lundi 23 février 2026
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Côte d’Ivoire : L’élection de trop pour Ouattara et Gbagbo

Par Mondafrique 3,200 vues
Côte d’Ivoire : L’élection de trop pour Ouattara et Gbagbo

Réunis contre leur gré par une féroce adversité qui court depuis les années 90, l’ancien président Laurent Gbagbo et son successeur à la tête du pays, Alassane Ouattara ne briguent-ils pas, à bientôt respectivement 80 ans et 84 ans, le mandat de trop ?

À Abidjan, des voix à peines inaudibles n’ont cessé de le répéter : Gbagbo, Bédié et Ouattara doivent quitter la scène politique nationale pour apaiser durablement une Côte d’Ivoire qui a souffert de leurs ambitions, puisque celles-ci ont provoqué plusieurs décennies de déstabilisation, de tensions et, à la fin, une rébellion armée qui l’ont plongée dans le chaos. Le sort aura tout de même voulu qu’Henri Konan Bédié, le plus âgé des trois, décède le 2 août 2023, emporté dans son village par un étrange malaise cardiaque. Son remplacement avec enthousiasme par Tidjane Thiam, 62 ans, à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) achevait alors de convaincre qu’une page venait de se tourner dans cette formation politique qui avait toujours réussi à bien ancrer la gérontocratie dans son mode de gestion.

L’effet domino eût alors été que les deux autres grandes figures politiques du pays s’effacent à leur tour. Mais rien ne s’est passé comme beaucoup l’espéraient puisqu’au Parti des peuples Africains (PPA-CI), Laurent Gbagbo annonçait les couleurs, dès le 9 mars 2024, en assurant céder aux demandes pressantes de ses militants. Le fait que l’ancien président ne soit toujours pas éligible, son nom ayant été retiré du fichier électoral pour une décision judiciaire que conteste Gbagbo, attise de nouvelles tensions et fait craindre une autre crise politique à même de déboucher sur d’autres violences.

Pour le moment, Alassane Ouattara cultive une certaine omerta sur ses intentions mais ses partisans multiplient, d’une façon remarquablement concertée, les manifestations publiques pour sa candidature à un quatrième mandat. Une telle décision serait en revanche contraire à la Constitution ivoirienne qui prévoit que le mandat présidentiel est renouvelable une fois. Déjà, il y a presque quatre ans, la réélection du président Ouattara à un troisième mandat avait déclenché une série de violences ayant occasionné la mort de plus de 80 personnes et des blessures graves chez des centaines d’autres. Des responsables politiques qui avaient décidé d’instaurer un Conseil national de Transition (CNT) mettant fin de fait au mandat du président Ouattara avaient été également arrêtés et emprisonnés, livrant le pays à des incertitudes.

Un duel à mort

Cette inexorable envie d’être coûte que coûte au pouvoir afin de garder une avance sur l’adversité pourrait justifier le mieux la propension au non-respect de la loi, d’une part et à la détestation de la retraite politique, de l’autre. Alassane Ouattara avait d’ailleurs affirmé, dès le début de 2020, que si ses rivaux sont candidats, lui se verrait dans l’obligation de l’être sans se demander si la loi le lui permettait. C’est ce qu’il s’est d’ailleurs passé. Alors, va-t-on revivre, en 2025, un remake du face-à-face de 2010 qui s’était terminé par une effroyable crise postélectorale ? Les yeux sont désormais tournés vers le président ivoirien. Car pour le PPA-CI, un simple acte administratif suffirait pour que Laurent Gbagbo soit à nouveau réinscrit sur la liste électorale. D’autant que pour l’opposition ivoirienne, c’est son droit « du moment que Gbagbo a été blanchi par la Cour pénale internationale ».

Un vide politique

Mais cette cristallisation de la vie politique autour de ses grands leaders tue surtout l’offre politique puisqu’elle laisse peu de place à d’autres personnalités. L’une d’elles, Charles Blé Goudé qui organisait, le week-end dernier à Yamoussoukro, la rentrée politique de son parti, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), reste persuadé que c’est la fin d’un cycle. Il veut donc jouer un rôle prépondérant au sein de la nouvelle génération d’hommes politiques en mesure de diriger la Côte d’Ivoire en affichant ses idées et son programme politique. Blé Goudé a surtout de bonnes relations avec Simone Gbagbo, l’ex-épouse de l’ancien président qui a lancé, il y a quelques semaines, l’idée d’une union de la gauche.

