Sommet de l’OMVS à Nouakchott : Vers une gestion modernisée et souveraine du bassin du fleuve Sénégal
Cette rencontre de haut niveau se tient à une période charnière pour l’organisation, confrontée à l’urgence de réformer ses structures face à la dégradation de la qualité des eaux et aux besoins croissants en navigation et en hydroélectricité.
Le président en exercice du Conseil, Boubacar Diané, a ouvert les travaux par un appel sans équivoque à la réforme institutionnelle. Selon lui, la pérennité de l’organisation repose sur une clarification urgente des rôles entre les différentes instances de gestion. L’objectif est simple : éviter les chevauchements de compétences pour gagner en efficacité opérationnelle et en réactivité.
Si le tableau climatique est sombre, l’OMVS affiche une vitalité rassurante. Malgré les turbulences géopolitiques régionales et les caprices du climat, l’organisation a su préserver ses acquis structurants.
Parmi les motifs de satisfaction, on note :
-Une crédibilité financière renforcée auprès des bailleurs de fonds internationaux.
-Des systèmes de gestion des ressources en eau de plus en plus performants.
-Un engagement politique constant des quatre États membres (Guinée, Mali, Mauritanie, Sénégal).
L’un des moments forts de cette session a été le plaidoyer du Président Diané pour le projet de navigation sur le fleuve Sénégal. Ce vieux rêve d’intégration régionale, qui permettrait de relier les pays enclavés à la mer, doit désormais passer de la phase de conception à celle des décisions concrètes. « Il est essentiel d'accélérer la mise en œuvre pour garantir la durabilité économique de notre organisation », a-t-il martelé.
L’adaptation aux changements hydrologiques radicaux est l’autre défi majeur. L’OMVS prône désormais une gestion anticipative, incluant la modernisation des infrastructures existantes et une implication accrue des jeunes et des femmes dans les projets de développement local.
La session de Nouakchott devrait déboucher sur une feuille de route pour les sociétés de gestion de l’OMVS. L’enjeu final est de transformer l'organisation en un outil de développement moderne, capable non seulement de produire de l'énergie et de l'eau pour l'agriculture, mais aussi de protéger l'écosystème du fleuve contre les agressions environnementales.
Zana/Malijet.com