Sécurité alimentaire : L'UEMOA octroie 100 millions de FCFA au Mali pour la lutte antiacridienne
Dans un élan de solidarité régionale, la Commission de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a officiellement remis une contribution financière de 100 millions de FCFA au ministère de l’Agriculture. Cet appui vise à renforcer les capacités de riposte du Mali face à la menace persistante du Criquet pèlerin.
La cérémonie de remise s'est tenue ce jeudi dans la salle de réunion du département de l'Agriculture, sous la présidence du ministre Daniel Siméon KELEMA. L'événement a réuni le Représentant résident de la Commission de l'UEMOA au Mali, ainsi que des délégués de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) et de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Un soutien à la vision souveraine du Mali
Portant la parole de M. Abdoulaye DIOP, Président de la Commission de l’UEMOA, M. Roberto Alexandre VIEIRA a exprimé la profonde gratitude de l'institution envers le Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, pour son soutien constant aux programmes régionaux.
Il a rappelé que si la Politique Agricole de l'Union (PAU), adoptée en 2001, a permis des acquis notables, elle fait face à des obstacles majeurs :
-Aléas climatiques et crises sécuritaires ;
-Organismes nuisibles, responsables de la perte de plus de 40 % des récoltes annuelles ;
-Menace acridienne, qui demeure un péril critique pour la stabilité alimentaire.
Une réponse concrète au Plan National de Riposte
Le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon KELEMA, a salué cet appui qu'il juge stratégique pour la protection des cultures et des pâturages. Cette subvention de 100 millions de FCFA sera directement injectée dans le Plan National de Riposte pour intensifier les opérations de prospection sur le terrain, renforcer les capacités techniques des agents phytosanitaires, acquérir des pesticides et du matériel de lutte essentiels.
« Cette contribution nous permettra de renforcer nos dispositifs d’alerte précoce et d'assurer une réponse rapide afin de protéger le labeur de nos producteurs », a déclaré le ministre.
Le spectre de la crise de 2004
L'importance de cette mobilisation rappelle les heures sombres de la crise acridienne de 2004. À l'époque, l'invasion avait dévasté 1,3 million d'hectares, causant des pertes économiques vertigineuses de 300 milliards de FCFA. En réponse, l'UEMOA avait dû mobiliser une enveloppe globale de 40 milliards de FCFA pour l'ensemble des États membres.
Cette nouvelle dotation s'inscrit donc dans une démarche de prévention visant à éviter qu'une telle catastrophe environnementale et économique ne se reproduise.
A.Ouattara/Malijet.com