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Candidature d’Alpha Condé en Guinée : ses partisans applaudissent, ses opposants menacent

Par RFI 146 vues
Candidature d’Alpha Condé en Guinée : ses partisans applaudissent, ses opposants menacent
Alpha Condé (au centre) en campagne dans les rues de Conakry, le 8 octobre 2015. RFI/Guillaume Thibault

C’est désormais officiel, le président Alpha Condé, est candidat à la présidentielle en Guinée. L’élection est prévue le 18 octobre. Malgré des mois de contestation contre cette candidature pour un troisième mandat, le président sortant maintient ses ambitions. Son parti défend logiquement sa décision de se représenter, l’opposition préparer déjà ses actions pour protester.

Contrairement à 2010 et 2015, cette fois-ci, Alpha Condé n’a pas fait d’allocution pour annoncer sa candidature. C’est son parti qui s’en est chargé. Dans l’entourage d’Alpha Condé, on explique qu’il y a un parallélisme des « formes » : c’est son parti qui était demandeur, il revenait au RPG Arc-en-ciel, d’annoncer sa candidature.

Ses soutiens espèrent désormais le voir achever des chantiers. « Sa première mandature et sa seconde ont été entrecoupées par Ebola et le Covid-19, sans compter les manifestations politiques qui ont émaillé tout le long de ses deux mandats, argumentePapa Koly Kourouma, le porte-parole de la Codecc, la Convention démocratique pour le changement dans la continuité. Nous pensons qu’il faut ce mandat pour pouvoir finaliser ses travaux. Il est donc avantageux pour nous puisque la loi lui permet d’être encore là pour finir ce qu’il a commencé. »

Manifestation, à Conakry, baptisée « marche de l’ultimatum » contre le porjet de réforme de la Constitution qui pourrait ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président guinéen Alpha Condé, le 6 janvier 2020. CELLOU BINANI / AFP

Appel à la Cédéao

Pour les soutiens du chef de l’État, les compteurs redémarrent à zéro avec la nouvelle Constitution. La classe politique n’a pas tardé à réagir. Peu surpris par cette annonce, l’opposant Bah Oury dénonce « une fuite en avant ».

 

Le FNDC (opposition et société civile) condamne cette candidature et appelle à « l’union sacrée» contre un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé, qui symbolise un recul de la démocratie aux yeux d’Ibrahima Diallo, chargé des opérations du FNDC. « Alpha Condé, qui revendique un combat de 40 ans pour la démocratie, aujourd’hui se dédie, renie tout son combat et accepte aujourd’hui de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Les manifestations vont reprendre effectivement contre la confiscation du pouvoir contre le coup d’État constitutionnel. C’est également un appel que nous allons lancer à la Cédéao à travers ces manifestations pour dire que, pour éviter le scénario malien, il faudrait vraiment que la Cédéao puisse prendre ses responsabilités et demander à monsieur Alpha Condé de retirer sa candidature, et renoncer à son troisième mandat pour la paix et la quiétude sociale en Guinée »

Cellou Dalein Diallo candidat ?

Le FNDC annonce la reprise des manifestations, mais avant cela, cette plateforme de l’opposition et de la société civile doit clarifier les choses en interne. Une réunion du comité de pilotage du FNDC a lieu ce mardi après-midi. Chaque leader politique doit dire s’il se lance ou non, dans la course à la présidentielle.

On devrait notamment savoir si Cellou Dalein Diallo est candidat. Mais s’il décide d’y aller, il risque de perdre le soutien du FNDC, puisque la plateforme est ferme sur ce point : tout candidat à la présidentielle est automatiquement exclu. Car le FNDC estime que c’est tout le processus électoral qui est biaisé, qu’il est donc impossible de manifester à ses côtés, contre une candidature du chef de l’État, tout en battant campagne.

 

 

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Commentaires (2)

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I
Ibrahima SENE PIT/SENEGAL il y a 5 ans

