dimanche 22 février 2026
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Hissène Habré, un dictateur en prison : récit d’une traque internationale

Par Radio France 2,306 vues
Hissène Habré, un dictateur en prison : récit d’une traque internationale
L'ancien président du Tchad, Hissène Habré,le 15 novembre 2005, à sa sortie de la Cour d'appel de Dakar, au Sénégal. ©AFP - SEYLLOU DIALLO / AFP

On l’appelle le “chasseur de dictateur”. Nous recevons aujourd’hui le célèbre avocat des droits humains Reed Brody, qui dévoile dans son dernier ouvrage les coulisses d’une affaire historique : la traque, longue de dix-huit ans, de Hissène Habré, ancien dictateur au Tchad.

Grâce à la détermination sans faille de quelques survivants et d’une équipe d'enquêteurs internationaux, Hissène Habré sera finalement jugé entre 2015 et 2016 pour les crimes et tortures contre des dizaines de milliers de personnes. Dans ce récit, Reed Brody nous livre les difficultés, les défaites, mais aussi les espoirs et victoires qui ont permis, pour la première fois, de juger et condamner un dictateur devant une cour africaine. Pourquoi, cette fois-ci, la justice internationale a-t-elle fonctionné ?

Hissène Habré, le “Pinochet africain” :

Hissène Habré fut dictateur au Tchad de 1982 à 1990. Durant son temps au pouvoir, il a commis de nombreux crimes, viols et actes de tortures. Reed Brody, avocat, ancien procureur spécialisé en crimes de guerre, membre de la commission internationale de juristes et auteur de La traque de Hissène Habré : juger un dictateur dans un monde d’impunité (Karthala), a mené un long combat afin de l’inculpé. L’avocat raconte l’élément déclencheur de cette traque : “en 1998, quelques mois après la création de la Cour pénale internationale à Rome, l’ancien dictateur du Chili Pinochet est arrêté à Londres pour ses crimes. Quand la Chambre des lords, la plus haute juridiction à l'époque, a annoncé que Pinochet pouvait être arrêté n'importe où dans le monde, nous nous sommes rendu compte qu'il était possible d'amener en justice des tyrans qui semblaient jusque-là hors d'atteinte. La présidente de l'association tchadienne des droits humains, Delphine Jarib, m'a dit 'Pourquoi pas en Afrique ? Nous, on a quelqu'un qui a tué plus que Pinochet.'”

L’importance du témoignage

Reed Brody et son équipe ont pu collecter divers documents, notamment les archives de la DDS, la police politique d’Hissène Habré. Ces documents précieux, retraçant les listes quotidiennes de personnes décédées ainsi que des notes manuscrites du dictateur, n’auraient pas eu le même impact sans les témoignages des victimes. “Ce procès se doit à la parole des victimes. Je pense par exemple à Souleymane Guengueng, un modeste fonctionnaire jeté en prison. Pendant que les gens mouraient autour de lui, il a juré devant Dieu que s'il sortait vivant, il se battrait pour la justice. À sa sortie, il a donc créé l’association des victimes et regroupé plus de 700 témoignages”. Reed Brody évoque également l’implication de Clément Abaïfouta, un fossoyeur dont la tâche en prison était d'enterrer ses co-détenus, ou encore des femmes victimes de violences sexuelles, ayant eu le courage de venir témoigner à la barre.

.........Radio France 

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Commentaires (2)

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A
Anonyme il y a 1 an

Toi,parle en ton nom propre,tu n'es en aucune façon, représentant de la voix des maliens. Tu n'as même pas honte ,de crier "vive assimi",qui est pourtant celui qui a achevé ton ibk ! Si j'étais colonel,je me mefierais de toi,l'opportuniste !!!

ζ ᵲ ґ il y a 1 an

• Vive Assimi ! • Les politiques maliens ont pris la malédiction en croyant bêtement que le départ d’IBK étaient leur chance • Nous, le peuple malien, soutenons fermement les militaires • Même en cas de présidentielle, Assimi ou tout autre militaire passe cash : les politiques ne sont que des renégats.