mardi 21 avril 2026
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La police de l’ONU manque de soutien face aux nombreux défis

Par ONU 3,127 vues
La police de l’ONU manque de soutien face aux nombreux défis

Sans soutien politique unifié des États membres et du Conseil de sécurité là où les missions sont déployées, « la police de l’ONU ne peut qu’atténuer les conflits, pas les résoudre », a insisté le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, ce mardi devant le Conseil de sécurité.

Le nombre, l’intensité et la durée des conflits dans le monde sont à leur plus haut niveau depuis la fin de la guerre froide et dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, « y compris au sein de ce Conseil », les opérations de l’ONU ne peuvent atteindre que les « objectifs immédiats » du maintien de la paix, comme préserver les cessez-le-feu, protéger les civils, arbitrer les conflits locaux et renforcer les institutions lorsque cela est possible, a développé le haut responsable. 

Lors de cette réunion annuelle avec les chefs des composantes de police des Nations Unies en poste dans les missions sur le terrain, Jean-Pierre Lacroix a aussi souligné l'importance de renforcer et d'adapter continuellement le maintien de la paix aux conditions changeantes. 

Les policiers servant sous le drapeau de l'ONU doivent être correctement préparés, équipés et dotés de ressources pour faire face aux défis importants qui pèsent sur le multilatéralisme et le maintien de la paix. 

« Réponses spécifiques » 

« De nombreux défis pèsent aujourd’hui sur la paix, la sécurité et le développement dans le monde : déclin du respect de l’État de droit, corruption, mépris du droit international, criminalité transnationale organisée, atteintes aux droits de l’homme et rétrécissement de l’espace civique. Tous appellent des réponses policières uniques et spécifiques », a souligné le chef des opérations de paix.

M. Lacroix a rappelé que le dernier rapport sur la performance globale des opérations de maintien de la paix de l'ONU soulignait un écart entre leurs mandats et ce qu'elles peuvent réellement réaliser. Pour certaines missions, l'écart est devenu « assez important », a-t-il relevé. 

En réponse, l’ONU continuera de renforcer son initiative Action pour le maintien de la paix (A4P) (A4P), en particulier la stratégie A4P+. Les priorités incluent la garantie de la cohérence des stratégies politiques et une plus grande intégration stratégique et opérationnelle. Le soutien du Conseil est là essentiel, a pointé M. Lacroix, en avertissant cependant que « les opérations de maintien de la paix de l’ONU ne peuvent pas accomplir beaucoup de choses à elles seules ». 

Des progrès en RCA 

Le Commissaire de police Christophe Bizimungu a présenté les réalisations de la police de l’ONU au sein de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA), qui a renforcé les capacités des forces de sécurité intérieure (FSI), qui comprennent la police et la gendarmerie locales. 

Les agents ont travaillé dans trois domaines spécifiques : formation et assistance technique, soutien aux infrastructures et équipements, et soutien institutionnel. Leur impact a été significatif, selon M. Bizimungu.

Par exemple, il y a cinq ans, les FSI étaient largement absentes du pays et incapables de fournir des services de base à la population. Aujourd’hui, elles sont présentes et opérationnelles dans la capitale Bangui et sur de larges pans du territoire.

« Nous avons constaté une réelle amélioration de l'ordre public et du contrôle de la criminalité dans le pays », s’est réjoui le commissaire. 

Besoin d’unités francophones

Le Conseiller pour la police des Nations Unies, Faisal Shahkar, a demandé au Conseil de répondre au « besoin criant » d’agents de police dotés d’une expertise dans l’analyse et la lutte contre la criminalité organisée ; la médecine légale ; les services de police axés sur la communauté; la violence sexuelle et sexiste; l’intégration de la dimension de genre; ainsi que la sensibilisation et l’atténuation des risques liés aux engins explosifs improvisés. 

Il a aussi évoqué un besoin d’unités francophones et mixtes disponibles pour un déploiement rapide et dotées de capacités de pointe, y compris des groupes d’intervention, de réaction rapide, canins et fluviaux. 

La commissaire de la MINUSS alerte sur les violences de genre

La Commissaire de police de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), Christine Fossen, a, quant à elle, souligné la nécessité d'une police tenant compte de la perspective de genre.

« Dans un environnement géopolitique mondial difficile, les menaces telles que la discrimination basée sur le genre, les événements climatiques défavorables tels que les inondations et les sécheresses, les conflits liés au climat et l'insécurité alimentaire se sont davantage ancrées et affectent de manière disproportionnée les femmes et les filles », a-t-elle expliqué au Conseil. 

