Burkina Faso- Mali- Niger : Légiférer la défense collective et l’assistance mutuelle
La ratification de la charte du Liptako Gourma instituant l’Alliance des Etats du Sahel est à l’ordre du jour de la séance plénière du Conseil national de la Transition (CNT), ce lundi 09 octobre 2023. La présente plénière se situe dans le cadre de la session ordinaire d’octobre.
La session d’octobre du parlement couramment appelée session budgétaire, a démarré le 2 octobre dernier au CNT sis au Centre international de conférences (CICB). Ainsi, en plus de l’examen du projet de budget 2024 du CNT, la plénière de ce lundi aura des communications à l’ordre du jour. Mais un plat de résistance va constituer la ratification de la Charte du Liptako-Gourma, instituant l’Alliance des Etats du Sahel, signée à Bamako, le 16 septembre 2023 entre le Burkina Faso, le République du Mali et la République du Niger.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont signé le 16 septembre 2023, la Charte du Liptako-Gourma instituant l’Alliance des Etats du Sahel. Par cette alliance, les trois Etats décident de mutualiser leurs efforts pour apporter des réponses communes aux défis sécuritaires et aux menaces de toutes sortes guettant cette région: rébellion armée ou autre menace portant atteinte à l’intégrité du territoire et à la souveraineté de chacun des pays membres, situations de rupture de la paix et de la stabilité. L’Alliance privilégie les voies pacifiques et diplomatiques. En cas de nécessité, elle usera de la force pour faire face aux situations de rupture de la paix et de la stabilité. A vrai dire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger échafaudent «une architecture de défense collective et d’assistance mutuelle», se rendant bien à l’évidence qu’il n’y a ni développement ni démocratie sans sécurité.
Lors du conseil des ministres du mercredi 20 septembre 2023, le gouvernement malien a adopté des projets de textes relatifs à la ratification de la Charte du Liptako-Gourma, instituant l’Alliance des Etats du Sahel, signée le 16 septembre 2023, entre la République du Burkina Faso, la République du Mali et la République du Niger. Ces textes ont été adoptés par le gouvernement, sur la présentation du rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Ainsi, la ratification de la charte du Liptako-Gourma pourrait intervenir ce lundi 09 Octobre lors de la présente séance du Conseil national de la Transition (CNT), l’organe législatif de la transition.
Les Parties signataires de la Charte du Liptako-Gourma s’engagent entre autres, à œuvrer à la prévention, à la gestion et au règlement de toute rébellion armée ou autre menace portant atteinte à l’intégrité du territoire et à la souveraineté de chacun des pays membres de l’Alliance en privilégiant les voies pacifiques et diplomatiques et, en cas de nécessité, à user de la force pour faire face aux situations de rupture de la paix et de la stabilité.
Du fait des crises sécuritaires et politiques combinées, les pays du Liptako-Gourma connaissent aujourd’hui une crise multidimensionnelle qui s’est métastasée et étendue à l’intérieur des Etats, malgré la présence des forces étrangères françaises (Barkhane, Takuba) et de l’ONU (casques bleus-Minusma), contraintes finalement à rentrer chez elles pour insuffisance de résultats. L’alliance des Etats du Sahel saura-t-elle relever les défis sécuritaires, pour que les populations du Liptako-Gourma puissent profiter enfin des richesses énormes de cette région, pour leur bien-être dans un cadre démocratique?
B. Daou