Qui pourrait alors l’incarner le mieux ? Difficile de répondre à cette question au vu des envies d’en découdre. Autre signe des temps, à part quelques intentions émanant de personnes voulant préserver leur anonymat, il n’y a eu, pour l’heure, aucune démarche officielle allant dans le sens d’un rapprochement des anciens camarades. A moins de deux ans de l’élection présidentielle, le parti au pouvoir peut donc compter à la fois compter sur les querelles de clochers et l’émiettement de ses adversaires de gauche. Mais le pouvoir a une autre corde à son arc : sa totale mainmise sur les médias locaux, ce qui lui donne un coup d’avance. Y compris face à une opinion qui voudra d’abord être convaincue sur la capacité réelle des deux octogénaires à pouvoir assurer son destin.

..........Mondafrique

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Commentaires (6)

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S
Sié il y a 1 an

Au Mali, il n'y a même plus d'élection...

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Siriki il y a 1 an

Quant à Guillaume Soro et Blé Goudé, ils ne figurent pas sur la liste des potentiels candidats, publiée par Aboubacary Siriki, parce qu'ils sont responsables de tueries, lors de la guerre civile ivoirienne !! Le Conseil Constitutionnel ivoirien rejettera leurs candidatures, faute de pouvoir fournir un casier judiciaire vierge !! Ils n'iront certes pas en prison pour leurs différents crimes commis ; mais, qu'ils sachent que la Côte d’Ivoire a définitivement tourné la page de l'impunité !! Aucune loi d'amnistie ne sera votée dans notre pays pour remettre des criminels dans l'arène politique ivoirienne ; et ce, quelques soient les menaces et les formes de chantage !! Gbagbo et ses 2 poulains (Soro et Blé Goudé), peuvent dire définitivement adieu à l'élection présidentielle d'octobre 2020 ; et même adieu à la politique !! C'est Gbagbo qui veut coûte que coûte être candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2025, alors qu'il est impotent et sénile ; sinon, Blé Goudé a déclaré récemment à Yamoussoukro, lors du congrès de son parti politique (COJEP), qu'il ne brûlera pas son pays, juste pour être candidat à une élection présidentielle d'octobre 2025 !! Il faisait allusion à l'entêtement de Gbagbo !! LOL !! Dieu est Dieu ; il n'y aura "Fohi" en octobre 2025 ; aucun grabuge !! L'élection présidentielle d'octobre 2025 se passera dans la sérénité ; exactement comme les élections législatives de 2021 et les élections municipales et régionales de 2023 !! Merci.

