Face à l’OTAN, Vladimir Poutine menace de relancer la production d’armes nucléaires à portée intermédiaire
Vladimir Poutine a mis en garde dimanche l’Otan en affirmant que la décision de Washington de déployer en Allemagne des missiles américains à longue portée pourrait forcer la Russie à relancer la production d'armes nucléaires à portée intermédiaire.
Le chef d'État russe Vladimir Poutine a menacé de relancer la production d’armes nucléaires à portée intermédiaire capables de toucher les capitales européennes si Washington confirme son intention de déployer des missiles en Allemagne ou ailleurs en Europe. « Si les États-Unis mettent en œuvre de tels plans, nous nous considérerons comme libérés du moratoire unilatéral adopté précédemment sur le déploiement de capacités de frappe à moyenne et courte portée », a déclaré dimanche le président de la Fédération de Russie, lors d’un discours à l’occasion d’une parade navale à Saint-Pétersbourg, rapporte la RTBF.
À l’occasion d'un sommet de l’Otan, Washington et Berlin ont annoncé mercredi 10 juillet dans une déclaration conjointe que les États-Unis allaient « débuter des déploiements épisodiques de capacités de feu à longue portée » en Allemagne en 2026, évoquant des missiles SM-6, des missiles Tomahawk et des armes hypersoniques en cours de développement, ce qui accroîtra la portée des capacités actuellement déployées en Europe. L’armée allemande ne dispose pas de missiles à longue portée pouvant être lancés depuis le sol, mais seulement de missiles de croisière pouvant être tirés par des avions.
Un retour à la « guerre froide »
L'annonce a été condamnée par le Kremlin comme un retour à la « guerre froide », en référence à l'affrontement entre l'URSS et les États-Unis, marqué notamment par la crise des missiles à la fin des années 1970 et dans les années 1980, engendrée par le déploiement soviétique, puis américain, de missiles à capacité nucléaire en Europe. La crise avait pris fin avec la signature du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI ou INF), interdisant les missiles balistiques et de croisière dotés d'une portée allant de 500 à 5 500 kilomètres. Cependant, ce traité s'est effondré suite au retrait des États-Unis décidé par Donald Trump en 2019. La Russie avait alors promis de geler la production de missiles balistiques si les États-Unis ne déployaient pas les leurs à une distance permettant d'atteindre son territoire.