Elections en RDC : l’Europe confirme l’annulation de sa mission d’observation électorale
L’Union européenne a confirmé mercredi l’annulation de sa mission d’observation électorale en République démocratique du Congo (RDC), en raison de "contraintes techniques" échappant à son contrôle, a indiqué son service diplomatique. Elle pourrait être réduite à n’observer le processus électoral que depuis Kinshasa.
"La mission de l’UE avait prévu de déployer des observateurs à long terme dans la plupart des provinces de la RDC, mais cela n’est désormais plus possible", a indiqué une porte-parole, dans un communiqué. Mardi, l’UE avait indiqué que ses observateurs envoyés pour les élections du 20 décembre n’avaient pu "se déployer à travers le pays pour raisons de sécurité", ce qui rend leur mission "impossible" à terme.
L’envoi de cette mission d’observation électorale européenne, la première en RDC depuis plus de 10 ans, avait été annoncé début novembre par le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell. La campagne pour les élections parlementaires et présidentielles a débuté le 19 novembre en RDC, vaste pays pauvre de près de 100 millions d’habitants. Le président Felix Tshisekedi, 60 ans, y est candidat à sa réélection. Le pays est secoué depuis près de 30 ans par des violences de groupes armés dans l’est, où des soldats de maintien de la paix de l’ONU et de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) sont déployés. Les violences dans l’est connaissent actuellement un pic avec le retour sur scène d’une ancienne rébellion, le M23, soutenue par le Rwanda voisin et qui s’est emparée de larges pans de la région du Nord-Kivu. Le gouvernement du président Tshisekedi a décidé de ne pas renouveler au-delà du 8 décembre le mandat de la force de l’EAC déployée pour lutter contre le M23.
Parallèlement, la Mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC (Monusco), présente en RDC depuis 1999, a déclaré mercredi dernier avoir signé avec le gouvernement un plan de retrait de ses 14.000 Casques bleus déployés dans le pays, essentiellement dans l’est. "L’UE encourage les autorités de la RDC et toutes les parties prenantes à poursuivre leurs efforts pour faire en sorte que le peuple congolais puisse exercer pleinement ses droits politiques et civils légitimes lors des prochaines élections", ajoute le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). Elle étudie d’autres options avec les autorités congolaises, y compris la possibilité de maintenir une mission d’experts électoraux afin d’observer le processus électoral depuis la capitale.