Les lauréats de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon 2020
Sept ans après l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal dans le nord du Mali, RFI a attribué la bourse portant leurs noms au jeune journaliste camerounais Charles Donatien Abossolo Oba et au technicien burkinabè Romain Bouda.
À situation sanitaire exceptionnelle, remise de prix inédite. C’est par téléphone dans l’émission 7 milliards de voisins, diffusée ce lundi et présentée par Emmanuelle Bastide que les noms des deux lauréats de la septième édition a été annoncé. Du jamais vu depuis la création en 2014 de la bourse hommage aux deux reporters de RFI assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal et qui récompense un jeune journaliste radio et un jeune technicien de reportage.
Les deux lauréats ont été choisis à l’issue de trois semaines de formation à distance, dispensée par l’Académie France Médias Monde. Afin de départager les 20 professionnels (10 techniciens et 10 journalistes) venant de 13 pays du continent africain choisis parmi plus de 300 candidatures, il a été demandé aux journalistes de réaliser un reportage sur le thème « dialogue et tolérance », tandis que les techniciens ont préparé un sujet sur le thème « les petits métiers de la rue ».
Qui sont Charles Donatien Abossolo Oba et Romain Bouda ?
Charles Donatien Abossolo Oba, 29 ans, journaliste à la Cameroon Radio Television (CRTV) est ressorti vainqueur dans la catégorie « journaliste ». Ce titulaire d’une licence professionnelle en journalisme de l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la Communication (ESSTIC) de Yaoundé s’est distingué, par la clarté de son travail, son professionnalisme et la multiplicité et la qualité des témoignages recueillis dans le reportage de 3m30sec qu’il a choisi de focaliser sur la question de la polygamie à Ebolowa (Sud du Cameroun).
Romain Bouda, a quant à lui, remporté le prix dans la section « technicien ». Originaire du Burkina Faso, ce titulaire d’un diplôme de Conseiller en Sciences et Techniques de l’information et de la communication, de 32 ans est actuellement technicien à la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB). Le jury a salué à l’unanimité la grande maîtrise technique de son « tout sonore » qui plonge littéralement l’auditeur dans l’ambiance d’un atelier de réparation de motos d’une rue de Ouagadagou.

« Une méthode de résilience qui honore de façon vivante la mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon »
Si cette édition 2020 n’a pas pu se faire dans les conditions habituelles, cette bourse reste « une méthode de résilience qui honore de façon vivante la mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon », estime Marie-Christine Saragosse, la présidente de France Médias Monde pour qui il était inenvisageable d’annuler malgré la pandémie de Covid-19. « À la simple idée qu’on n’ait pas pu le faire, toutes les imaginations se sont mises en œuvres », a-t-elle raconté au micro d’Emmanuelle Bastide. « On est frustré de ne pas être physiquement présent (sur le continent, NDLR), mais il y a aussi cette dimension panafricaine qui compense (…) On s’est adressé à 25 pays d’un seul coup ».
Une ouverture exceptionnelle à l’ensemble des pays d’Afrique francophone qui a inspiré les jeunes professionnels. Cette septième bourse a enregistré plus de 300 candidatures. Avec un niveau d’exigence important qui a donné lieu à des débats exceptionnellement longs et parfois houleux pour départager plusieurs reportages de grande qualité dans la catégorie journalistes. L’occasion pour l’éditorialiste Jean-Baptiste Placca de rappeler que le reportage « n’est pas un rapport de gendarmerie (…) Un reportage, c’est amener les auditeurs à vivre un évènement, comme s’ils y étaient. Vous les transposez sur le terrain. »Comme le faisaient, avec passion, Ghislaine Dupont et Claude Verlon.