samedi 18 avril 2026
Contact
Malijet

Le coup d’Etat au Niger met-il la France en difficulté ?

Par fr.sputniknews.africa 1,482 vues

Dans un entretien accordé à Anadolu, Emmanuel Dupuy, président de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE ), revient sur plusieurs aspects du contexte nigérien, et livre son analyse des relations franco-nigériennes.

 

Le 26 juillet dernier, des militaires de la garde présidentielle se livraient à un putsch visant à prendre le pouvoir en renversant le président nigérien Mohamed Bazoum.

Depuis, au-delà des considérations de sécurité intérieure, la France cristallise l’attention, au point d’être accusée de préparer une opération militaire pour faire libérer le président déchu, toujours détenu par la junte.

Dans un entretien accordé à Anadolu, Emmanuel Dupuy, président de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE ), revient sur plusieurs aspects du contexte nigérien, et livre son analyse des relations franco-nigériennes.

– Vers un départ des troupes françaises ?

Dimanche, Niamey a été le théâtre d’une manifestation qui a vu converger plusieurs centaines de personnes arborant des pancartes et slogans anti-français, vers l’Ambassade de France.

Une partie des manifestants réclamait notamment le départ des quelques 1 500 soldats français présents au Niger dans le cadre de la poursuite des opérations de lutte contre le terrorisme menées conjointement avec le Niger et d’autres puissances étrangères.

Pour Emmanuel Dupuy, ces revendications ne sont pas à prendre au sérieux à ce stade, et visent à « orienter le débat ».

« Je ne ferai pas grand cas de ces slogans au Niger car il faut avoir en tête que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont les alliés de la France », déclare ce spécialiste de la sécurité et de la défense.

Il souligne à cet effet que jusqu’à présent, « la France est engagée au Niger, et travaille en étroite collaboration avec l’armée locale » dans les opérations antiterroristes qui sont menées.

Le président de l’IPSE note également qu’« aucune demande de départ des troupes françaises n’a été formulée » et juge qu’une telle requête ne serait « pas dans l’intérêt du Niger puisque la France protège également les approvisionnements énergétiques locaux ».

Cette position d’Emmanuel Dupuy trouve un échos particulier aux déclarations faites mercredi soir à la télévision nigérienne par le général Abdourahmane Tchiani, à la tête de la junte.

Ce dernier a en effet réagi aux évacuations de civils menées par le Quai d’Orsay en collaboration avec le ministère des Armées en assurant que « les Français n’ont aucune raison objective de quitter le pays » et « n’ont jamais été l’objet de la moindre menace ».

– La main de la Russie ?

Si de nombreux drapeaux russes ont été aperçus dans le cortège de la manifestation de dimanche, le phénomène n’est pas nouveau et s’est déjà produit ailleurs, notamment au Mali.

Interrogée à ce propos à l’antenne de BFMTV en début de semaine, la cheffe de la diplomatie, Catherine Colonna, avait jugé « possible que la Russie essaie de profiter » de la situation de manière « opportuniste » sans pour autant être impliquée dans le coup d’Etat qui a visé le président Mohamed Bazoum.

Cette analyse est largement partagée par Emmanuel Dupuy, qui considère que ce putsch « n’est pas fomenté par la Russie et n’est pas non plus le fruit d’une ingérence extérieure mais relève d’une affaire interne du Niger ».

« Il y a sans doute un effet d’opportunisme et les attaques contre la France font partie du jeu et servent à unifier la patrie contre un risque » poursuit le spécialiste, avant de noter qu’une implication de la Russie n’aurait aucun sens puisque « le Niger concentre sur son sol la plupart des ennemis de Wagner, dont des centaines de soldats américains, italiens ou issus d’autres pays européens ».

– La France peut-elle s’impliquer dans une intervention militaire ?

Dans un communiqué lu lundi à la télévision nationale par le colonel-major Amadou Abdramane, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) déclarait que « la France a tenu une réunion à l’état-major de la garde nationale pour obtenir les autorisations politiques et militaire nécessaires » pour mener une opération visant à libérer le président Bazoum, toujours détenu.

La ministre française des Affaires étrangères a rapidement démenti les faits en assurant que la seule « priorité » de la France est « la sécurité de ses ressortissants » mais n’a pas, pour autant, écarté l’éventualité d’un soutien de la France à une éventuelle opération militaire qui pourrait être menée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), se refusant à l’évoquer.

