samedi 18 avril 2026
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Coup d’Etat au Niger : des sanctions qui étouffent et inquiètent la population

Par La Libération 4,098 vues
Coup d’Etat au Niger : des sanctions qui étouffent et inquiètent la population
A Niamey, la population, diversement touchée selon les catégories sociales, tend à minimiser dans son ensemble l’effet des sanctions. Mais l’inquiétude pointe sur le versement des salaires fin septembre en l’absence de liquidités, et la non-disponibilité de l’aide pour les ONG qui tirent la sonnette d’alarme.

«Les sanctions, ça nous a rendus plus forts. On est prêts à labourer la terre avec nos mains s’il le faut pour ne plus dépendre de l’extérieur.» Barbiche grisonnante, sandales et tête haute sous son calot finement brodé, Ibrahim Abdoulaye n’est pas un militant souverainiste. Juste un commerçant nigérien piqué dans son orgueil. Son pays, parmi les plus pauvres du monde, a été lourdement sanctionné par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) quatre jours après le coup d’Etat du 26 juillet.

L’homme marne au pied du pont Kennedy de Niamey où des montagnes de courges ovales jaune-vert colorent la rive sud du fleuve Niger. Il représente l’association des vendeurs de ces «aliments très bons pour les carences en vitamines et pas chers», convoyés par pirogues motorisées. Et un mois et demi après la fermeture des frontières terrestres, son commerce n’est «pas du tout affecté par les sanctions». Sa vie personnelle non plus, prétend-il.

Des stocks de marchandises et d’aliments pas renouvelés

L’inflation ? «Je vis bien.» Les coupures cycliques de courant consécutives à la suspension de la fourniture d’électricité par la société nigériane qui délivrait jusque-là 70% de l’énergie distribuée au Niger ? «J’ai grandi dans un village sans électricité. On est pauvres, on est habitués. Ils n’ont qu’à couper pour cent ans s’ils veulent.» Quant à savoir s’il casse parfois l’embargo – il se susurre qu’une partie des courges débarquées viendraient du Nigeria – Ibrahim Abdoulaye croise les mains : «Ça, c’était avant, en cas de rupture, mais depuis des années, elles sont produites en abondance au Niger.»

A 6 kilomètres de là, au marché de gros de Djémadjé, les produits nigérians garnissent pourtant les stands. Tomates, piments, pommes de terre, choux, oignons. La circulation des cultures maraîchères se joue de la porosité des 1 500 km de frontière entre le Niger et son grand voisin du sud. Dans l’allée centrale de terre ramollie par la pluie, un camion stationne, surchargé de paniers de tomates rondes du Togo. Les allongées sont plus loin, en provenance du Bénin, comme les poivrons et les piments verts. Empilés sur des bâches, il y a aussi des ignames du Ghana. Autant de denrées qui ont traversé la portion du fleuve Niger frontalière avec le Bénin. Ce commerce informel, s’il concurrence le produit star emmailloté dans des sacs de 120 kg, le violet de Galmi (un oignon cultivé dans la basse vallée de la Tarka, croissant fertile dans le sud du Niger, et habituellement exporté en masse en Côte-d’Ivoire), est vital.

La forte demande se heurte au déficit des stocks. Leur niveau est «faible pour les produits locaux et très faible pour les produits importés» en raison de la fermeture des frontières, selon le Système d’information sur les marchés agricoles nigérien. Résultat, une hausse des prix du mil (+10%), du maïs (+14%), du riz local (+15%) dès le mois d’août, et qui perdure en septembre. «Les commerçants ont été mis devant le fait accompli des sanctions inopinées et immédiates. Ils n’ont pas pu renouveler leurs stocks, analyse l’économiste Adamou Louche. Cela risque de se compliquer également pour le versement des salaires des fonctionnaires.» En juillet et août, ils ont été payés «par le biais de l’effort de mobilisation des ressources internes», a déclaré le Premier ministre Lamine Zeine, le 4 septembre. Mais les liquidités manquent cruellement en raison des sanctions de l’Uemoa (suspension des transactions commerciales et financières, gel des avoirs financiers et monétaires de toutes les instances étatiques). Des dégraissages du personnel administratif contractuel sont à l’étude.

