Frappes israéliennes sur le sud du Liban : 50 morts et plus de 300 blessés
Ce lundi matin, après avoir lancé un avertissement à la population, Israël a lancé d'intenses frappes sur le sud et l'est du Liban. Face à la crainte d'embrasement, Joe Biden a assuré « tout faire pour éviter qu'une guerre plus large n'éclate ».
Israël a mené ce lundi matin des dizaines de frappes sur le sud et l'est du Liban, après avoir lancé un avertissement à la population et promis des raids « plus étendus » contre le Hezbollah pro-iranien, alors que la communauté internationale ne cesse d'appeler à la retenue. « Dans la matinée, il y a eu environ 150 frappes » aériennes visant « plus de 300 sites du Hezbollah », a déclaré un porte-parole de l'armée, précisant plus tard que celles-ci avaient eu lieu de 6h30 à 7h30 (5h30 à 6h30 heure de Paris). Le dernier bilan fait état de 50 morts et plus de 300 blessés, dont des enfants, des femmes et des secouristes.
Ce lundi midi, le Hezbollah annonce avoir bombardé trois cibles dans le nord d'Israël « en réponse » aux frappes intensives. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, dénonce un « plan de destruction » israélien. « L'agression israélienne persistante contre le Liban est une guerre d'extermination à tous égards, un plan de destruction visant à anéantir les villages et les villes libanais », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il a appelé « l'ONU et son Assemblée générale ainsi que les pays influents (...) à dissuader l'agression ».
Un « autre Gaza »
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est inquiété dimanche que le Liban devienne un « autre Gaza », en allusion à la guerre dans le territoire palestinien entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023.
Tsahal alerte sur des frappes « plus importantes »
L'armée israélienne a conseillé tôt lundi matin aux citoyens libanais de « s'éloigner des cibles » du Hezbollah dans le sud du Liban, ajoutant que les frappes visant le mouvement islamiste allaient « se poursuivre dans un avenir proche » et que celles-ci seraient « plus importantes et plus précises ». « Des habitants à Beyrouth et dans plusieurs régions ont reçu des messages sur le réseau fixe de téléphone, dont la source est l'ennemi israélien, leur demandant d'évacuer rapidement les lieux où ils se trouvent », a averti l'agence officielle libanaise ANI. Le bureau du ministre de l'Information Ziad Makari à Beyrouth a indiqué avoir reçu un tel appel.
L'ANI a indiqué dans le même temps que « les avions de guerre ennemis avaient lancé (...) plus de 80 frappes aériennes en une demi-heure », visant des zones du sud du Liban, en même temps que « des raids intenses dans vallée de la Békaa », dans l'est du pays. Les correspondants de l'AFP dans le sud et l'est du pays ont fait état de frappes intenses.
Le puissant Hezbollah a ouvert le 8 octobre 2023 un front contre Israël en « soutien » au Hamas, son allié, jurant de continuer à attaquer Israël « jusqu'à la fin de l'agression à Gaza ».
Objectif : le retour des habitants israéliens dans le nord du pays
Le gouvernement israélien inclut désormais dans ses objectifs de guerre le retour dans le nord d'Israël des dizaines de milliers d'habitants qui ont fui à cause des tirs du Hezbollah. « Nous sommes déterminés à faire en sorte que les habitants du nord puissent revenir chez eux en toute sécurité. Aucun pays ne peut tolérer qu'on tire sur ses habitants, ses villes, et nous ne le tolérerons pas non plus », a dit dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
« Nous avons infligé au Hezbollah une série de coups qu'il n'aurait jamais imaginés », a-t-il ajouté, s'exprimant pour la première fois sur ce sujet depuis les attaques, attribuées à Israël, contre les appareils de transmission du mouvement libanais –qui a fait 39 morts et 2 931 blessés mardi et mercredi– et une frappe israélienne qui a décapité son unité d'élite vendredi près de Beyrouth. « Nous saurons atteindre quiconque menace les citoyens d'Israël », a averti le chef d'état-major, Herzi Halevi. Il s'agit « d'un message au Hezbollah, au Moyen-Orient et au-delà ».
« Nous sommes prêts à tous les scénarios militaires »
« Les menaces ne nous arrêteront pas : nous sommes prêts à tous les scénarios militaires » face à Israël, a lancé le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem, lors des funérailles d'Ibrahim Aqil, le commandant de l'unité d'élite tué vendredi. Il a annoncé « une nouvelle phase » dans la bataille contre Israël.
Dimanche, des frappes israéliennes sur des cibles du Hezbollah au Liban ont fait trois morts, selon les autorités libanaises, dont deux combattants du Hezbollah. Le mouvement libanais a annoncé des tirs sur des sites militaires dans le nord d'Israël. Environ « 150 roquettes, missiles et drones » ont été tirés vers le nord d'Israël « sans faire de dégâts significatifs », a dit l'armée. Selon l'armée, des centaines de milliers de personnes ont dû se réfugier dans des abris dans le nord, où les écoles sont fermées jusqu'à lundi inclus.
L'Égypte redoute une « guerre totale »
Face à cet engrenage de violences, les États-Unis, principal allié d'Israël, ont « exhorté » leurs ressortissants à quitter le Liban.« Nous allons faire tout notre possible pour éviter qu'une guerre plus large n'éclate », a déclaré le président Joe Biden. L'Union européenne et Londres ont appelé à un cessez-le-feu immédiat. « La région est au bord d'une catastrophe imminente », a dit la coordinatrice spéciale de l'ONU pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert.
L'Égypte a dit redouter une « guerre totale » au Moyen-Orient, avertissant que l'escalade entre Israël et le Hezbollah pourrait saper les efforts pour un cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée et dévastée, où l'armée israélienne poursuit son offensive de représailles. Ce lundi, le Kremlin s'est dit « extrêmement préoccupé » par la situation.
En près d'un an, les violences entre Israël et le Hezbollah ont fait des centaines de morts au Liban, principalement des combattants, et des dizaines de morts en Israël et dans le Golan occupé.