vendredi 17 avril 2026
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Mali : l’opposition quasi unanime en faveur d’un désengagement de la France

Par AFP 256 vues
Mali : l’opposition quasi unanime en faveur d’un désengagement de la France

Maintien, retrait, réduction des troupes… Exigé par l’opposition, un débat sur la présence française au Mali devrait se tenir prochainement au Parlement, alors que les tensions s’accentuent.

 

Après l’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali par la junte au pouvoir, l’opposition est quasi unanime en faveur d’un désengagement progressif de ce pays d’Afrique de l’Ouest et a obtenu un débat au parlement en pleine campagne présidentielle.

« Le Parlement évidemment mérite d’être parfaitement informé » et « le gouvernement organisera un débat » sur « ce sujet extrêmement important », a annoncé ce mercredi le Premier ministre Jean Castex au Sénat, pressé par l’opposition qui a dénoncé une « humiliation ».

À 67 jours du premier tour, la situation au Sahel s’est invitée dans la campagne, dans un contexte d’extrême tension entre Paris et Bamako depuis un premier putsch en août 2020 puis en mai 2021, sur fond de déploiement de mercenaires russes dans ce pays du Sahel et après le renvoi du contingent danois de l’opération internationale antijihadiste Takuba.

« Un pays qui nous humilie », selon Zemmour
Engagée militairement contre le terrorisme au Mali et au Sahel depuis 2013, notamment avec les forces Barkhane, « la France a perdu une influence folle en Afrique », estime Marine Le Pen, pour qui le comportement du Mali doit susciter « une réponse extrêmement ferme » de la part de Paris.

La candidate RN, qui considère que « si le gouvernement malien souhaite faire appel à d’autres États (comme la Russie, ndlr) pour assurer sa défense, il en va de sa souveraineté », a de nouveau suggéré mardi de « mettre fin à l’aide internationale à destination du Mali ».

« Nos soldats meurent pour un pays qui nous humilie », a dénoncé lundi son concurrent à l’extrême droite Éric Zemmour. Un soldat français est mort samedi 29 janvier au Mali dans une attaque au mortier, le 53e tué au combat au Sahel depuis 2013.

Mélenchon, Roussel et Jadot, pour un départ
De son côté, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon a dit le « chagrin » que lui inspire la situation. « Nous avons perdu plus de 50 personnes là-bas, nous finissons dans un imbroglio qui n’est pas digne », a-t-il regretté mardi lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense (AJD).

Depuis longtemps hostile à la présence de troupes françaises au Mali, le candidat LFI considère que « tout cela est très mal engagé et qu’il faut se retirer de là ».

Le candidat PCF Fabien Roussel a également plaidé pour « sortir » du Mali « de manière progressive ».

Yannick Jadot, le candidat écologiste, a aussi préconisé sur RTL mercredi le « repli de nos soldats sur d’autres pays » et que ceux au Mali soient maintenus « dans les camps, les casernes ».

Pécresse et Hidalgo favorables au maintien de la présence française
À droite, la candidate LR Valérie Pécresse a critiqué un manque d’anticipation de l’exécutif. « Il ne faut pas quitter le Sahel mais la question de notre maintien au Mali est clairement posée », a-t-elle déclaré mercredi sur CNews, martelant qu’on « n’a pas vocation à rester dans un pays qui ne veut pas de nous ».

La candidate PS Anne Hidalgo a pour sa part mis en avant lundi sur RTL la nécessité de « maintenir » une présence française au Mali, pour « notre sécurité », même si elle n’a pas nié qu’il faille « adapter » cette présence.

La France va continuer à réduire la voilure
Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait rappelé mardi que la France avait « progressivement réduit la voilure » et qu’elle allait « continuer à le faire » puisque les forces Barkhane passeront de 5 000 hommes à l’été 2021 à 3 500-4 000 à l’été 2022.

À l’issue du Conseil des ministres, il a fustigé « des propos d’estrade » sur des « sujets graves » de candidats, citant ensuite Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Éric Zemmour, qui « probablement se disent que, pour construire une stature présidentielle il faut avoir des propos forts sur la situation internationale ».

Berlin plaide aussi pour une réévaluation de la situation
Gabriel Attal a notamment ironisé après avoir vu « une candidate se scandaliser que nous ne renvoyions pas l’ambassadeur du Mali en France alors qu’il n’y a plus d’ambassadeur du Mali en France depuis deux ans », en allusion à Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

« D’ici la mi-février on va travailler avec nos partenaires pour voir quelle est l’évolution de notre présence sur place » et « prévoir une adaptation », a précisé Gabriel Attal, tandis que Berlin a aussi affirmé ce mercredi que l’engagement militaire des Européens au Mali devait être réévalué.

