samedi 21 février 2026
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Le Mali à la croisée des chemins : Quand les prédictions apocalyptiques échouent sur le bouclier de la résilience du peuple

Par Le Matin 2,858 vues
Le Mali à la croisée des chemins : Quand les prédictions apocalyptiques échouent sur le bouclier de la résilience du peuple

Pour des intérêts contrariés, des desseins inassouvis et des attentes non comblées, ils rêvent de voir le Mali s’effondrer depuis le début de la rectification en mai 2021.

 Un rêve contrarié qu’ils continuent pourtant d'entretenir avec des fake news (fausses nouvelles) pour maintenir l’illusion. Ils veulent déstabiliser cette transition par tous les moyens. Mais c’est sans compter sur la résilience du peuple qui se retrouve dans les changements prônés et qui est visiblement prêt à payer le prix qu’il faut pour sa souveraineté.

« Un soulèvement populaire est nécessaire au Mali pour stopper la junte militaire au pouvoir qui mène le pays dans une dérive dictatoriale et refuse d'organiser l'élection présidentielle » ! Ce sont des propos qui ont été prêtés ces derniers jours au président de la France, Emmanuel Macron. Même s’ils ne sont pas de lui, ils traduisent son état d’esprit par rapport au Mali. Depuis que son pays a été écarté par les autorités de la Transition, le locataire de l'Élysée (qui se cherche aujourd’hui dans les tréfonds des sondages d’opinion avec 11 % et une majorité de Français qui souhaite sa démission) a sans doute juré de reprendre pied au Mali par tous les moyens.

Et ce qui arrive à notre pays ces dernières semaines (crise de carburant) est une parfaite illustration des propos qui lui sont attribués : paralyser le pays et asphyxier les populations pour créer un climat insurrectionnel favorable renversement du régime de transition ! Dans les colonnes des médias de la propagande, on se réjouit du fait que, entamé début septembre, le blocus sur les importations de carburant de Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn ou Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM/GSIM) se poursuive, entraînant l'arrêt de nombreuses activités, la fermeture des écoles et la raréfaction de certains produits.

Et que « les attaques jihadistes sur les routes maliennes sont quasi quotidiennes… Le JNIM se renforce et resserre l'étau sur Bamako, privilégiant l'étouffement économique à l'assaut par les armes ».  Selon leurs experts, Iyad aurait opté pour « une guerre d'usure économique et politique, qui délégitime le régime sans jamais s'exposer à une bataille conventionnelle qui serait perdue d'avance ». Ce choix n’est pas anodin parce que les dernières confrontations directes ont généralement tourné en faveur des Forces armées maliennes (FAMa) aguerries et déterminées à achever la pieuvre du terrorisme.

Comme l’analysait si bien un consultant dans notre précédente parution (Le Matin N°653 du jeudi 6 septembre 2025), la montée en puissance des menaces contre les infrastructures vitales est l'indicateur d'une situation militaire critique pour les groupes armés. Elle met en évidence la supériorité militaire de plus en plus écrasante des Forces de défense et de sécurité (FDS) maliennes. L'escalade des actions de guérilla économique et des menaces de sabotage (ponts de Kadiana/Zégoua) est une tentative de diversion et de riposte face à la pression militaire écrasante des FAMa. Les défaites et les pertes lourdes subies par les terroristes les obligent à chercher des leviers asymétriques en dehors du champ de bataille conventionnel. Ces dernières semaines, l’armée a infligé de très lourdes pertes au JNIM un peu partout dans le pays.

Ainsi, ne possédant presque plus de bases sûres dans le centre et dans le nord du pays, JNIM s'était replié dans les luxuriantes forêts aux environs de Bamako et dans le sud du pays. Malheureusement pour elles, celles-ci ont été « totalement dératisées » par les forces spéciales de l'armée. Traqués, les terroristes survivants sont en débandade en abandonnant armes et motos pour essayer de se fondre dans la population. Un échec total pour le JNIM d’Iyad appuyé par la France et ses alliés de l’OTAN.

Mais leurs médias s’en fichent. Ils continuent donc de diffuser des messages de panique et de détresse. En effet, ces derniers jours, les médias sociaux et les canaux de propagande relaient une série d'alertes : les ambassades des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne et d'autres nations occidentales auraient enjoint à leurs ressortissants de quitter immédiatement le Mali qui se trouverait dans une situation sécuritaire qualifiée « d'imprévisible et dangereuse… ». Selon leurs relais de propagandistes, Bamako est cernée par le JNIM et sa chute ne serait qu’une question de jours, voire d’heures.

Paradoxale affluence des touristes étrangers dans un pays pris à la gorge par des hordes de terroristes !

