samedi 21 février 2026
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Burkina-Côte d’Ivoire : un nouveau défi pour la Cédéao et l’AES

Par Apanews 830 vues
Burkina-Côte d’Ivoire : un nouveau défi pour la Cédéao et l’AES

La mort controversée d’un cyberactiviste burkinabè en détention à Abidjan exacerbe les tensions entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Alors que des négociations sont en cours entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel (AES), cette crise bilatérale risque de fragiliser davantage la stabilité politique et économique de la sous-région.

La mort controversée du cyberactiviste burkinabè Alain Christophe Traoré en détention à Abidjan ravive une crise diplomatique lourde de conséquences entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Cette nouvelle crise intervient à un moment crucial où des pourparlers sont engagés entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Alliance des États du Sahel (AES), formation récemment créée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, marquant une fracture profonde au sein de la région.

La tension née de ce décès assimilé lundi par Ouagadougou « d’assassinat crapuleux », et marqué par une communication jugée « indigne », menace d’affaiblir davantage le fragile dialogue politique et institutionnel en cours. En effet, les trois pays de l’AES ont récemment quitté une réunion importante sur la présidence tournante de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) faute d’accord, illustrant déjà des divergences internes et des difficultés à trouver un terrain d’entente avec les structures régionales où la Côte d’Ivoire joue un rôle central, notamment via l’UEMOA et la gestion du franc CFA.

Dans ce contexte, la défiance affichée du Burkina Faso vis-à-vis de la France, garante du franc CFA et partenaire majeur des institutions monétaires ouest-africaines, alimente une dynamique de rupture. Or, la Côte d’Ivoire reste un interlocuteur incontournable dans ces mécanismes, ce qui rend la crise bilatérale particulièrement explosive et susceptible de rejaillir sur la stabilité de l’ensemble de l’espace ouest-africain.

Alors même que la Cédéao a mis en place une troïka ministérielle pour piloter les discussions post-retrait avec l’AES et garantir la gestion des conséquences institutionnelles, sécuritaires et économiques de cette rupture, les tensions entre Ouagadougou et Abidjan risquent d’entraver la bonne conduite de ces négociations. Le rejet par le Burkina Faso de la thèse du suicide d’Alino Faso et ses exigences de transparence totale sur cette affaire viennent durcir le climat, menaçant de compromettre la confiance nécessaire à la réconciliation.

La situation illustre ainsi une double fracture : entre les pays sahéliens qui veulent affirmer leur autonomie politique et économique en quittant la Cédéao, et les États côtiers comme la Côte d’Ivoire, soucieux de préserver la stabilité monétaire et institutionnelle régionale. En ce sens, cette crise bilatérale pourrait amplifier les tensions dans une sous-région déjà marquée par des conflits sécuritaires et des recompositions diplomatiques.

Si la Cédéao appelle au dialogue et à la réintégration des États sahéliens, et que l’AES insiste sur la souveraineté et la gestion autonome de ses affaires, la mort d’Alino Faso constitue un point d’achoppement dramatique susceptible de retarder ou d’entraver toute avancée politique. La région se retrouve donc à un carrefour délicat où la gestion de cette crise bilatérale aura un impact direct sur la stabilité, la cohésion et l’avenir de l’intégration ouest-africaine.

........APA

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