Mise en place d’exemptions humanitaires

L’heure est à l’austérité aussi pour Aboubakar Ango, vétérinaire au ministère de l’Elevage. Deux femmes et quatorze enfants comptent sur son salaire. Les coups durs, il connaît. Mais «on n’avait pas mesuré l’ampleur des sanctions». Sous le manguier de la cour de sa maison de Soudouré, en périphérie de Niamey, un tapis et trois chaises accueillent les visiteurs. Une marmite est au feu, une autre suspendue au mur extérieur. L’inquiétude, à deux semaines de la rentrée scolaire, se dit pudiquement. Il est question de «petits sacrifices» pour remplir l’assiette et «réajuster le train de vie», de «solidarités» dans le quartier. Un commerçant qui fait crédit, «le robinet d’eau qui reste ouvert au voisin». Pour remédier aux coupures de courant, il a investi dans un kit solaire, mais pas assez puissant pour brancher un frigo. Les vaccins pour les animaux qu’il soigne périment, alors que de nombreux médicaments ne sont plus disponibles en raison des sanctions. Moue amère : «Qu’est-ce qu’un animal a à voir avec le coup d’Etat ?»

Le secteur de la santé paie un lourd tribut. Plusieurs pharmacies de Niamey sont en rupture d’antidouleurs, d’insuline injectable, de chlorure de sodium et de potassium utilisés dans les hôpitaux. Cet embargo sur les médicaments et les denrées de première nécessité viole le cadre de prévention des conflits de la Cédéao de 2008, selon les plaintes déposées par l’Etat du Niger les 29 et 31 août devant les cours de justice de l’Uemoa et de la Cédéao. Autres illégalités pointées : le non-respect du délai d’entrée en vigueur des sanctions, en principe soixante jours après leur publication au journal officiel, la fermeture des frontières terrestres qui ne figure pas dans la liste des sanctions prévues dans les textes communautaires, au même titre que la suspension de la fourniture d’énergie ou l’extension des gels des avoirs ou des interdictions de voyager aux familles des auteurs du coup d’Etat. La liste est longue. Comme si ces mesures avaient été édictées dans la précipitation.

A la demande de l’ONU, la Cédéao aurait consenti à la mise en place d’exemptions humanitaires. Le Bénin, où le Programme alimentaire mondial (PAM) compte à lui seul 32 camions (dont 10 destinés à Dori au Burkina Faso) bloqués à la frontière nigérienne, aurait approuvé cette mesure dans un premier temps. Mais à ce jour, les cargaisons contenant surtout des produits nutritionnels demeurent bloquées. Or, plus de 4,3 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Selon le PAM, 90 000 enfants courent le risque de tomber dans une situation de malnutrition sévère ces prochains jours faute de ravitaillement et d’activités de prise en charge. Médecins sans frontières a appelé de son côté à «rapidement rompre avec toute logique de punition collective»....lire l"article sur la liberation 

 
 
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Commentaires (2)