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Commentaires (3)

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T
TellyOziris il y a 4 ans

Le retrait est la meilleure chose à faire après 9 ans de présence sans résultats. Raison pour laquelle le Mali ne veut plus de vous, le lien de confiance est brisé. À votre arrivée les GAT étaient au Nord seulement et on parlait d'insécurité résiduelle, aujourd'hui les GAT sont au centre et au sud. Le "cancer" que vous disiez pouvoir soigner a atteint tout le corps. Vous avez perdu 53 hommes en combattant le terrorisme, donc pour votre intérêt aussi, nous avons perdu des milliers en défendant la France lors de guerres conventionnelles. De grâce, ne vous entêtez pas, soyez logiques et sincères. Ce n'est plus la période coloniale. Tout porte à croire que la France ne veut pas quitter le Mali, l'enjeu ou l'intérêt géopolitique est de taille. Voici à peu près ce qu'un commandant de Barkhane avait dit à ces troupes: "Il y a 100 ans nous étions venus ici au Sahel, nous sommes partis il y a 60 ans, nous sommes de retour pour 100 ans". Cela expliquerait l'entêtement, la nonchalance et l'inefficacité de Barkhane. Les autorités maliennes ont compris le sarcasme et le double jeu, elles choisissent des partenaires et une stratégie politique qui ne conviennent pas à Paris qui s'acharne et dénigre les autorités légitimes. Paris a du mal à accepter de perdre le Sahel et son influence en Afrique. Ce ne sont pas les autorités, mais bien le peuple souverain qui chassera Barkhane.

C
cissé il y a 4 ans

Voilà des pays démocratiques, qui n'hésitent pas à utiliser la position géostratégique, pour s'en prendre à un pays souverain comme le Mali, à cause d'une élection présidentielle. Pourquoi vouloir toujours en imposer aux plus faibles qui doivent nécessairement suivre les désidératas des plus forts ? C'est la honte de ce siècle. MALIBA

D
Diawara il y a 4 ans

TOUS LES MENACES ISOLÉMENT SANCTIONS NI CHANGERONT RIEN CAR LE MALI EST RÉSOLUMENT ENGAGÉ DANS UN PROCESSUS D'ÉMANCIPATION ET DE LIBÉRATION TOTALE . LE MAINTIEN DE BARKHANE DEMANDER PAR ANNE HIDALGO ET LES PLAINTES DE M. LE PEN ET AUTRES SALADES DE ZEMMOUR TOUT ÇA ON EN A CURE . TOUT CE QU'ON A DEMANDÉ C'EST LE RESPECT RAISON POUR LAQUELLE L'AMBASSADEUR EST EXPULSÉ POINT. D'AUTRES PARTS J'AI SUIVI LA DÉCLARATION DE MOHAMED BATHILY QUI EST TOUJOURS DANS LA DÉMAGOGIE ET L'OPPORTUNISME VOUS SAVEZ LÀ OÙ ON EN EST LE MALI N'A PAS BESOIN DE MANDATER UN MÉDIATEUR POUR ALLER DANS UNE COUR DE JUSTICE CEDEAO OU AUTRES CAR LE SILENCE ESTELLE D'OR ET SIGNIFIE BEAUCOUP. C'EST CEDEAO QUI A DÉCIDÉ SES SANCTIONS DANS L'ILLÉGALITÉ ET LE NON RESPECT DES TEXTES PARCEQUE MACRON L'A VOULU AINSI CROYANT QUE LE MALI VA S'ABAISSER OR C'EST MÉCONNAÎTRE CE PAYS D'UNE CIVILISATION ET HISTOIRES DE PLUS DE 4000 ANS. ALORS C'EST CEDEAO QUI VERRA SEULE LE MALI N'A AUCUN PROBLÈME ET N'IRA DEMANDER AUCUN DROIT NOUS RESTERONS DIGNES ET CONTINUERONS SUR L'OEUVRE ENTAMÉE CAR LE MALI A D'AUTRES PAYS AVEC LESQUELS IL VA CHEMINER POUR UNE NOUVELLE ORGANISATION ET NON CELLE TÉLÉGUIDÉE PAR LA FRANCE DE MACRON.