mardi 21 avril 2026
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La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU est indispensable pour mettre fin à sa « paralysie »

Par ONU 3,305 vues
La réforme du Conseil de sécurité de l’ONU est indispensable pour mettre fin à sa « paralysie »

Alors que la guerre fait rage en Ukraine et à Gaza, la question de la réforme du Conseil de sécurité est plus pressante que jamais, a déclaré jeudi le Président de l'Assemblée générale de l’ONU.

Lors du débat annuel de l'Assemblée portant sur l’évaluation du principal forum de l'ONU pour la paix et la sécurité, Dennis Francis, a déclaré que sans réforme structurelle, la performance et la légitimité du Conseil de sécurité continueraient inévitablement de souffrir.

« La violence et la guerre continuent de se propager dans les régions du monde entier, tandis que les Nations Unies semblent paralysées, en grande partie à cause des divisions au sein du Conseil de sécurité », a déclaré M. Francis.

Dans un monde qui évolue rapidement, le Conseil « manque dangereusement » à son mandat de gardien principal du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a estimé le haut responsable onusien.

« En l'absence d'une réforme structurelle » les résultats de Conseil ne seront pas à la hauteur des attentes, a-t-il ajouté. « En l'absence de réforme structurelle, ses performances et sa légitimité continueront inévitablement à en pâtir, tout comme la crédibilité et la pertinence des Nations Unies elles-mêmes ».

Une urgence renouvelée

Si la question de la représentation équitable au sein du Conseil figure à l'ordre du jour de l'Assemblée depuis 1979, les appels à sa réforme se sont multipliés dans le contexte de l'aggravation des conflits actuels dans le monde. 

Ainsi, lors du débat annuel de haut niveau de septembre, la réforme du Conseil a été évoquée récurremment à la tribune, y compris l'augmentation du nombre de membres constitutifs.

L'incapacité du Conseil de sécurité à se mettre d'accord sur une position unifiée, lors des crises récentes comme l'invasion de grande ampleur de l'Ukraine par la Russie l'année dernière et la crise israélo-palestinienne en cours, ont encore souligné cette urgence.

Le Conseil de sécurité n'a pu adopter sa première résolution sur la crise israélo-palestinienne que mercredi, après quatre tentatives infructueuses et plus de cinq semaines après que la crise a éclaté.

La paralysie est aussi dangereuse que le chaos

Dans son discours, M. Francis a averti l'Assemblée générale que l'état de paralysie au Conseil de sécurité pouvait être tout aussi dangereux que le chaos.

« Je préviens cette auguste assemblée que la paralysie peut être un ennemi aussi redoutable que le chaos. Nous ne pouvons pas perpétuer utilement des positions qui, bien que familières, ne nous rapprochent pas les uns des autres », a indiqué le Président de l’Assemblée générale, appelant à une réflexion nouvelle et innovante sur les réformes.

« L'un des moyens de rétablir la confiance », a dit M. Francis, est de renforcer la solidarité et la conciliation. Il a souligné l'importance du Sommet de l'avenir qui se tiendra l'année prochaine.

Il a appelé les États membres à « saisir cette occasion » de rompre avec des positions ancrées et de promouvoir la réforme du Conseil de sécurité par des mesures pratiques qui soutiennent l'efficacité et représentent toute la diversité du monde d'aujourd'hui.

Le Conseil de sécurité adopte une résolution appelant à des pauses humanitaires urgentes et à la création de couloirs dans la bande de Gaza.
UN Photo/Loey Felipe
 
Le Conseil de sécurité adopte une résolution appelant à des pauses humanitaires urgentes et à la création de couloirs dans la bande de Gaza.

La réforme est plus urgente que jamais 

Dans leurs déclarations, les États membres de l'ONU ont réaffirmé que la réforme était plus urgente que jamais.

S'exprimant au nom du groupe L.69 des pays en développement d'Afrique, d'Asie et du Pacifique, ainsi que d'Amérique latine et des Caraïbes, la Représentante permanente adjointe de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Nedra P. Miguel, a déclaré qu'il s'agissait d'une « dure réalité » que le Conseil n'était « plus adapté à son objectif ».

La surreprésentation des pays occidentaux au sein du Conseil ne reflète ni la diversité de la composition de l'ONU, ni les réalités géopolitiques actuelles, a affirmé Mme Miguel, soulignant que la réforme est non seulement urgente, mais aussi une condition préalable à la paix, à la stabilité et à la sécurité internationales, ainsi qu'à un ordre multilatéral efficace.

De même, s'exprimant au nom du Groupe arabe, Jamal Fares Alrowaiei, l’Ambassadeur et représentant permanent du Bahreïn, a souligné le besoin urgent d'une véritable réforme du Conseil, signalant que l'utilisation du veto de manière arbitraire avait remis en cause sa crédibilité.