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

Niamey, le 17 septembre 2023             ---------- A SEMs TCHANI (Niger), ASSIMI (Mali), TRAORE (Burkina) Objet : Précurseure de l’AES Bonjour, Bravo poura l’institutionnalisation de l’AES (Alliance des États du Sahel). Dans la conclusion de l’initiative G7 sahel devenue G5 sahel par la non participation de l’Algérie et de la Libye, j’avais sollicité, sans réponse,  en 2010, 2011 et 2012, entre autres, l’UA, l’ONU, l’ALG (Autorité du Liptako-Gourma) pour aider à créer ce projet intégré au bénéfice des pays du sahel. Je suis heureux, aujourd’hui, que la charte du Liptako-Gourma ait créé le 16 septembre 2023 cette alliance (AES) des États du Sahel composée pour l’instant du Mali, du Niger et du Burkina. J’avais organisé un renforcement de capacités sur cette initiative en 2012 dans ces trois pays. Comme je l’avais souhaité, ce sont les pays du sahel et  l’Afrique qui gagnent à travers cette initiative. Vous trouverez la reclamation de Dr Anasser Ag Rhissa de la paternité de ce programme/projet intégré G7 sahel devenu G5 sahel. http://news.abamako.com/h/181152.html Publiée le 18 juin 2022 sur plusieurs médias dont Facebook, ma contribution suivante met en évidence la nécessité d’une coalition régionale et internationale de lutte contre le terrorisme au sahel. Précurseur dans le domaine, j’avais proposé en 2010/2011/2012, une telle coalition de lutte contre le terrorisme au sahel. ELLE était intégrée à l’initiative G7 sahel devenue  G5 sahel par la non participation de l’Algérie et de la Libye. Une solution durable, concertée, est indispensable du fait du non fonctionnement du G5 sahel duquel le Mali s’était retiré. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0TMQ3f7oaJd7nHr6zYzLVkwfLRW59h4tMRP3My2AetASBe77Quu7wQwmDwY4psnFkl&id=100001375775979&eav=AfZLCwHVos_3Ues7OjWOnqPyn_eZYOi6Rtj_U763UrtKIqyWz7lYaK4JGlViafoa63I&paipv=0&mds=%2Fedit%2Fpost%2Fdialog%2F%3Fcid%3DS%253A_I100001375775979%253A5174977642558044%253A5174977642558044%26ct%3D2%26nodeID%3Dm_story_permalink_view%26redir%3D%252Fstory_chevron_menu%252F%253Fis_menu_registered%253Dfalse%26perm%26loc%3Dpermalink%26eav%3DAfaz35s52ol3DTLi3PjimrXJDOSjUPq9qs_BN2YYABYcCTM0aSicIKkXVDQvcKXGv0M%26paipv%3D0&mdf=1 Après la débandade des terroristes, provoquée par les actions des FAMAs et des opérations conjointes entre les forces du Burkina et du Niger, pour la protection des populations et de leurs biens ET l’abandon de la zone des trois frontières par Barkhane, Takuba et le G5 sahel, sans solution de rechange, d’innombrables nids de terroristes se sont formés ou consolidés dans la zone des trois frontières de même que la fuite en grand nombre des populations. Quitter le G5 sahel au mauvais moment sans solution de rechange est un abandon des populations pour la mort, c’est le cas dans la zone des trois frontières et au nord du Mali car les FAMAs ne couvrent pas complètement toutes ces zones actuellement. Les groupes armés terroristes concernés sont le GSIM et l’EIGS. LES AFFRONTEMENTS ENTRE EUX SONT VENUS COMPLIQUÉS LEURS POSITIONNEMENTS. Les représailles, par les groupes armés terroristes, aux actions des FAMAs et aux opérations conjointes TAANLI1, 2, et 3, menées du 02 au 25 avril 2022, par les forces du Burkina et du Niger se sont étalées et intensifiées en mai et en juin 2022 dans la zone des trois frontières, au BURKINA (Dori, Seytenga, Waraou, ...), au NIGER (région de Tillabery (Torodi, Téra, Gotheye, ...) et au MALI (régions de Tombouctou (Gourma, ...), de Mopti (Mondoro, Boni, Sévaré, ...) et Gao (Tessit, Intillilt, ...) et de Ménaka (Adramboukane, Indelimane, ...). Une centaine de terroristes morts dans les opérations conjointes TAANLI 1, 2 et 3 (Alliance entre forces). Au