lundi 23 février 2026
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La Cédéao craint la « désintégration » après la création d’une confédération par les régimes militaires sahéliens

Par AFP 1,350 vues
La Cédéao craint la « désintégration » après la création d’une confédération par les régimes militaires sahéliens
(Photo d'illustration)

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunie en sommet, a prévenu dimanche que la région risquait la “désintégration”, après la création par les régimes militaires du Niger, du Mali et du Burkina d’une “confédération”.

Les trois pays ont annoncé samedi à Niamey la formation de cette “Confédération des Etats sahéliens”. Leur premier sommet, organisé comme un défi la veille de celui de Cedeao, met cette dernière une nouvelle fois à l’épreuve, après la décision plus tôt cette année du Mali, du Burkina et du Niger de quitter l’organisation.

La Cedeao est également confrontée à la violence persistante des jihadistes, à des problèmes de financement et à des difficultés pour créer une force régionale.

Les mesures que prendra le bloc ouest-africain face à la création de la confédération par les trois pays n’étaient pas connues à l’issue de son sommet organisé à Abuja, la capitale du Nigeria.
Le président du Nigeria Bola Ahmed Tinubu a appelé le nouveau dirigeant sénégalais Bassirou Diomaye Faye à endosser le rôle d'”émissaire” auprès du Mali, du Burkina Faso et du Niger, sans donner plus de détail.

Le chef de la Commission de la Cedeao, Omar Alieu Touray, a prévenu dimanche que les trois pays risquaient l'”isolement diplomatique et politique” et la perte de millions d’euros en investissements. Leurs ressortissants pourraient également devoir obtenir des visas pour voyager dans la région, a-t-il dit, sans préciser quand la mesure pourrait prendre effet.

La rupture va aussi aggraver l’insécurité régionale et entraver l’établissement d’une force régionale, a ajouté M. Touray.

“En dehors des nombreuses menaces liées à la paix et à la sécurité ainsi que les défis liés à la pauvreté, notre région est également confrontée aux risques de désintégration”, s’est-il alarmé.

“Puissances étrangères”
Les dirigeants militaires actuels du Niger, du Mali et du Burkina sont arrivés au pouvoir par des coups d’Etat ces dernières années et avaient annoncé en janvier leur départ commun de la Cedeao.

Les trois pays ont rompu avec la France, ancienne puissance coloniale, faisant partir les troupes françaises qui étaient stationnées chez eux.

Le général Abdourahamane Tiani, le leader nigérien, a appelé samedi à construire “une communauté éloignée de la mainmise des puissances étrangères”.

Il a aussi affirmé que les peuples des trois pays avaient “irrévocablement tourné le dos à la Cedeao”, rejetant les appels du bloc à rentrer dans les rangs.

Le retrait des pays du Sahel de la Cedeao a été alimenté en partie par leur accusation selon laquelle Paris manipulait l’organisation régionale et ne fournissait pas un soutien suffisant aux efforts anti-jihadistes.

Le sommet de dimanche à Abuja intervenait après l’appel de plusieurs présidents ouest-africains à la reprise du dialogue.

Il s’agit de la première réunion de ce type pour le nouveau président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui a déclaré en mai que la réconciliation était possible.

“Nous devons tout faire pour éviter le retrait des trois pays frères de la Cedeao. Ce serait le pire des scénarios et une grande blessure au panafricanisme que les pères fondateurs nous ont légué”, a déclaré M. Faye dimanche, appelant à “engager les réformes idoines pour adapter la Cedeao aux réalités de son temps”.

Les liens entre le Niger et la Cedeao se sont détériorés à la suite du coup d’Etat de juillet 2023 qui a porté M. Tiani au pouvoir. La Cedeao a alors imposé des sanctions et menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président évincé, Mohamed Bazoum.

Les sanctions ont été levées en février, mais les relations restent glaciales.

Force militaire

À la veille du sommet de la Cedeao, les ministres de la Défense et des Finances des pays membres se sont penchés sur le financement d’une “force régionale de lutte contre le terrorisme et de rétablissement de l’ordre constitutionnel”, proposée de longue date par la Commission de la Cedeao.

Leur projet prévoit la création d’une unité initiale de 1.500 hommes, et une proposition visait à rassembler ensuite une brigade de 5.000 soldats, pour un coût d’environ 2,6 milliards de dollars par an.

La Cedeao a déjà lancé des interventions militaires par le passé, mais sa menace de le faire après le coup d’État au Niger s’est évanouie.

Alors que le bloc est confronté à des défis régionaux, Omar Alieu Touray a averti que sa “situation financière s’amenuise”.

Malgré des informations faisant état d’un désaccord sur la reconduction du président nigérian Bola Ahmed Tinubu à la présidence de la Cedeao, ce dernier va rester en fonction, a annoncé dimanche la Cedeao.

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Commentaires (1)

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D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 1 an

