vendredi 17 avril 2026
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La possible réouverture de mines en France sème la zizanie

Par La Tribune 1,486 vues
La possible réouverture de mines en France sème la zizanie
Dans l'Ariège, l'ancienne mine de tungstène de Salau est convoitée par NeoMetal. Ce qui n'est pas du goût de la petite commune de Couflens, qui abrite le site. (Crédits : Rémi Benoit)

Entre les enjeux de souveraineté et de protection de l'environnement, la potentielle réouverture de mines en France interpelle au sein des mairies, voire effraie. Les élus appellent à une profonde réforme du code minier.

Jusqu’au dernier moment, la localisation est restée confidentielle. Cela n’a pas empêché un adjoint au maire de la petite ville de Couflens (Ariège) et des opposants de venir perturber la présentation à la presse du projet de l’entreprise NeoMetal, un soir de novembre dernier, dans des locaux de Foix. Pour rappel, cette dernière souhaite relancer l’extraction du tungstène dans les Pyrénées, exploité dans une mine de Couflens jusqu’en 1986.

« En septembre, les porteurs du projet ont été reçus avec certains élus locaux au conseil départemental pour présenter leur projet. Nous n’avons pas été invités même si nous sommes les premiers concernés. Nous avons appris cette rencontre dans la presse “, sur Jacques Renoud, premier adjoint au maire de Couflens et co-président de l’association Stop Mine Salau.

Mine de tungstène en Ariège : les porteurs de projets sortent du silence

Concrètement, NeoMetal tente d’obtenir, auprès des services de l’Etat, un Permis Exclusif de Recherche Minière (PERM). Ce précieux sésame lui permettrait de sonder les sols sur une superficie de plus de 100 kilomètres carrés pour en évaluer les ressources potentielles. Le tungstène est un minéral particulièrement apprécié dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique, du spatial et de la construction de machines industrielles.

Plus au nord, dans le Morbihan, la société Breizh Ressources est née à l’été 2023 avec cette ambition : rechercher particulièrement des réserves de lithium, d’or et de terres rares dans les sols bretons. Localement, là encore, la contestation est vive.

« J’ai été informé de ce projet en janvier 2024 par l’envoi d’un dossier par WeTransfer de la préfecture, pour une demande de PERM déposée en juillet 2023. La quasi-totalité de nos 4 0000 hectares sont concernés par ce permis, et trois autres communes le sont. concerné. Mais dans le code minier actuel, les communes n’ont à aucun moment leur place (…). Malgré le vote contre cette initiative par les quatre conseils municipaux, le projet avance. On a le sentiment de perdre le contrôle», s’inquiète Élodie Le Floch, la maire de Kervignac.

Une réforme attendue

Une enquête publique a été menée en juillet, mais la commune n’est pas informée de l’avancée du dossier, précise l’édile. De ce fait, son conseil municipal a voté il y a quelques jours l’interdiction – par décret – des prélèvements sur ses sols communaux. Preuve que le sujet prend de l’ampleur dans les territoires, le congrès des maires, qui s’est tenu récemment à Paris, a inscrit pour la première fois à son programme depuis une trentaine d’années une séquence dédiée à l’industrie minière.

« Les nouvelles formes d’exploitation minière, un enjeu pour les communes », tel est le débat qui a réuni plusieurs dizaines d’élus locaux pendant près de deux heures dans une salle du Parc des Expositions, porte de Versailles.

« Nous voyons émerger plusieurs demandes de PERM partout dans le pays. Il existe des possibilités de nouvelles mines en Bretagne, dans le Massif Central et dans les Pyrénées. Aussi, dans le Nord-Pas-de-Calais, le gaz de mine commence à être exploité. En Lorraine, il existe des permis de recherche autour de l’hydrogène naturel appelé hydrogène blanc. Ce sont des atouts considérables pour nos territoires et le pays », commente Jean-Pierre Kucheida, président de l’Association des Communes Minières.

En France, le rapport de Philippe Varin, remis à Emmanuel Macron en 2022, alerte sur la dépendance totale à l’extérieur pour ses approvisionnements en métaux nécessaires à la transition énergétique. Depuis, l’Europe a approuvé la loi sur les matières premières critiques. L’objectif ? Que le Vieux Continent puisse extraire au moins 10 % des métaux qu’il consomme d’ici 2030.

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