vendredi 17 avril 2026
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Guerre à Gaza : une Kamala Harris plus dure que Biden inquiète Netanyahou

Par Les Echos 1,425 vues
Guerre à Gaza : une Kamala Harris plus dure que Biden inquiète Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rencontré la vice-présidente Kamala Harris, désormais lancée dans la course à la présidentielle, à la Maison blanche. (Kenny Holston/Upi// SIPA)

Benyamin Netanyahou a eu droit à une volée de critiques sur la manière dont Israël mène la guerre dans la bande de Gaza de la part de Kamala Harris. La vice-présidente candidate à la Maison Blanche a adopté un ton qui tranche avec celui Joe Biden.

« Son ton provoque des inquiétudes, il n'y a pas de doute que les divergences se sont approfondies », c'est ainsi que Gilad Erdan, ambassadeur d'Israël à l'ONU, a qualifié vendredi les déclarations de Kamala Harris à la suite de la rencontre la veille à Washington de la vice-présidente avec Benyamin Netanyahou. Les critiques qu'elle a adressées publiquement contre la manière dont l'armée israélienne mène la guerre depuis neuf mois dans la bande de Gaza ont « surpris » par leur intensité et laisse plutôt mal augurer des relations entre les deux pays si Kamala Harris est élue en novembre, a reconnu un diplomate israélien.

Signe des temps ; un « haut responsable » membre de la délégation accompagnant le Premier ministre (il s'agit très probablement de propos « off » de Benyamin Netanyahou) a été jusqu'à dénoncer les positions prises par la Kamala Harris qui « pourraient rendre plus difficiles la conclusion d'un accord sur la libération » des 111 otages détenus par le Hamas et d'un cessez-le-feu en encourageant les islamistes palestiniens du Hamas, responsables des massacres commis le 7 octobre dans le sud d'Israël, à durcir leurs exigences..

Droit à l'auto-détermination des Palestiniens

La vice présidente a également évoqué les « souffrances de la population civile palestinienne », les entraves à l'acheminement de l'aide internationales aux 2,3 millions de Gazaouis qui a provoqué « une terrible crise humanitaire ». Elle a également proclamé le droit des Palestiniens à « la liberté, à la dignité et à l'autodétermination », autrement dit à un Etat indépendant au côté d'Israël. Elle s'en est aussi prise aux violences exercées par des petits groupes de colons israéliens extrémistes contre des civils palestiniens en Cisjordanie et prôné un retrait de l'armée israélienne de la bande de Gaza dans le cadre d'un accord en plusieurs étapes sur un cessez-le-feu et la libération des otages.

Autant de positions totalement inacceptables par Benyamin Netanyahou. Pour Gilad Erdan, un proche du Premier ministre, ce quasi réquisitoire dressé par Kamala Harris pourrait être lié à des « considérations électorales en vue de rallier une partie des Démocrates qui ont des opinions extrémistes de gauche apparues lors des manifestations anti-israéliennes dans les campus américains ».

Contre-feu

Durant son entretien avec Kamala Harris en présence de Joe Biden, Benyamin Netanyahou a tenté en vain d'allumer un contre-feu en expliquant que les « informations sur une crise humanitaire et sur un très grand nombre de victimes civiles palestiniennes durant les combats dans la bande de Gaza sont infondées », a affirmé un membre de la délégation israélienne.

A la suite de ce bilan pour le moins contrasté, Benyamin Netanyahou espérait une réconciliation avec Donald Trump à qui il a rendu visite vendredi en Floride. La tâche sur ce front républicain ne s'annonce pas facile. L'ex-président a proclamé qu'Israël devait mettre fin à la guerre « au plus vite », mais sans préciser les conditions. Il n'a pas ménagé ces derniers mois ses critiques contre le Premier ministre qu'il a accusé d'être responsable du fiasco du 7 octobre lorsque les commandos du Hamas ont pris l'armée israélienne totalement par surprise.

Les deux hommes, qui ne s'étaient pas parlés depuis près de quatre ans, ont repris langue le 4 juillet lors d'un entretien téléphonique à l'occasion de la fête nationale américaine.

Préférences pour Trump

Les ministres d'extrême-droite, Itamar Ben Gvir (Sécurité Nationale) et Bezalel Smotrich (Finances), dont le soutien est vital pour la survie du gouvernement de Benyamin Netanyahu, n'ont pas attendu le scrutin de novembre pour exprimer leur préférence pour Donald Trump en cas de duel avec Kamala Harris. Tout deux ont dénoncé les déclarations de la vice-présidente actuelle qui feraient le jeu du Hamas. L'opinion publique israélienne semble sur la même longueur d'onde et se méfie de Kamala Harris, selon un sondage rendu public vendredi. A la question : « quel candidat est le meilleur pour Israël », 63 % des personnes interrogées ont désigné comme leur favori Donald Trump contre seulement 17 % pour celle qui bride la candidature à la présidence au nom des Démocrates.

........Les Echos

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