Au même moment pourtant Tombouctou, Mopti… reçoivent des vagues de touristes de la Russie, de la Lettonie et du Luxembourg en prélude à la Biennale artistique et culturelle (BAC), « Tombouctou 2025 » et au « Forum mondial des civilisations ». Et cela à l’initiative de l’agence « Papillon Reizen » et du « Festival Vivre Ensemble » (FVE). Au lieu de céder à la panique, les Maliens se mobilisent davantage autour des autorités de la transition. Comme pour prouver à ceux qui organisent des réjouissances autour de « Rome en feu » que la voie empruntée aujourd’hui est un choix populaire et souverain. Que dire alors de ce message de Christopher Landau (Secrétaire adjoint au Département d'Etat américain) félicitait daté du 4 novembre 2025 et qui félicitait  les FAMa pour « leur succès implacable contre les forces terroristes du GSIM » ? Comment l’opinion publique nationale et internationale, comprend-t-elle une telle manœuvre diplomatique si ce n’est comme « une instrumentalisation cynique des instruments diplomatiques » ?

Les Maliens ne cessent de démontrer qu’ils sont aujourd’hui prêts à tous les sacrifices pour la stabilité de leur pays. Et cela malgré le comportement d’une poignée d’entre eux qui continuent de vouloir nourrir l’opinion avec la désinformation, les analyses tronquées et la manipulation de l’information par certains patriotes autoproclamés. Selon Nelson Mandela, « les vrais héros sont ceux qui font la paix et construisent, par opposition à ceux qui détruisent ». Pour lui, il s'agit « d'un acte de courage qui va au-delà de la simple absence de peur, impliquant la capacité de surmonter les adversités pour créer et guérir, notamment par le pardon et la réconciliation ». Aujourd’hui, nos héros sont Assimi Goïta et ses compagnons d'armes, même si nous refusons néanmoins de leur accorder un blanc-seing.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas d’accord avec toutes les décisions des autorités de la Transition (dissolution des partis, répression de la liberté d’expression…). Et cela d’autant plus que, comme le disait un compatriote, « il y a des erreurs, des manquements et des décisions qui laissent perplexe »… Nous sommes parfaitement sur la même longueur d’ondes que ce jeune leader politique qui rappelait sur les réseaux sociaux que « soutenir son pays et le placer au dessus des égos est un devoir pour tous. Mais reconnaître les erreurs, dénoncer les manquements et proposer des solutions, c’est aussi aimer son pays et surtout assumer sa part de responsabilité ».

En tant que citoyen, de surcroît journaliste, nous devons les critiquer, les dénoncer et exiger mieux à nos risques et périls. En même temps, nous devons aussi nous imposer des critiques objectives, c’est-à-dire inspirées de la seule volonté de contribuer au relèvement du pays, d’aider la patrie à surmonter la pente et à sortir de l’impasse. Ainsi, pour rien au monde, nous ne devons laisser nos craintes, nos mésententes et nos déceptions nous amener à pactiser avec le diable, à être les complices des obscurantistes et de leurs parrains occidentaux comme la France et l’Ukraine.

Nous soutenons donc les autorités actuelles parce que, tôt ou tard, elles partiront un jour, alors que le Mali lui demeurera. Nous les soutenons parce que, comme l’a récemment écrit un ingénieur graphiste malien, « la colère et la haine que nous déployons pour les affaiblir nous aideraient à faire avancer le pays si on les transformait en actions positives et constructives ». Ce qui est sûr, telle est notre conviction, aucun Malien n’a intérêt à ce que la Maison Mali s’effondre maintenant ou que le navire chavire en ce moment car cela ne pourra qu'entraîner de l’anarchie favorisant la victoire et le règne aux conséquences inimaginables des obscurantistes !

Rappelons-nous la Somalie ! Regardons un peu ce qui se passe en Afghanistan ces dernières années ! Au niveau sous-régional, ceux qui rêvent de voir le Mali disparaître sous les assauts des obscurantistes déguisés en Jihadistes, ne doivent pas oublier que notre pays est aussi une digue dont la rupture va les mettre tous en péril. L’effondrement du Mali ne manquera pas d’entraîner l’expansion du terrorisme dans toute l’Afrique de l'Ouest. Autant alors reformer et resserrer les rangs derrière les autorités actuelles ! Elles constituent le moindre mal par rapport à un pseudo-régime islamiste ! Qu’elles (autorités de la Transition) comprennent aussi qu’il est nécessaire, qu’il est surtout temps de lâcher du lest, de desserrer la vis en libérant tous ceux qui sont actuellement privés de leur liberté pour des raisons politiques ou de conviction !

Mais ayons toujours à l’esprit, comme l’a défendu sur les réseaux sociaux un jeune leader de la société civile, « ce qui est en jeu dépasse les calculs partisans ou les ambitions personnelles. Aujourd’hui, ce qui est en jeu, ce n’est ni le pouvoir d’Assimi ni la transition. C’est la survie de la République ». Nous sommes en tout cas convaincus que, quelles que soient les difficultés et les épreuves à surmonter, le Mali vaincra parce que le peuple malien, dans sa majorité, a fait le choix de la résilience et aussi de la résistance pour donner une chance au Mali Kura, porteur de nouveaux espoirs, d’une nouvelle espéance !

Hamady Tamba

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Commentaires (1)

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Thaonny il y a 3 mois

C'est quoi ses conneries... En France on espère que le peuple Malien s'en sortira. Mais sinon on s'en fou, une poignée d'hommes les ont mis dans la merde, qu'ils assument et qu'ils ne viennent plus nous demander de l'aide c'est tout.