Algérie : l’appel d’une centaine de personnalités contre le régime autoritaire de Tebboune
Un appel au peuple signé par une centaine de personnalités, notamment des responsables politiques d’opposition, a été lancé en Algérie. Il demande plus de liberté, d’égalité et de justice dans un contexte de répression politique grandissante.
Abdelmadjid Tebboune trébuchera-t-il de son trône ? L’actuel président algérien, issu du sérail de son prédécesseur Bouteflika, gouverne d’une main de fer l’Algérie. Réélu avec 84 % des voix en 2024, Tebboune fait aujourd’hui face à une contestation grandissante dans un contexte de répression des opposants politiques.
Ce mercredi 20 août, à l’occasion du 69e anniversaire du congrès de la Soummam, réunion déterminante entre les chefs du FLN, un appel a été lancé au peuple algérien par plusieurs dizaines d’acteurs issus de la société civile. « Les aspirations populaires exprimées par le mouvement de février 2019, qui a fait sien l’esprit de la Soummam, n’ont toujours pas trouvé de réponses à la hauteur de l’élan citoyen qui les a portées. », affirme le communiqué.
Les auteurs de ce texte sont divers et variés. Politiciens, chefs d’entreprise, militaires… Atmane Mazouz du parti Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, ainsi que Malek Sadali du mouvement Militants et anciens cadres du Front des Forces Socialistes, sont eux aussi signataire.
« L’espace public reste verrouillé, la parole démocratique étouffée et la souveraineté populaire confisquée par un système politique qui persiste sans légitimité réelle, utilisant le conservatisme et l’obscurantisme comme remparts. Il est temps de renouer avec la promesse de la Soummam : celle d’un État républicain, civil, ni militaire ni théocratique, fondé sur la justice sociale, l’égalité et la dignité pour toutes et tous, sans distinction de genre, de langue, de confession ou de statut social », assènent les auteurs de l’appel.
Plus de justice et de liberté
Ces derniers demandent notamment « l’égalité en droits entre l’homme et la femme », ainsi que la « valorisation des diversités culturelles de l’Algérie ». Le communiqué pose plusieurs réclamations. Parmi elles figure la libération des détenus politiques, qui sont nombreux à croupir dans les geôles d’Alger – à l’image de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Il est également demandé l’abrogation des « lois liberticides », ainsi que la mise en place d’une « justice indépendante »
« Nous appelons les Algériennes et les Algériens, les mouvements civiques, les intellectuels, les artistes, les syndicats et la diaspora, à s’unir autour de cette déclaration pour amorcer un changement en vue de s’engager dans une mutation démocratique crédible et unitaire, inspirée par la grande convergence patriotique du congrès d’août 1956 », lancent les rédacteurs de l’appel.
Président du RCD, Atmane Mazouz fait partie des rares voies dissidentes influentes en Algérie. Dans une interview récemment accordée à Marianne, il explique avoir voulu « ouvrir une brèche dans le mur de silence imposé par le pouvoir ». Plusieurs militants de son parti ont d’ailleurs été arrêtés par la police algérienne, affirme le politicien, qui appelle de ses vœux à former une Algérie « indépendante, démocratique, et laïque ».