samedi 21 février 2026
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Le Sénégal divisé sur la révision de la loi d'amnistie

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Le Sénégal divisé sur la révision de la loi d'amnistie

Les Sénégalais demandent que la révision de cette loi vise à unir le pays plutôt qu'à le diviser, en évitant d’innocenter sélectivement certains individus.

Entre mars 2021 et mars 2024, ils seraient plus de 60 à avoir perdu la vie au Sénégal dans les manifestations violentes entre les forces de l'ordre et des civils, principalement de l'opposition.

Durant cette période, le pays a en effet connu des troubles ayant entraîné des crimes, notamment des meurtres, la torture ou encore des pillages… 

À l'origine de cette situation, la contestation d'un éventuel troisième mandat du président de l'époque, Macky Sall.

Mais en mars 2024, quelques jours avant de quitter la présidence, ce dernier a dit vouloir apaiser le pays et réconcilier les Sénégalais. La promulgation par la suite d'une loi d'amnistie fait que certaines personnes accusées d'avoir participé aux crimes n'ont pas eu à répondre de leurs actes. 

Deux poids et deux mesures de tout bord ?

Moussa Diao, professeur émérite de Sciences Po à l'université Gaston Berger du Sénégal, fait remarquer que cette loi d'amnistie a profité au camp de l'ancien président.

"C'est le président Macky Sall qui a fait voter cette loi d'amnistie pour en fait protéger ceux qui sont de son camp qui sont impliqués dans ces tueries qui ont eu lieu pendant les manifestations de mars 2021 à mars 2024", estime-t-il.

Alors qu'au Parlement dominé par le Pastef du président Diomaye Faye, les députés doivent trancher au sujet de l'abrogation partielle de cette loi, certains estiment que, si des poursuites judiciaires devaient suivre à l'avenir, la neutralité doit s'imposer. 

"Les manifestants de l'opposition ont aussi été auteurs de crimes, parce que ce ne sont pas seulement les forces de défense et de sécurité qui ont commis des crimes, mais tout cela, c'est peut-être à la justice de le déterminer", rapplelle Ahmed Dieme, chercheur sur des questions de sécurité.

Il poursuit en disant que "quand on se lance dans une loi interprétative, il faudrait qu'elle touche l'ensemble de tous les crimes commis à la fois par les forces de défense et de sécurité et par les civils".

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