S
Siriki il y a 1 an

Pourquoi les pseudo panafricanistes s'acharnent autant sur le PR Ouattara, en disant qu'il a changé la constitution ivoirienne pour confisquer le pouvoir !? Est-ce de la jalousie, parce que le PR Ouattara a réussi à développer notre pays ; à le hisser au 9ème rang en Afrique sur 54 États !? La constitution ivoirienne qui a été pourtant changée depuis 2016, continue 8 ans après, de susciter toujours des débats malsains en Afrique francophone !! LOL !! Pourtant en 2016, 3 pays ouest-africains voulaient changer leurs constitutions : le Mali, le Burkina et la Côte d’Ivoire !! Seule la Côte d'Ivoire a réussi à le faire ; parce que nous ne le faisions pas pour permettre au PR Ouattara de s'éterniser au pouvoir ; c'est-à-dire faire 2 autres mandats de 5 ans ; mais, c'était tout juste pour nous débarrasser de tous les germes conflictuels que Gbagbo avait introduit dans la constitution ivoirienne de 2000, en manipulant durant la transition, le Général putschiste ivoirien, Robert Guéi. Notamment réviser tous les articles ségrégationnistes de l'ivoirité qui divisaient le peuple ivoirien !! Souvenez-vous que l'ex Président burkinabé, Blaise Compaoré avait fait 2 quinquennats !! Vers la fin de son deuxième mandat de 5 ans, il a changé de constitution en y introduisant le septennat dans la nouvelle constitution burkinabé, qui fut votée. Le compteur des mandats fut remis à zéro et le Président burkinabé Blaise Compaoré a fait donc 2 nouveaux mandats de 7 ans chacun !! Vers la fin de son 2ème septennat, il voulu passer à nouveau au quinquennat, pour remettre encore une fois, le compteur des mandats à zéro ; mais, les Burkinabé ont compris cette supercherie politique et l'ont chassé du pouvoir et il s'est vu contraint de se réfugier chez nous en Côte d'Ivoire ; puisque c'est notre beau-frère !! LOL !! Le dictateur Togolais Faure Gnassingbé a donc tenu compte de cette expérience malheureuse de l'ex Président burkinabé Blaise Compaoré et a donc trouvé une nouvelle astuce pour confisquer le pouvoir : le régime parlementaire !! LOL !! Pourquoi les pseudo panafricanistes, ferment-ils actuellement les yeux sur ce cas flagrant de confiscation du pouvoir par le dictateur Togolais Faure Gnassingbé !? Parce que le dictateur togolais Faure Gnassingbé est l'ami des dirigeants putschistes de l’AES, il s'est permis de changer la constitution du Togo, pour passer du régime présidentiel à un régime parlementaire, après avoir épuisé ses 2 mandats présidentiels !! Et comme par hasard, malgré toutes les preuves de fraudes lors des élections législatives et cette entourloupe grossière pour changer de constitution et confisquer le pouvoir d'Etat ad vitam æternam, il n'y a eu aucune levée de boucliers en Afrique !! Même la CEDEAO d'habitude si prompt à reagir, est actuellement tétanisée et refuse d'en parler, de peur que le Togo ne suive l'exemple des pays de l'AES, en claquant la porte de la CEDEAO !! LOL !! Pauvre Afrique francophone ; elle a véritablement du mal à accepter la démocratie !! Merci.

S
Siriki il y a 1 an

Le PR Ouattara ne sera pas candidat parce qu'il n'a plus rien à prouver aux ivoiriens !! Le PR Ouattara a un bilan élogieux que va exploiter le candidat du RHDP en octobre 2025 !! Le PR Ouattara nous avait dit en 2020, qu'il aspirait à une retraite amplement méritée ; qu'il travaille depuis l'âge de 27 ans et qu'il est fatigué ; que le job de Chef de l’Etat n'est pas une sinécure ; qu'il se lève très tôt le matin pour commencer à traiter les dossiers de la République et qu'il va se coucher tard dans la soirée. Il avait choisi en 2020, le PM Amadou Gon Coulibaly ; mais, hélas, Gon est décédé avant l'élection présidentielle d'octobre 2020 !! Le PR Ouattara était obligé de se présenter à l'élection présidentielle d'octobre 2020, parce qu'il ne voulait pas, après ses 10 années de dur labeur, que notre pays tombe dans de mauvaises mains et ne sombre à nouveau dans le chaos !! La nouvelle constitution de 2016 permettait au PR Ouattara d'être candidat, puisque le compteur des mandats avait été remis à zéro !! Les dirigeants du PPA-CI sont vraiment malhonnêtes !! Ils disent qu'ils ne reconnaissent que la constitution abrogée de 2000, celle qu'ils avaient tripatouillé avec le Général putschiste ivoirien, Robert Guéi !! Or cette constitution limite le nombre de mandat à 2. Gbagbo ayant fait 2 mandats sous cette constitution, il ne devrait donc plus être candidat en 2025 !! La constitution de 2000, limitait l'âge des candidats à 75 ans et Gbagbo aura 80 ans en 2025 et pourtant, il est encore candidat en 2025 !! Gbagbo est un homme politique très lunatique !! Aboubacary Siriki lance donc un défi à Gbagbo de répondre à ces 4 petites questions : 1) Est-ce qu'il reconnaît maintenant la constitution ivoirienne de 2016 ? Si oui, pourquoi le PPA-CI refuse alors de reconnaître que le compteur des mandats a été remis à zéro aussi pour le PR Ouattara ? 2) Si Gbagbo est élu Président de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2025 (Safroulaye !!), fera t-il sortir son pays du Franc CFA XOF, pour créer une nouvelle monnaie typiquement ivoirienne ? 3) S'il est élu Président de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2025 (Safroulaye !!), va t-il chasser l'armée française de Côte d'Ivoire, comme l'ont fait les dirigeants putschistes de l'AES ? 3) Si Gbagbo est élu Président de la République de Côte d'Ivoire en octobre 2025 (Safroulaye !!), va t-il chasser les troupes américaines, si elles installent une base en Côte d'Ivoire ? Ce sont des réponses à ces vraies questions que nous ivoiriens attendons de Gbagbo, au lieu qu'il nous entraîne dans des futilités !! Que Dieu protège notre beau pays !! Merci.