GUERRE D’INFORMATION ET RESPECT DE LA SOUVERAINETÉ DES CLIENTS ET PARTENAIRES 1. QUESTIONS DE FACOLY, membre du réseau de trolls, Dogon64, supporté par la France.  Vous semblez poser des questions suite : à mon bilan et analyse du premier sommet des chefs d’états de l’Alliance des États du sahel qui s’est tenu à Niamey le 06 juillet 2024 ET  à ma proposition intitulée : PROPOSITION : De l’AES à la confédération AES et à la Fédération entre les états de la zone Sahel et ceux autour de la zone sahel, PASSERELLE ENTRE l’AES et la CÉDÉAO si les visas en provenance des pays de la  CÉDÉAO et à destination des pays de la confédération  AES et ceux à destination de la Fédération sont ou seront  supprimés. Vous semblez avoir juste parcouru cette proposition sans la comprendre entièrement. Cette proposition détaille en fait quelques étapes de progression (ce qui ne peut être considéré  comme un catalogue de voeux) pour la création d’une fédération entre les pays du sahel et autour du sahel en partant de l’AES et de la confédération AES. Déjà en moins d’un an (huit mois ) ont été institutionnalisées l’AES et la confédération  AES. Je propose la création  de la fédération, entre les pays de la zone sahel et ceux autour de cette zone, entre 2025 et 2030. À travers des consultations incluant des citoyens AES, des experts affineront, modifieront éventuellement, et valideront cette proposition avant la validation des ministres et celle du prochain collège (qui se tiendra dans un an) des chefs d’états de l’AES et de la confédération AES. Cette proposition nécessite le consensus et l’entente entre les partenaires, les acteurs et le peuple à  travers ses représentants.  Vous voyez que la démocratie est utilisée pour établir des choix judicieux consensuels et adaptés  à la majorité. Certaines concertations, consultations et consensus exigent des votes. Le dialogue national inclusif est souvent utilisé  pour établir de tels consensus et choix. Au Mali, j’étais l’Expert de la méthodologie inclusive qui avait été utilisée pour valider en 2017, 2019 et 2021 le dialogue national inclusif au Mali.  Ce n’est pas la dictature qui guide les experts dans leurs choix techniques et qui déterminent les choix des citoyens et des communautés. En plus de tout cela, nous avons nos mécanismes endogènes de validation de nos choix et de nos décisions. Les référendums viennent en plus pour impliquer tout le peuple. Par exemple, après des consultations régionales et nationale, un référendum a été utilisé pour valider la constitution du Mali en 2023. C’est ainsi qu’au sein des pays AES fédérés et des pays du sahel et autour du sahel fédérés sera validée plus tard la constitution fédérale de la fédération entre pays du sahel et autour du sahel. Respectons les souverainetés des autres, leurs choix et leurs besoins. C’est ce type de respect, ce type de consensus et ce type d’entente qui font défaut dans les partenariats qu’établit la France avec ses partenaires et ses clients.  Après son auto-critique, dans la nouvelle politique africaine de la France, elle tient à changer, à respecter les souverainetés de ses clients, à s'adapter aux besoins de ses clients, de ses partenaires et à les mettre en avant. À travers vos questions, tout en essayant de comprendre, vous vous mettez à nu  et transparait, malgré  vous, la voie tracée par votre  maître Macron. Alors que je fais une proposition pouvant rapprocher et éviter les tensions entre l’AES et la CÉDÉAO, mais éventuellement aussi entre leurs partenaires, à travers la création d’une fédération des états du sahel et autour du sahel qui permettra une construction sereine d’une intégration sous-régionale mais aussi régionale connectées à l’international, vous trouvez un moyen de créer des hostilités entre elles et entre puissances partenaires, naturellement en voulant mettre en exergue la divergence entre la France (supportant la CÉDÉAO) et la fédération de Russie (supportant l’AES). Vous dites même qu'à travers ces partenariats, on se livre aux puissances mondiales, ce qui fait de notre sous-région un terrain de batailles. je vous rappelle que les partenariats de l’AES obéissent aux principes rappelés ci-dessous. Ce qui fait que les hostilités  que vous sous-entendez n’existeront pas ou seront aménuisés. Sur le terrain de bataille, il n’y a pas photo. La France est honnie par les pays de l’AES et plusieurs autres pays Africains tandis que la fédération de Russie attire de plus en plus de pays Africains dont les pays de l’AES avec lesquels elle collabore en acceptant les principes (respect de leurs souverainetés, de leurs choix de partenaires stratégiques et des besoins de leurs peuples) mis en avant par ces derniers. La France ayant torpillé ces principes et ayant imposé à ses partenaires son influence et son diktat par la force à travers souvent son hard power et sa stratégie de partenariat contraignante (elle se met tout le temps en avant en faisant assumer à ses partenaires les déboires en cas d’éventuels problèmes et/ou incompréhensions) contrairement à la Russie qui respecte ses partenaires et agit intelligemment et en douce via son soft power (négociation, compromis et entente). 2. TROLLS Français Encore de retour ces trolls français du réseau Dogon64 qui errent désespérément  d'un réseau à un autre en tentant de perturber la quiétude des internautes à travers des discréditations et des diffamations, voire des tentatives de déstabilisations des pays de l'AES.  Malgré qu'ils aient été battus lors des différentes confrontations entre la France et les pays de l'AES, les membres du réseau Dogon64, en tant que trolls français, tiennent désespérément des rampes sur les réseaux sociaux en passant d'un réseau à un autre pour faire croire que la France continue de peser dans ces pays de l'AES, peine perdue.  Comme l'avait reconnu le Président Français, SE Macron, la France a perdu aussi la guerre d'information et de communication devant la fédération de Russie.  La tentative désespérée de prendre des trolls français, après avoir essayé les ambassadeurs, qui l'avaient rejeté, était aussi vouée à l'échec car ils (les trolls français)  amplifient le sentiment anti-France de par leurs métiers de propagandistes, de manipulateurs, de diffamateurs, de discréditeurs, d'escrocs et de déstabilisateurs. Respectez-vous. Respectez la France que vos actions discréditent. 3. CONCLUSION Je vous remercie Facoly pour votre quête pour la compréhension de ce que veulent faire vos anciens partenaires et clients. La meilleure critique se base sur la vérité et découle d’une meilleure compréhension du contexte géopolitique et géostratégique. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Président de l’ONG Tilwat International  Expert , Gouvernance et  Sécurité  Email : [email protected]  TEL : 00336 76665673