juillet 2025 dans la salle Benson du Grand Hôtel Azalaï. Cette rencontre, où experts et public ont pu échanger, portait sur le thème : « Crimes coloniaux : le moment de la compensation est arrivé ». Un sujet au cœur des efforts africains, notamment de l'Union Africaine, pour obtenir justice et réparation pour les Africains et leurs descendants victimes de nombreuses injustices dans l'histoire.
Un retour sur les horreurs et les dégâts persistants
Les intervenants ont commencé par rappeler les crimes commis contre les peuples africains, depuis la traite des Noirs par les Arabes et les Européens jusqu'à l'époque coloniale. « La première traite négrière la plus brutale contre les Africains a été le fait des Arabes. (...) Et la plupart de ceux qui ont été emmenés ont été castrés pour ne pas pouvoir avoir d'enfants en terre arabe », a souligné M. Daouda Naman Tekete, journaliste et écrivain.
Concernant l'Occident, M. Tekete a expliqué que, au-delà des crimes commis pendant la traite négrière et la colonisation, ces méfaits envers l'Afrique et les Africains se poursuivent sous différentes formes. Il a cité, par exemple, l'élimination de Mouammar Kadhafi en 2011, qui était un fervent défenseur de la création d'une monnaie africaine, ou encore le crash suspect en 2005 d'un avion transportant des experts ouest-africains qui devaient réfléchir à une monnaie commune pour la CEDEAO.
L'Urgence de la réparation
Pour M. Oussenou Ouattara, économiste et membre du CNT, il est temps de réparer et de compenser les victimes africaines. Il a insisté sur le fait que la culpabilité de ces actes est reconnue par les dirigeants occidentaux eux-mêmes, citant l'ancien président français Jacques Chirac, qui avait déclaré : « On oublie qu'une grande partie de l'argent que nous avons vient de l'exploitation de l'Afrique depuis des siècles... ».
Dr d'État Youssouf Z Coulibaly, également membre du CNT, a précisé que la réparation ne doit pas être seulement financière, mais aussi concrète, notamment par la restitution des œuvres d'art volées. Pour y parvenir, il a suggéré que les pays africains utilisent les lois et accords internationaux tels que la Déclaration universelle des droits de l'homme, les conventions de La Haye de 1919, la Charte des Nations Unies et d'autres outils juridiques. Cependant, pour que ces efforts aboutissent, M. Coulibaly a appelé à une action commune des pays africains concernés.
S.Guindo/Malijet.com