Espagne : des militaires à la retraite appellent l’armée à destituer Pedro Sanchez
Une cinquantaine de militaires espagnols retraités réclament la destitution de Pedro Sanchez, la droite appelle à manifester ce samedi.
Leur colère exprimée dans ce nouveau texte illustre les tensions déclenchées par les conditions de la réélection de Pedro Sanchez. Interrogée sur ce climat, la porte-parole du gouvernement, Isabel Rodriguez, a reconnu que ce nouveau mandat s’annonçait « complexe » mais a jugé que le gouvernement avait « démontré » ces dernières années qu’il était « capable de gérer » des situations « extrêmement compliquées ».
La droite appelle à manifester ce samedi
La droite espagnole est en effet très remontée contre la loi d’amnistie concédée aux indépendantistes catalans par le dirigeant socialiste, en échange de sa reconduction au pouvoir. « La résistance civique ne va pas baisser les bras », a assuré sur X (anciennement Twitter) la vice-présidente du Parti populaire (PP), principale formation conservatrice espagnole, Cuca Gamarra, en appelant les Espagnols à « descendre dans la rue » ce samedi contre cette mesure d’amnistie, qui est à l’origine de vives tensions dans le pays.
Un appel relayé par le haut dirigeant du PP, Elías Bendodo, qui a accusé dans un communiqué le Premier ministre socialiste d’avoir « vendu l’Espagne » aux indépendantistes et qualifié son investiture jeudi par les députés pour un nouveau mandat, d’« acte de haute trahison ».
Le rassemblement de samedi, auquel participeront les dirigeants du PP et ceux du parti d’extrême droite Vox, est prévu à 12 h 00 (11 h 00 GMT) à Madrid. Il intervient après une manifestation à laquelle ont participé dimanche dernier des centaines de milliers de personnes dans toute l’Espagne.
« Nous continuerons à soutenir toutes les mobilisations et tous les appels à s’opposer » à ce « gouvernement issu d’un pacte anticonstitutionnel », a prévenu Santiago Abascal, le chef de Vox, qui dénonce depuis plusieurs jours un « coup d’État » institutionnel.
Arrivé deuxième aux législatives du 23 juillet derrière le chef de file du PP Alberto Núñez Feijóo, Pedro Sánchez est parvenu à se faire reconduire au pouvoir après avoir négocié tous azimuts pour obtenir le soutien de formations régionalistes, dont les partis indépendantistes catalans.
En échange de leurs voix, indispensables à la formation d’une majorité, il a accepté plusieurs concessions, dont l’adoption prochaine d’une loi d’amnistie controversée pour les dirigeants et militants séparatistes poursuivis notamment pour leur implication dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. « Nous avons préféré les retrouvailles à la vengeance, l’unité à la fracture », a justifié mercredi, face aux députés, le socialiste de 51 ans, jugeant le « dialogue » et le « pardon » nécessaires pour tourner la page de la crise de 2017.