Sur ce point, Emmanuel Dupuy juge l’hypothèse « impensable » et considère que « la France n’y aurait aucun intérêt ».

« Ce serait donner des billes aux trolls russes qui voient partout la main de la Françafrique », balaie le président de l’IPSE qui estime qu’il « ne faut pas se focaliser sur Bazoum en voulant le maintenir à tout prix ».

Alors que le Niger célèbre ce jeudi 3 juillet, la fête de l’indépendance obtenue en 1960, des appels à manifester circulent et pourraient engendrer de nouvelles hostilités vis-à-vis de la France, faisant monter la tension d’un nouveau cran.

 

 

Partager:

Commentaires (7)

Laisser un commentaire

L
LeGoupil33 il y a 2 ans

Mon cher Seydou, Comme d'habitude tu racontes n'importe quoi et travestis la réalité. La France qui tu sais a aussi del'uranium dans son sous sol mais qu'elle n'exploite pas, s'approvisionne auprès de plusieurs fournisseurs. Le Niger n'est pas le plus important. Voici les chiffres (2022) des quantités importées ces 10 dernières années. Kazakhstan: 23 882 t Niger: 17 615 t Ouzbékistan: 16 792 t Australie: 12 349 t Namibie: 12 303 t Brésil 628 t Kirghizistan: 506 t Tchèquie: 120 t Hongrie:22. Sur les dix dernières années, les 88 200 tonnes d’uranium naturel importées vers la France provenaient essentiellement de quatre pays : le Kazakhstan (27 %), le Niger (20 %), l’Ouzbékistan (19 %), l'Australie (14%). En fait la France a procédé à la diversification de ses fournisseurs depuis plusieurs années et comme plus récemment avec la Mongolie. Par ailleurs le prix de l'uranium est très volatils articulé autour d'une valeur dite spot. Il n'y a pas d'OPEP de l'uranium. L'état nigérien qui détient en gros le 1/3 de la société qui exploite la mine d'Arlit renégocie régulièrement son tarif. Mais depuis le drame de Fukushima, les nouvelles politiques énergétiques il y a pléthore d'uranium sur le marché, ce d'autant que l'uranium exploité peut être recyclé. Les mines où intervient Orano sont en fin d'exploitation. Il n'est pas sûr que le site d'Imouraren (dont la teneur est pauvre en uranium même si les réserves sont énormes) soit économiquement rentable compte tenu des cours actuels. La part du Niger dans l’approvisionnement de la France est donc en train de devenir beaucoup moins importante pour 2023 elle sera de moins de 15% des 7000 t nécessaires annuellement. Le Nigériens auraient bien tort de compter sur l'uranium pour leur avenir. A court terme la seule planche de salut qui s'offre au Niger c'est l'exploitation du pétrole. Tu sais ce pipeline que le président démocratiquement élu, un certain Mohamed Bazoum), a dans sa grande lucidité fait construire. Il est actuellement pris en otage par un général qui veut garder sa villa de fonction. https://www.lemonde.******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup>/les-decodeurs/article/2023/08/03/a-quel-point-la-france-est-elle-dependante-de-l-uranium-nigerien_6184374_4355770.html

