Macron appelle Abbas à réformer l’Autorité palestinienne
Le président de la République a enjoint au chef de l’autorité palestinienne de « mettre en œuvre les réformes indispensables » en vue de la reconnaissance de l’État de Palestine.
téphane Séjourné avait affirmé que la reconnaissance d'un État palestinien n'était « pas un tabou pour la France ». Ce mercredi 29 mai, Emmanuel Macron a appelé le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à « mettre en œuvre les réformes indispensables » dans « la perspective de reconnaissance de l'État de Palestine », a rapporté l'Élysée dans un communiqué.
Au cours de cet entretien téléphonique, le président français « a marqué l'engagement de la France à travailler à bâtir avec ses partenaires européens et arabes une vision commune de paix qui offre des garanties de sécurité pour les Palestiniens et les Israéliens » et à « inscrire la perspective de reconnaissance de l'État de Palestine dans une dynamique utile ».
« Dans cette perspective », Emmanuel Macron a « rappelé le soutien de la France à une Autorité palestinienne réformée et renforcée, en capacité d'exercer ses responsabilités sur l'ensemble des Territoires palestiniens, y compris dans la bande de Gaza, au bénéfice des Palestiniens ». Le chef de l'État a aussi « souligné la détermination de la France à travailler avec l'Algérie et ses partenaires au Conseil de sécurité » de l'ONU « pour que celui-ci s'exprime fortement sur Rafah ainsi qu'à poursuivre les efforts autour du projet de résolution français ».
La « tragédie » du bombardement à Rafah
Le bombardement israélien d'un camp de déplacés à Rafah est « une nouvelle tragédie », a-t-il estimé, adressant « ses sincères condoléances au peuple palestinien pour le bilan humain intolérable de l'opération à Gaza ».
Mardi, Alger a distribué aux autres membres du Conseil de sécurité un projet de résolution qui « décide qu'Israël, puissance occupante, doit arrêter immédiatement son offensive militaire et toute autre action à Rafah », selon le texte consulté par l'AFP. Paris a pour sa part mis sur la table, fin mars, un autre texte visant notamment à préparer l'après-guerre à Gaza, mais qui fait toujours l'objet de négociations.
« Face aux propagateurs de haine et aux mouvements terroristes, il était d'autant plus urgent de relancer les efforts de paix et de mettre fin à l'ajournement systématique de la mise en œuvre de la solution des deux États et de l'établissement d'un État palestinien », affirme l'Élysée.
Trois pays européens, l'Espagne, l'Irlande et la Norvège, ont officiellement reconnu mardi 28 mai un État de Palestine dans le but affiché de faire avancer la paix, une démarche qui a provoqué la colère d'Israël. Emmanuel Macron s'est lui dit « prêt à reconnaître » un tel État, mais « à un moment utile », pas sous le coup de l'« émotion ».