Guinée- Côte d’Ivoire : Il faut désamorcer la bombe avant qu'il ne soit trop tard ! La crise politique en Guinée et en Côte d'Ivoire s'est ajourd'hui focalisée autour d'un « troisième mandat" que les Présidents sortants, Alpha Condé et Alassane Dramane Ouattara, ont décidé de briguer, en s'accrochant sur l'avis de leurs hautes juridictions constitutionnelles, seules légalement compétentes de décider de la validité des candidatures. L'opposition et la société civile les plus significatives dans ces ceux pays, leur contestent ce « Droit », qu'elles jugent inconstitutionnelle, comme cela fut le cas au Sénégal avec Abdoulaye Wade pour la Présidentielle de 2012. Au Sénégal, malgré une forte mobilisation (jonchée de mort d’hommes), des partis d'opposition et de la société civile qui se sont regroupés au sein du « Mouvement du 23 Juin » (M23), il a été impossible d'empêcher le Président Wade de déposer sa candidature et de la voir validée par le Conseil Constitutionnel. En Guinée, où l'opposition et la société civile s'est retrouvée au sein d'un large " Front National pour la Démocratie et la Citoyenneté" (FNDC) est en train de vivre le même scénario que le Sénégal en 2012. Dans ce pays, il est peu probable que le Conseil Constitutionnel invalide la candidature du Président sortant Alpha Condé, surtout que, comme cela fut le cas au Sénégal, les grandes puissances occidentales ne demandent que de se référer à cette juridiction pour trancher le débat sur la constitutionnalité de cette candidature et de tenir des élections crédibles. Face à une telle perspective, en l'absence d'un candidat unique de l'opposition, le FNDC peut -il jouer le rôle du M23 dans l'organisation et la surveillance du déroulement du scrutin du 18 octobre prochain, pour y assurer la transparence requise, qui avait amené le Candidat Wade à un second tour qu'il a perdu, grâce à l'appui des autres candidats regroupés dans un nouveau front dénommé " BBY" ? Il est donc indéniable que l'avenir paisible du prochain scrutin en Guinée pour préserver la stabilité du pays et la sécurité des citoyens, dépend largement du FNDC. C'est pour cela que les menaces qui planent sur son unité depuis l’annonce de la candidature de Céliou D. Diallo, devraient être conjurées à tout prix. En effet, le FNDC a permis à l'opposition en Guinée de dépasser en son sein, les clivages ethniques qui l'ont longtemps plombée, alors que le Parti du Président Alpha Condé, le RPG, a réussi ce dépassement en son sein. Les luttes de l'opposition au sein du FNDC, contre le régime, ne pouvaient plus être taxées « d'éthnicistes ». Au contraire, elles étaient perçues comme des luttes pour un avenir national, républicain, démocratique, et citoyen du peuple de Guinée, contre un pouvoir devenu véritablement despotique et sanguinaire. Ainsi, avec la dislocation du FNDC, l'opposition guinéenne risque de retomber dans ses réflexes éthnicistes en se crêpant les chignons. Cela va baliser la voie à un « troisième mandat » issu des urnes pour Alpha Condé, avec tous les risques de violences ethniques, de déstabilisation du pays, et d'insécurité pour les peuples de Guinée, du Sénégal, du Mali, et de la sous-région. Ainsi l'opposition guinéenne, quelque soient leurs divergences sur la participation à la Présidentielle d'Octobre 2020, devrait tout faire pour conserver le FNDC, pour lui faire jouer le rôle admirablement joué par le M23 du Sénégal, pour créer les conditions qui devraient obliger Condé à aller à un second tour, qui devrait l'empêcher d'avoir, par les urnes, un « troisième mandat ». Pour ce qui est de la Côte d'Ivoire, il n'y a pas l'équivalent d'un M23 ou d'un FNDC. Les Partis d'opposition et la société civile les plus significatifs se sont polarisés autour de fortes personnalités qui jusqu'ici, ont des problèmes pour dépasser leurs contentieux historiques, rendant leurs luttes individuelles incapables de barrer la route au Président sortant, décidé à briguer un " troisième mandat ». En outre, l'exclusion de Gbagbo et de Soro de l'élection présidentielle d'Octobre prochain, devrait être l’occasion pour des retrouvailles de leurs amis derrière N’Guessan et Bédié respectivement, afin de créer deux pôles en mesure de développer des synergies, pour créer les mêmes conditions d'organisation et de suivi du scrutin, solidairement dans tout le pays, en l'absence d'un M23 ou d'un FNDC. Pour cela, il faudrait que Gbagbo et Soro surmontent leurs aversions personnelles envers eux, en privilégiant, non seulement l’intérêt supérieur du peuple Ivoirien et la stabilité dans notre sous-région, mais aussi, pour le recouvrement de leur propre liberté et de leurs droits civiques. Il n’y a donc pas de fatalité pour voir Condé et Ouattara obtenir un « troisième mandat » par les urnes, pour peu que les leaders de l’opposition surmontent leurs vieux démons ! Ne laissons donc pas le « pouvoirisme » aveugler les leaders des partis d’opposition dans les pays de notre sous- région, qu’entretient le régime présidentiel, comme la nuée porte la pluie. Ibrahima SENE PIT/SENEGAL Fait à Dakar le 2 Octobre 2020

A
Anonyme il y a 5 ans

L'armée Guinéenne doit venir se former à kati par la génération GOITA pour aller bien frapper fort Alpha Condé pour lui mettre la puce à l'oreille. Ne lui laissé pas au pouvoir, deux mandats ce sont ses limites, c'est la dictature. Alpha Condé et Alassane Ouattara sont des dictateurs.