Nouveau rapport conjoint ONUDC-ONU Femmes sur le feminicide: 83.000 femmes et filles assassinées en 2024
Ce nouveau Rapport publié en fin novembre dévoile la gravité des cas de féminicide dans le monde avec des chiffres alarmants. Selon le document, durant l’année écoulée, 83.000 femmes et filles ont été tuées de manière intentionnelle. Également, que 60% d’entre elles, soit 50.000 femmes et filles meurent sous les coups de leur partenaire ou de parents proches, quasiment toutes les 10 minutes.
Nul besoin de le rappeler, la violence à l’égard des femmes et des filles est une violation des droits humains la plus répandue. Dans ce lot de violences, le féminicide est la forme la plus extrême et la plus évitable.
En effet, pour ONU Femmes, ce dernier Rapport de recherche confirme que le féminicide continue de coûter la vie à des dizaines de milliers de femmes et de filles dans le monde, sans aucun signe de véritable amélioration.
Exprimant sur ces chiffres, la Directrice de la division des politiques d’ONU Femmes, Sarah Hendriks dira que les féminicides ne viennent pas d’un fait de hasard. Qu’ils s’inscrivent souvent dans un cycle de violences qui peut débuter par un contrôle coercitif, des menaces et du harcèlement. Y compris en ligne. Que cette année, la campagne des 16 jours des Nations Unies insiste sur le fait que la cyber-violence ne se limite pas au cyberespace seulement. Elle peut, affirme-t-elle, dégénérer hors ligne et, dans le pire des cas, contribuer à des dommages mortels, jusqu’au féminicide.
Et de poursuivre que chaque femme et chaque fille a le droit d’être en sécurité dans chaque aspect de sa vie. Ce qui requiert une intervention précoce des systèmes concernés. « Pour prévenir ces meurtres, il est essentiel d’adopter des lois qui reconnaissent les différentes formes de violence vécues par les femmes et les filles, en ligne comme hors ligne, et qui contraignent les auteurs à répondre de leurs actes avant qu’ils ne deviennent meurtriers » a-t-elle préconisé.
A son tour, John Brandolino, Directeur exécutif par intérim de l’ONUDC a déclaré que le domicile reste un lieu dangereux et parfois mortel pour beaucoup de femmes et de filles à travers le monde. Que ce nouveau Rapport sur le féminicide rappelle avec force la nécessité de renforcer les stratégies de prévention et les réponses de la justice pénale face à la violence extrême, qui tiennent compte des facteurs qui la favorisent.
L’Afrique enregistre les taux les plus élevés
A la lumière du rapport d’ONU Femmes, il ressort que le taux le plus élevé des cas de féminicide commis par un partenaire intime ou un parent proche est enregistré en Afrique soit 3 pour 100.000 femmes et filles. Dans ce classement macabre, le continent est suivi par les Amériques avec 1,5 ; de l’Océanie avec 1,4 ; de l’Asie avec 0,7 et de l’Europe avec 0,5.
Par ailleurs, selon ce Rapport, au cours de 2024, seulement 11% des homicides masculins ont été perpétrés par des partenaires intimes ou des membres de la famille.
Mariam Sissoko