S
Siriki il y a 1 an

Laurent Gbagbo déposera son dossier de candidature à la commission électorale indépendante (CEI), comme tous les autres candidats. Son dossier complet sera transmis ensuite au conseil constitutionnel pour statuer !! Pas besoin d'être Nostradamus, pour prédire avec certitude que Mme Chantal Nanaba Camara, magistrate hors hiérarchie et actuelle Présidente du Conseil Constitutionnel ivoirien, rejettera la candidature de Gbagbo, faute d'avoir présenté un casier judiciaire vierge !! Gbagbo a été condamné à 20 ans de prison dans l'affaire dite du casse de la BCEAO. Il a été gracié par le PR Ouattara et non amnistié par le parlement ivoirien !! Voici la liste potentielle des candidats à l'élection présidentielle d'octobre 2025 en Côte d’Ivoire : 1) Mr Tiémoko Meyliet Koné, candidat du RHDP ; 2) Mr Tidjane Thiam, candidat du PDCI RDA ; 3) Mr Pascal Affi N'guessan, candidat du FPI ; 4) Mme Simone Ehivet Gbagbo, candidate de MGC. Tous les grands partis politiques ivoiriens auront un candidat, en dehors du PPA-CI, qui persiste à vouloir présenter Laurent Gbagbo, qui est inéligible selon le code électorale ivoirien !! En Côte d'Ivoire, il n'y a plus de listes pléthoriques de candidats aux élections présidentielles ; car, il n'y a plus de candidatures farfelues (des candidats indépendants, qui n'ont aucun électorat et qui se présentent tout juste pour se faire de la publicité). Depuis 2020, les candidats à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, sont soumis à une obligation de collecte de parrainages, pour valider leurs candidatures. Les soutiens d'au moins 1 % des électeurs, dans au moins 17 des 31 régions ou districts autonomes du pays sont exigés. Que le meilleur gagne en octobre 2025 (Tiémoko Meyliet Koné) et que Dieu continue de protéger mon beau pays !! Merci.

S
Siriki il y a 1 an

C'est une élection de trop, uniquement pour Laurent Gbagbo ; mais, pas pour le PR Ouattara ; car, Aboubacary Siriki se tue à le dire sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois : Le PR Ouattara ne sera pas candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2025 !! C'est le Vice-président de la République de Côte d'Ivoire, SEM Tiémoko Meyliet Koné qui sera le candidat du RHDP !! Le VPR Tiémoko Meyliet Koné est le dauphin du PR Ouattara. Depuis 2021, le VPR Tiémoko Meyliet Koné s'exerce à la fonction présidentielle aux côtés du PR Ouattara !! Le PR Ouattara n'est plus au four et au moulin ; c'est le VPR Tiémoko Meyliet Koné, qui se déplace pour aller représenter notre pays lors de grandes rencontres internationales (réunions des institutions de Bretton Woods à Washington, Davos en Suisse...), ou pour inaugurer les infrastructures économiques de notre pays (autoroutes, usines, hôpitaux...). Le VPR Tiémoko Meyliet Koné est très compétent ; il a été Directeur national de la BCEAO Côte d'Ivoire, ancien Ministre, ancien Directeur de Cabinet du Premier ministre Soro et depuis 2021, il exerce la fonction de Vice-président de la République de Côte d'Ivoire !! Il n'y a pas meilleur candidat pour notre grand parti politique national, le RHDP !! Le VPR Tiémoko Meyliet Koné n'est mêlé à aucun scandale financier dans notre pays ; à aucune tuerie durant la guerre civile. Il est blanc, comme neige !! Pour nous militants du RHDP, le PR Ouattara a fait un très bon choix en le prenant comme dauphin et nous ferons bloc autour de la candidature du VPR Tiémoko Meyliet Koné, durant l'élection présidentielle d'octobre 2025 !!