Evoquant le rôle du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, en particulier lors des récents événements à Gaza, M. Alrowaiei a exhorté les États membres à redoubler d'efforts pour garantir que les efforts de prévention des conflits soient plus représentatifs, transparents, neutres et crédibles.

Dans le même ordre d'idées, Antje Leendertse, l’Ambassadrice et représentante permanente de l'Allemagne, s'exprimant au nom du groupe des quatre (Allemagne, Brésil, Inde et Japon - qui aspirent tous à devenir membres permanents), a déclaré que la composition actuelle du Conseil ne lui permet pas d'être aussi efficace qu'il devrait l'être pour relever les défis contemporains.

Il n'est donc pas surprenant que, à maintes reprises, le Conseil de sécurité n'ait pas été en mesure de répondre aux attentes en s'attaquant à certaines des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales de manière opportune et efficace, a-t-elle déclaré.

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Commentaires (3)

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A
Anonyme il y a 2 ans

Pourquoi devrions-nous subir les fadaises d'anasser ? Basta,et vocation à la poubelle .

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

Bonjour, Désolé f.r.è.r.e Balla KONATÉ, ce n’est pas une question de m’as-tu vu. Je vous invite à relire la proposition de notre frère Cheick Bougadry Traoré et nous dire quest-ce qu’il propose qui n’ait pas été fait auparavant sauf le souhait d’un processus iner-Maliens qui part de zéro pour consolider la nation pour un avenir meilleur OR nos avons un passé, une histoire et des acteurs déjà impliqués dans un tel processus. Que faire de notre accord actuel qui avait conçu en huit mois et utilisé depuis au moins huit ans ? Est-on sûr de concevoir un nouvel accord plus performant que l’accord actuel en un temps raisonnable ? Comment tenir compte de tous les acteurs Maliens sans exclusion ? Comment garantir les engagements des acteurs pour rendre fiable un tel processus ? Comment assurer une réelle inclusivité ? Optons pour un processus réellement inclusif. Ouvrons-nous. Ensemble Unis autour d’un Mali unitaire, sans exclusion, nous y arriverons. Dr Anasser Ag Rhissa Email : [email protected] TEL 0 0 2 2 3 95955792

D
Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

EFFECTIVEMENT. Cher f.r.è.r.e Malien, Cheick Boukary Traoré, les forces vives Maliennes sous la supervision de la communauté internationale avaient utilisé il y a bientôt neuf ans, en 2014, le même processus que vous évoquez pour refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur comme vous dites. Bien sûr, la  nouveauté pour vous, sera le fait de se baser sur un processus inter-Maliens se déroulant comme certains (cas du mouvement TABALÉ, cas de l’opposition) l’avaient proposé au Mali. Mais  comment peut-on faire du neuf en faisant table rase de ce qui s’était passé, en particulier en mettant de côté des parties prenantes et des acteurs qui s’étaient mobilisés pour le même objectif et la même NATION Malienne ? C’est ce que sournoisement voulait faire le mouvement TABALÉ en voulant court-circuiter les parties prenantes en ne  tenant pas compte de l’article 65 de l’accord de paix dont nous disposons actuellement. C’est juste une question de méthodologie inclusive pour réaliser un processus inter-Maliens de conception d’un accord de paix adapté aux besoins des Maliens afin de refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur. Les pourparlers inter-Maliens avaient utilisé une méthodologie partant des niveaux gouvernance à la base ET d’autres acteurs (l’opposition, cas de Tiébilé Dramé) proposaient une méthodologie partant en sens inverse, de la base aux niveaux gouvernance. Dr Anasser Ag Rhissa avait proposé, pour la conférence d’entente nationale en 2017 au Mali et le dialogue national inclusif en 2019 au Mali,  une méthodologie inclusive combinant les deux approches. Que veut-on faire maintenant ? Si c’est juste éliminer la communauté  internationale, c’était le cas de la conférence d’entente nationale en 2017 et du dialogue national inclusif en 2019 qui s’étaient tous déroulés au Mali à travers un réel processus inter-Maliens. Même en éliminant la communauté  internationale, il nous faut un mécanisme de suivi-évaluation ET de garantie des engagements des acteurs. Pour notre accord de paix actuel, un tel processus basé  sur des sanctions avait été supprimé par l’ONU sous le veto de la Russie. Militons pour le maintien du pacte pour la paix pour la garantie des engagements des auteurs de l’accord de paix. Amendons notre accord de paix actuel à travers un tel processus inter-Maliens, se déroulant au Mali,  sans renier les efforts déjà consentis et les acteurs qui étaient impliqués. Impliquons tous les Maliens et tous les acteurs. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792