Donnant des exemples tirés du terrain, comme la situation à Bentiu où quatre années de pluies incessantes, d'inondations et un accès limité au bois de chauffage et aux moyens de subsistance pour les femmes ont coïncidé avec une augmentation des violences sexuelles, elle a jugé évident qu’il fallait « améliorer notre compréhension de ces nouvelles dimensions ainsi que la nature de notre réponse policière, y compris la formation, la sensibilisation et l'instauration de la confiance ». 

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Commentaires (2)

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

Bonjour, Désolé f.r.è.r.e Balla KONATÉ, ce n’est pas une question de m’as-tu vu. Je vous invite à relire la proposition de notre frère Cheick Bougadry Traoré et nous dire quest-ce qu’il propose qui n’ait pas été fait auparavant sauf le souhait d’un processus iner-Maliens qui part de zéro pour consolider la nation pour un avenir meilleur OR nos avons un passé, une histoire et des acteurs déjà impliqués dans un tel processus. Que faire de notre accord actuel qui avait conçu en huit mois et utilisé depuis au moins huit ans ? Est-on sûr de concevoir un nouvel accord plus performant que l’accord actuel en un temps raisonnable ? Comment tenir compte de tous les acteurs Maliens sans exclusion ? Comment garantir les engagements des acteurs pour rendre fiable un tel processus ? Comment assurer une réelle inclusivité ? Optons pour un processus réellement inclusif. Ouvrons-nous. Ensemble Unis autour d’un Mali unitaire, sans exclusion, nous y arriverons. Dr Anasser Ag Rhissa Email : [email protected] TEL 0 0 2 2 3 95955792

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Dr ANASSER AG RHISSA il y a 2 ans

Cher f.r.è.r.e Malien, Cheick Bougadry Traoré, les forces vives Maliennes sous la supervision de la communauté internationale avaient utilisé il y a bientôt neuf ans, en 2014, le même processus que vous évoquez pour refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur comme vous dites. Bien sûr, la  nouveauté pour vous, sera le fait de se baser sur un processus inter-Maliens se déroulant comme certains (cas du mouvement TABALÉ, cas de l’opposition) l’avaient proposé au Mali. Mais  comment peut-on faire du neuf en faisant table rase de ce qui s’était passé, en particulier en mettant de côté des parties prenantes et des acteurs qui s’étaient mobilisés pour le même objectif et la même NATION Malienne ? C’est ce que sournoisement voulait faire le mouvement TABALÉ en voulant court-circuiter les parties prenantes en ne  tenant pas compte de l’article 65 de l’accord de paix dont nous disposons actuellement. C’est juste une question de méthodologie inclusive pour réaliser un processus inter-Maliens de conception d’un accord de paix adapté aux besoins des Maliens afin de refonder et consolider la nation pour un avenir meilleur. Les pourparlers inter-Maliens avaient utilisé une méthodologie partant des niveaux gouvernance à la base ET d’autres acteurs (l’opposition, cas de Tiébilé Dramé) proposaient une méthodologie partant en sens inverse, de la base aux niveaux gouvernance. Dr Anasser Ag Rhissa avait proposé, pour la conférence d’entente nationale en 2017 au Mali et le dialogue national inclusif en 2019 au Mali,  une méthodologie inclusive combinant les deux approches. Que veut-on faire maintenant ? Si c’est juste éliminer la communauté  internationale, c’était le cas de la conférence d’entente nationale en 2017 et du dialogue national inclusif en 2019 qui s’étaient tous déroulés au Mali à travers un réel processus inter-Maliens. Même en éliminant la communauté  internationale, il nous faut un mécanisme de suivi-évaluation ET de garantie des engagements des acteurs. Pour notre accord de paix actuel, un tel processus basé  sur des sanctions avait été supprimé par l’ONU sous le veto de la Russie. Militons pour le maintien du pacte pour la paix pour la garantie des engagements des auteurs de l’accord de paix. Amendons notre accord de paix actuel à travers un tel processus inter-Maliens, se déroulant au Mali,  sans renier les efforts déjà consentis et les acteurs qui étaient impliqués. Impliquons tous les Maliens et tous les acteurs. Bien cordialement Dr Anasser Ag Rhissa Expert TIC, Gouvernance et Sécurité Email : [email protected] r TEL 0 0 2 2 3 95955792