France - Nouveau gouvernement : Bayrou reçu à l’Élysée, passation de pouvoir en fin de matinée
Sauf nouveau retard, Emmanuel Macron doit nommer vendredi 13 décembre matin un nouveau premier ministre. François Bayrou, qui fait figure de favori pour remplacer Michel Barnier, est reçu à l’Élysée ce matin. La passation de pouvoir à Matignon est attendue en fin de matinée.
► Passation de pouvoir à Matignon attendue en fin de matinée
La passation de pouvoir à Matignon entre l’ancien premier ministre Michel Barnier et son successeur, toujours pas connu, est attendue en fin de matinée vendredi 13 décembre, a-t-on appris de sources ministérielles.
L’ensemble des ministres est convié à cette passation, selon ces sources. Un tapis rouge vient à être déroulé dans la cour de l’hôtel du 57 rue de Varenne, pendant que le chef du MoDem François Bayrou était toujours reçu à l’Élysée par le président Emmanuel Macron.
► Jean-Yves Le Drian dit avoir refusé le poste de premier ministre
L’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a confié à l’hebdomadaire breton Le Penthièvre qu’il avait refusé le poste de premier ministre.
« On me l’a proposé. Mais j’ai refusé. Dans deux ans et demi, j’aurai 80 ans, ce ne serait pas sérieux », a justifié Jean-Yves Le Drian, jeudi en marge d’une conférence organisée à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) sur le thème du « basculement du monde ».
► Bayrou reçu à l’Élysée
François Bayrou, un des choix possibles d’Emmanuel Macron pour Matignon, doit être reçu vendredi à 08 h 30 à l’Élysée, a-t-on appris de sources proches des consultations.
Le président du Modem s’est déjà entretenu au téléphone jeudi soir avec Emmanuel Macron qui a promis de nommer son nouveau premier ministre dans la matinée.
À ce stade, on ne sait pas si Emmanuel Macron reçoit François Bayrou, 73 ans, pour lui annoncer sa nomination à Matignon ou, au contraire, lui expliquer les raisons d’une non-nomination une nouvelle fois.
► La promesse d’un premier ministre dans la matinée
Le délai de 48 heures qu’il avait lui même fixé mardi dernier devant les chefs de parti n’aura donc pas été tenu. De retour d’une visite éclair en Pologne, à peine arrivé sur le sol français, Emmanuel Macron a déçu les attentes et fait savoir que la nomination du nouvel hôte de Matignon n’aurait lieu que ce vendredi 13 décembre.
Le chef de l’État procrastine-t-il encore comme lorsqu’il avait mis 51 jours pour nommer Michel Barnier en remplacement de Gabriel Attal ? Est-il encore indécis, jouant avec les nerfs des responsables politiques et des principaux favoris pour le poste ?
« Il conclut ses consultations », disait jeudi soir l’entourage présidentiel. Mais l’attente est propice à la propagation d’informations non vérifiées et à un climat délétère dans la classe politique, marqué par les attaques contre les prétendants potentiels. L’un d’eux reconnaissait tard jeudi soir ne pas être fixé sur les choix du président.
« Ils sont dans la nasse », il y a un « tir de barrage à chaque nom », déplorait un proche d’Emmanuel Macron. « Personne n’est accordé autour du président », ajoutait-il.
► Bayrou, Cazeneuve… ou Lescure à Matignon ?
Quel nom pour extirper le pays d’une crise politique sans précédent ? François Bayrou, le fidèle allié centriste qui attend toujours son heure et semblait cette fois favori ? Ou bien Bernard Cazeneuve, pour récompenser les gages donnés par le Parti socialiste, dont certains députés, parmi lesquels l’ex-président François Hollande, adoubent in extremis l’ancien premier ministre ?
Jeudi, c’est le nom de Roland Lescure, ex-ministre de l’industrie et macroniste de la première heure qui a fait irruption dans le débat. À 58 ans, le député des Français établis à l’étranger pour l’Amérique du Nord, plutôt marqué à gauche de la macronie, pourrait devenir un super-animateur à la tête d’un gouvernement de poids lourds, à ce titre plus difficile à censurer.
Plusieurs députés du Rassemblement national, dont les cadres Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tanguy, ont marqué successivement sur X leur hostilité à sa nomination. « Roland Lescure ? Motion de censure », a écrit la porte-parole du groupe lepéniste, Laure Lavalette, avant d’effacer son message.
Prenant l’hypothèse au « sérieux », l’entourage du ministre démissionnaire de l’intérieur, Bruno Retailleau, a prévenu que ce serait un « gros problème » pour son parti, Les Républicains (LR), car Roland Lescure « porte une ligne inverse » sur l’immigration.
► Un premier ministre de gauche, une option peu probable ?
L’équation politique reste infiniment complexe, malgré le mouvement opéré par le parti socialiste. Le prochain chef du gouvernement devra créer les conditions de sa survie politique afin de ne pas subir le sort de Michel Barnier, renversé le 4 décembre par les députés lors d’une censure inédite depuis 1962, qui laisse le pays sans budget pour 2025.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, comme la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, a proposé une formule : le renoncement à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet au gouvernement de faire passer des textes en force au Parlement, si un premier ministre de gauche était nommé. En contrepartie, une majorité de députés s’engagerait à ne pas le censurer.
Cette formule a relancé l’option Bernard Cazeneuve, l’ex-premier ministre de François Hollande et figure de la gauche modérée hostile à l’alliance avec La France insoumise (LFI). L’ancien maire de Cherbourg ne cache pas ses affinités avec le chef centriste, François Bayrou, allié historique d’Emmanuel Macron et dont le nom est cité avec insistance depuis le début de la semaine.
Le président semble réticent à se tourner vers la gauche. Dès lors, les noms de l’inamovible ministre des armées, Sébastien Lecornu, et de celle des territoires, Catherine Vautrin, tous deux passés de la droite à la macronie, sont aussi cités comme de possibles premiers ministres.