Burkina, Plus de 8000 civils déplacés de Seytenga à Dori. En 2022, je disais : Depuis 2015, plus de 2000 morts civils et militaires au Burkina et un peu moins de 02 millions de déplacés interne. L’hécatombe est réelle, exemples 79 civils morts et 11   morts à Seytenga (Burkina) du 09 au 12 juin 2022, 08 militaires morts et 06 blessés grièvement à Waraou (Niger) le 14 juin 2022. A Waraou, le 14 juin 2022, Une riposte  par les forces Nigeriennes aidées par Les partenaires  a chassé  les terroristes. Le 18 juin 2022, je disais : Au Mali, les deux dernières semaines, dans la région de Ménaka un peu moins de 500 morts par des groupes armés terroristes de l’EIGS. Une solution durable, concertée, est indispensable. Vu le non fonctionnement du G5 sahel duquel le Mali s’est retiré, Le Secrétaire Général de l’ONU appelle les acteurs pour la création d’une force sous le leadership de l’union africaine et sous le chapitre VII de la charte de l’ONU pour une mutualisation des ressources afin d’éradiquer le terrorisme au sahel. La fédération de Russie n’y voit pas d’inconvénient si cette force est/sera autonome. Je disais, et c’est toujours d’actualite au Mali, Compte-tenu de l’ambiguïté de Macky Sall par rapport à l’embargo contre le Mali, CE dernier (Mali) acceptera-t-il que cette force soit sous le leadership de l’union africaine dont le Président est Macky Sall ? Le 09 juin 2022 à Téra (au Niger dans la zone des trois frontières) le Niger avait appelé le Mali et le Burkina pour se relever ensemble pour lutter contre le terrorisme. Au Niger, SEM Mody Salifou, actuel Ministre de la défense du Niger avait appelé, après une tournée au Mali et au  Burkina, à unir les forces pour lutter contre le terrorisme au sahel, en particulier dans la zone des trois frontières. Alors, allons de l’avant pour mutualiser nos forces et ressources pour lutter collectivement contre le terrorisme au sahel. C’est cette vision qui m’avait poussé à proposer en 2010/2011/2012 aux chefs d’États de la zone sahel et à leurs partenaires la création du G7 sahel devenu G5 sahel par la non-adhésion de l’Algérie et de la Libye. Il intégrait dans ses termes de références une coalition régionale et internationale de lutte contre le terrorisme. En 2018, j’avais aussi proposé au G5 sahel, à la CÉDÉAO, à l’ONU et à l’UA, de créer la fédération des pays du sahel et autour du sahel. Face au tout militaire, le dialogue avec les djihadistes est proposé comme solution alternative. Dr Anasser Ag Rhissa (précurseur de cette solution) l’avait proposé à la CEDEAO et aux pays de la zone sahel depuis 2012. D’abord envsagé au Mali en 2020 après que ma proposition ait été réitérée au Mali, actuellement, le Niger et le Burkina envisagent aussi cette alternative. Espérons qu’une concertation entre les pays du sahel ait lieu au sujet de ce dialogue avec les djihadistes. Bonjour, Le Ministre Abdoulaye Diop (Ministre des affaires étrangères du Mali) devant le conseil de sécurité de l’ONU avait évoqué, à juste titre, la montée en puissance des FAMAs, et a dit qu’elles couvraient tout le territoire, en particulier les zones abandonnées, ce qui, pour l’instant, n’est pas complètement vrai. En effet, Après la débandade des terroristes, provoquée par les actions des FAMAs et des opérations conjointes entre les forces du Burkina et du Niger, pour la protection des populations et de leurs biens ET l’abandon de la zone des trois frontières par Barkhane, Takuba et le G5 sahel, sans solution de rechange, d’innombrables nids de terroristes se sont formés ou consolidés dans cette zone des trois frontières de même que la fuite des populations. Une solution durable, concertée, est indispensable. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL  0 0 2 2 7 81204817

