samedi 21 février 2026
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Soudan : Les forces civiles et les paramilitaires d’Hemedti signent une déclaration commune

Par News.day 2,925 vues
Soudan :  Les forces civiles et les paramilitaires d’Hemedti signent une déclaration commune

Une déclaration commune a été annoncée à l’issue de deux jours de discussions, qui ont eu lieu à Addis-Abeba, entre deux délégations soudanaises représentant les Forces de soutien rapide (RSF) et les Forces civiles démocratiques soudanaises (Takadum).

La déclaration a été signée ce mardi 2 janvier par Abdallah Hamdok, l’ancien Premier ministre à l’origine de ces rencontres, et par le général Mohamad Hamdane Daglo, également connu sous le nom de « Hemedti », commandant paramilitaire.

Ces rencontres sont une première entre paramilitaires et civils depuis le début de la guerre au Soudan, le 15 avril. Elles visent principalement à mettre en place des mécanismes pour acheminer l’aide humanitaire.

Il s’agit d’une sorte de feuille de route visant à parvenir à un cessez-le-feu humanitaire permettant d’acheminer l’aide aux millions de Soudanais qui en ont absolument besoin et qui souffrent des répercussions de la guerre.

Le document de 4 pages signé par Abdallah Hamdok et Mohammed Hamdane Daglo stipule, en 9 points, la nécessité d’établir un cadre de résolution de la crise humanitaire, et insiste sur le principe de donner le pouvoir aux civils, afin d’instaurer un Etat démocratique, Soudan unifié et fédéral, complètement débarrassé des dirigeants de l’ancien régime.

Parmi les points importants, sur lesquels les deux parties se sont accordées : la formation d’un comité national chargé d’enquêter sur les exactions commises contre les civils. Un autre comité doit déterminer quelle partie a lancé les hostilités.

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Selon le document, les deux parties s’accordent sur le retour des civils dans les régions contrôlées par RSF qui devraient libérer 451 détenus en signe de bonne volonté. Or, ce sont les paramilitaires qui sont accusés par les ONG internationales de commettre les exactions les plus graves contre les civils.

Takadum dit qu’elle a appelé à rencontrer les deux côtés de la lutte. Ce programme commun annoncé à Addis-Abeba semble difficile à appliquer tant que l’armée n’y adhère pas.

Premier acte politique des forces civiles

” Ce qui est important dans cet événement, c’est d’abord qu’il démontre un premier acte politique de ces forces civiles après un long processus de réunions, séminaires, discussions et que ces forces civiles parviennent à rencontrer l’un des protagonistes du conflit sans se diviser immédiatement. C’est sans aucun doute un élément politique important », analyse Roland Marchal, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste du Soudan, au micro deHouda Ibrahim du service Afrique.

” Penser que cet entretien aura des conséquences immédiates et tangibles me paraît cependant tout à fait irréaliste dans la mesure où, durant cette même période, les déclarations des chefs de l’armée et de l’ancien régime et d’Hemedti sont devenues un peu plus martiales et un peu plus guerrier. Qu’Hemedti veut donner l’impression qu’il est en train de gagner la guerre et donc que d’une certaine manière, pour lui, le cessez-le-feu est plutôt contre-productif », souligne le chercheur.

Si l’on compare avec la période précédant le début de la guerre, en avril 2023, il est vrai qu’Hemedti, à travers ses différents voyages très récents, a marqué un point diplomatique dans la région. Parallèlement, l’Igad, l’organisation régionale, tente de s’engager dans une médiation dont l’essentiel du contenu est à ce jour inconnu. Je crois que oui, Hemedti gagne en reconnaissance.

Roland Marchal, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste du Soudan

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