L
LeGoupil33 il y a 2 ans

Mon cher Seydou, Comme d'habitude tu racontes n'importe quoi et travestis la réalité. La France qui tu sais a aussi del'uranium dans son sous sol mais qu'elle n'exploite pas, s'approvisionne auprès de plusieurs fournisseurs. Le Niger n'est pas le plus important. Voici les chiffres (2022) des quantités importées ces 10 dernières années. Kazakhstan: 23 882 t Niger: 17 615 t Ouzbékistan: 16 792 t Australie: 12 349 t Namibie: 12 303 t Brésil 628 t Kirghizistan: 506 t Tchèquie: 120 t Hongrie:22. Sur les dix dernières années, les 88 200 tonnes d’uranium naturel importées vers la France provenaient essentiellement de quatre pays : le Kazakhstan (27 %), le Niger (20 %), l’Ouzbékistan (19 %), l'Australie (14%). En fait la France a procédé à la diversification de ses fournisseurs depuis plusieurs années et comme plus récemment avec la Mongolie. Par ailleurs le prix de l'uranium est très volatils articulé autour d'une valeur dite spot. Il n'y a pas d'OPEP de l'uranium. L'état nigérien qui détient en gros le 1/3 de la société qui exploite la mine d'Arlit renégocie régulièrement son tarif. Mais depuis le drame de Fukushima, les nouvelles politiques énergétiques il y a pléthore d'uranium sur le marché, ce d'autant que l'uranium exploité peut être recyclé. Les mines où intervient Orano sont en fin d'exploitation. Il n'est pas sûr que le site d'Imouraren (dont la teneur est pauvre en uranium même si les réserves sont énormes) soit économiquement rentable compte tenu des cours actuels. La part du Niger dans l’approvisionnement de la France est donc en train de devenir beaucoup moins imporante pour 2023 elle sera de moins de 15% des 7000 t nécessaires annuellement. Le Nigériens auraient bien tort de compter sur l'uranium pour leur avenir. A court terme la seule planche de salut qui s'offre au Niger c'est l'exploitation du pétrole. Tu sais ce pipeline que le président démocratiquement élu, un certain Mohamed Bazoum), a dans sa grande lucidité fait construire. Il est actuellement pris en otage par un général qui veut garder sa villa de fonction. https://www.lemonde.******** <sup><font color=#0066FF;>[masqué car insultes interdites sur Malijet !]</font></sup>/les-decodeurs/article/2023/08/03/a-quel-point-la-france-est-elle-dependante-de-l-uranium-nigerien_6184374_4355770.html

D
Diawara il y a 2 ans

GRANG BRAVO AU CNSP QUI À CHASSER LES MÉDIAS DE MERDES FRANCE 24 ET RFI QUI NE FONT QUE DIFFUSER LES FAUSSES ALLÉGATIONS ET INTOXIQUER. BIEN FAIT ET BON BOULOT CAR IL FALLAIT COMMENCER PAR LA GANGRÈNE.

S
Seydou il y a 2 ans

Mais non, Australie et le Kazakhstan... ont aussi de l'uranium.Eux le vendent très cher. La France s'acharne sur l'uranium du Niger comme un morpion au poil du Q. La France fixe le prix.Quel que soit le prix du marché mondial.

S
Seydou il y a 2 ans

Mais non, Australie et le Kazakhstan... ont aussi de l'uranium.Eux le rendent très cher. La France s'acharne sur l'uranium du Niger comme un morpion au poil du Q.

D
Diawara il y a 2 ans

ON AIMERAIT VOIR LA TRONCHE DE L'ANCIEN MINISTRE DE BAZOUM MASSAOUD QUI ÉTAIT DEVENU INSULTEUR PUBLIC. ALORS MINISTRE FRELATÉ DE BAZOUM ÇA COMMENCE LA TRAVERSÉE DU DÉSERT. COMME QUOI IL FAUT BIEN SE COMPORTER CORRECTEMENT AVEC LES VOISINS ÇA PEUT SERVIR. VOILÀ UN AUTRE JOUR MASSAOUD SUR LES MÉDIAS DE MERDES QUI PASSAIT SON TEMPS À DÉNIGRER NOS AUTORITÉS VOILA IL L'A EU DANS LE BABAS.

D
Diawara il y a 2 ans

LA FRANCE EN DIFFICULTÉ SAIT TRÈS BIEN CE QU'ELLE A FAIT EN AFRIQUE DEPUIS DES SIÈCLES ET DES SIÈCLES D'OÙ AUJOURD'HUI CE REJET PARTOUT EN AFRIQUE . CE N'EST PAS SEULEMENT LE NIGER CAR CECI EST UN DÉBUT DU COMMENCEMENT LA FRANCE N'A RIEN VU D'ABORD LE RESTE EST À VENIR. C'EST LA NOUVELLE GÉNÉRATION AFRICAINE QUI S'AFFIRME ET QUI EST DÉCOMPLEXÉE. CE COMBAT EST À CONTINUER JUSQU'AU BOUT ET SACHEZ QUE D'AUTRES PAYS VONT SUIVRE ÇA C'EST INÉVITABLE CAR L'AFRIQUE N'APPARTIENT QU'AUX AFRICAINS POINT BARRE.