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DU TRIBUNAL DE LA CÉDÉAO COPIE : - SEM le Président de la CÉDÉAO - SEM Tchani - SEM Bazoum - SEM Assimi Goïta. Niamey, le 13 Septembre 2023                    --------- Objet : PLAINTES CONTRE LA CÉDÉAO pour la généralisation du Chaos au Niger et au Mali mais aussi au Burkina et en Guinée. Cette plainte fait suite, à travers des lettres ouvertes qui leurs étaient adressées, (1) à ma médiation et conciliation en 2020-2021-2022 entre le Mali et la CÉDÉAO : voir une de mes contributions à l’adresse suivante. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid0CY8a1azQXsnfApQ3riCUnP5rMKEa1GYTAY2D9wS7kTzeEGZvfikL4XkDYBngxRoCl&id=100001375775979&eav=AfbgO7hGrq1fMv_YPYUpIObg6xzTtRir4Yxwz4kLzyZmrFKr3iajcGRBqUyT0bGd1ZM&paipv=0&mds=%2Fedit%2Fpost%2Fdialog%2F%3Fcid%3DS%253A_I100001375775979%253A4866449206744224%253A4866449206744224%26ct%3D2%26nodeID%3Dm_story_permalink_view%26redir%3D%252Fstory_chevron_menu%252F%253Fis_menu_registered%253Dfalse%26perm%26loc%3Dpermalink%26eav%3DAfYYDEetmJ1EP1ZTpZRNundydMGN06K3ViaULfdgkSLOyOaQTsy14-m0qYTasrhthTA%26paipv%3D0&mdf=1 ET (2) en 2023 entre le Niger et la CÉDÉAO : voir à l’adresse ci-dessous la version de cette contribution publiée, entre autres, les 22 Août et 26 Août 2023 alors qu’elle était juste destinée  à contribuer au dialogue entre le Niger et la CÉDÉAO. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02KhTSnLzFXsXwt8CdgqRpKJhjG4gikB3zLuEzhP3eyVkBNsL3ihWtygYhYSuS7BnTl&id=100001375775979&eav=AfZWwkie7bfMuDWP3Q2VEjH5pd308zLxrS7RK7yTCq1oNb4qPT6ta1boQoJT-4-Rxec&ref=content_filter&paipv=0&mds=%2Fedit%2Fpost%2Fdialog%2F%3Fcid%3DS%253A_I100001375775979%253A6479767925412336%253A6479767925412336%26ct%3D2%26nodeID%3Dm_story_permalink_view%26redir%3D%252Fstory_chevron_menu%252F%253Fis_menu_registered%253Dfalse%26perm%26loc%3Dpermalink%26eav%3DAfbZzXuGyIHHtLT0T473BjHMwiNhS3VAKkxjF7uxCT7UuTBVieLtS5JbrmCSVI1uDoM%26paipv%3D0&mdf=1 L’objectif de ces médiations et conciliations étant d’établir le dialogue, entre les pays concernés  (Mali, Niger, ...) et la CÉDÉAO, pour une sortie consensuelle des crises induites ayant abouti à des impasses. Qu’est ce qui explique l’impasse au Niger et dans les pays victimes de coups d’états en Afrique de l’ouest ? Dans son dernier communiqué du 26 août 2023, la CÉDÉAO s’offusque de la répétition des coups d’états en Afrique de l’ouest mais ne s’offusque pas de la répétition des causes ayant provoquées ces coups d’états. Parmi ces causes figurent le chaos  après des élections et/ou des constitutions tripatouillées et la prise en otage induite de ces élections dans lesquels sont plongés les pays victimes sans que les institutions internationales (CÉDÉAO,  UA, ONU, ...) ne réagissent, souvent malgré des appels répétés au secours. C’était le cas au Niger en 2016. Le Niger étant plongé dans un chaos après son élection présidentielle 2016, malgré les appels sous forme de lettres ouvertes (voir ci-après) de Dr Anasser Ag Rhissa au secours qui leurs étaient adressés, aucune de ces institutions, en particulier la CÉDÉAO, n’avait répondu. Voir le détail de cette lettre ouverte adressée par mes soins, entre autres, au Secrétaire Général de l’ONU, à l’UA et à la CÉDÉAO, publiée sur aniamey. http://news.aniamey.com/h/71879.html En 2016, j’avais même, comme une prémonition, indiqué que, si rien n’était fait, sans secours, la prise en otage de l’élection présidentielle en 2016 au Niger se transformera en une prise en otage des institutions et de l’économie. Malheureusement, c’est bien  ce à quoi on assiste en ce moment au Niger : SEM le Président Bazoum est pris en otage ainsi que l’économie Nigérienne. A qui la faute ? Sans dédouaner complètement les pays concernés, ceci est dû bien sûr à ces institutions internationales (CÉDÉAO, UA, ONU). Elles jouent au médecin après la mort du patient (le pays concerné  et souvent son président) tout en voulant réanimer ou réhabiliter le patient. Ces institutions doivent changer leurs comportements en essayant d’être proactives ou au moins être actives quand on leur fait appel. Elles doivent agir avant qu’il ne soit tard ou mieux agir proactivement autant que possible dès l’apparition des symptômes, des premières alertes. Il y avait aussi le cas des terroristes au Mali, au Niger, au Burkina et au sahel. Depuis 2010/2011, j’avais aussi écrit à la CÉDÉAO et aux pays de la zone sahel pour proposer (1) la création du G7 sahel devenu G5 sahel,  (2) depuis 2012 une méthodologie inclusive pour lutter contre le terrorisme, incluant la description d’une coalition régionale et internationale de lutte contre le terrorisme au Mali et au sahel et (3) depuis 2018 la création de la Fédération des pays du sahel et autour du sahel. Malgré ces propositions, ces institutions n’avaient pas réagi. La CÉDÉAO n’a toujours pas répondu, elle se focalise à jouer pour les coups d’états, je m’excuse, aux pompiers ou en donneuse de leçons une fois les crises éclatées dans tel ou tel pays. Ne faut-il pas agir autrement ? Ne faut-il pas associer suffisamment les populations (citoyens, communautés,  ...) et être à l’écoute de leurs besoins au lieu de les Sanctionner à travers des sanctions inappropriées et illégales ? Au Niger, c’est paradoxal, sept ans au moins après mes appels au secours, depuis la prise en otage de l’élection présidentielle en 2016, rien n’avait été fait par ces institutions internationales. Que souhaite-t-on ? Être mis dans nos droits. Maintenant, avec le chaos généralisé  dans ces pays, il convient de suspendre les sanctions au Niger, au Mali, au Burkina et en Guinée, et arrêter la prise en otage généralisé du Niger, des institutions et de l’économie Nigérienne. Compte-tenu de tout ce qui a été dit précédemment, le Niger, tout comme les autres pays impactés par ces coups d’États, doit disposer d’une transition d’un à trois ans pour redynamiser son économie et organiser son élection présidentielle. La CÉDÉAO doit tenir compte de ses erreurs et insuffisances pour éviter, en agissant diligemment, la généralisation des chaos dans les pays victimes de coups d’États, pour un retour à l’ordre constitutionnel normal dans ces pays et pour assumer leurs souverainetés. La CÉDÉAO et les institutions internationales (UA, ONU) doivent prendre en charge et protégées les chefs d’États élus par leurs peuples et relevés par coups d’États. C’est cela agir pour la légalité et la  légitimité au sein d’une CÉDÉAO des citoyens et des peuples. Contact : Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL 0 0 2 2 7 81204817