Souveraineté Économique : Le Gouvernement impose le "Consommer Malien" dans l'administration
Dans une circulaire datée du 13 février 2026, le Ministre de l’Économie et des Finances a instruit l’ensemble des départements ministériels de réorienter la commande publique vers la production locale. Cette mesure, qui s'inscrit dans la droite ligne des recommandations des Assises Nationales de la Refondation (ANR), marque une étape décisive pour le soutien aux PME nationales.
Le message de l'hôtel des finances est clair : l'État doit être le premier moteur de l'économie nationale. Sous la référence N° 00313/MEF-SG, la nouvelle directive précise les segments de la commande publique qui sont désormais réservés exclusivement aux produits « Made in Mali ».
Trois domaines clés pour la production nationale
Pour l'exercice budgétaire 2026, la priorité est donnée à trois catégories majeures de produits :
-L’ameublement et la décoration : Les cabinets ministériels devront désormais s’équiper de meubles fabriqués localement, ainsi que de tableaux et tissus décoratifs (rideaux, parures) issus de l’artisanat malien.
-L’agroalimentaire : Fini l'importation systématique pour les pauses-café et réceptions. Le thé, les jus de fruits et les boissons naturelles produits au Mali deviennent la règle.
-Les produits d’hygiène : Savons (solides, liquides, poudre), détergents et papiers hygiéniques devront être sourcés auprès des unités industrielles locales.
Un investissement de 100 millions de FCFA par ministère
Afin de garantir l'impact de cette mesure, le Ministre de l'Économie et des Finances a demandé à chaque département ministériel de réserver une enveloppe globale de 100 000 000 FCFA dans leurs budgets respectifs pour l'année 2026.
Les ministères ont jusqu’au 20 février 2026 pour identifier et transmettre les lignes budgétaires sur lesquelles ces dépenses seront imputées. Cette rigueur dans le calendrier témoigne de la volonté du gouvernement de passer rapidement des paroles aux actes.
La Refondation par l'économie
Cette initiative n'est pas fortuite. Elle répond à une recommandation majeure des Assises Nationales de la Refondation (ANR) : "Mettre en place une politique de consommation des produits locaux". En orientant la commande publique vers les Petites et Moyennes Entreprises (PME) de droit malien, les autorités visent plusieurs objectifs : soutenir l'emploi local, réduire la dépendance aux importations, renforcer le sentiment de patriotisme économique.
Une liste détaillée des produits éligibles ainsi qu'un répertoire des prestataires retenus seront communiqués prochainement aux différents services. En attendant, cette circulaire sonne comme un signal fort envoyé aux entrepreneurs locaux : l'État malien est désormais leur premier client.
A.Ouattara/Malijet.com