Lors d’une interview sur Fox News, le vice-président américain JD Vance a remis en question l’utilité d’une éventuelle force de maintien de la paix en Ukraine composée de “20.000 soldats d’un pays quelconque qui n’a pas mené de guerre depuis trente ou quarante ans”. Comme ces troupes, à ce moment-là, étaient présumées françaises ou britanniques, ces propos ont été jugés particulièrement irrespectueux. Au Royaume-Uni, politiciens vétérans ne décolèrent pas.
James Cartlidge, secrétaire d'État à la Défense du cabinet fantôme - l’opposition conservatrice - a rappelé que les troupes britanniques et françaises ont combattu aux côtés des Américains en Afghanistan. Et ce, alors que les États-Unis avaient demandé l’aide de leurs alliés de l’OTAN en activant l’article 5 après les attentats du 11 septembre. “C’est extrêmement irrespectueux d’ignorer leur engagement et leur sacrifice”, a souligné le conservateur britannique.
JD Vance efface des livres d'histoire les centaines de militaires britanniques qui ont donné leur vie en Irak et en Afghanistan
Helen Maguire, Liberal Democrats (opposition)
Même son de cloche de la part de son homologue chez les Liberal Democrats, également dans l’opposition. “JD Vance efface des livres d’histoire les centaines de militaires britanniques qui ont donné leur vie en Irak et en Afghanistan”, a écrit la députée Helen Maguire. Elle a aussi dénoncé une “tentative sinistre” de nier la réalité et a accusé Vance de discréditer sa fonction.
Vance a utilisé son temps en tant que Marine principalement pour écrire des articles et prendre des photos
Johnny Mercer, Ancien ministre et vétéran britannique
Johnny Mercer, ancien ministre britannique des forces armées et lui-même vétéran d’Afghanistan, a qualifié Vance de “clown”. Il a critiqué le passé militaire du vice-président, affirmant que Vance “avait surtout utilisé son temps en tant que Marine pour écrire des articles et prendre des photos, plutôt que pour véritablement servir”. D’autres vétérans ont également exprimé leur indignation dans les médias britanniques.
Un moment délicat pour les relations anglo-américaines
Les déclarations de Vance surviennent à un moment délicat, alors que Premier ministre britannique Keir Starmer s’est entretenu lundi soir avec Donald Trump dans une tentative de relancer les négociations de paix pour l’Ukraine. Il s’agissait du troisième échange entre les deux hommes en peu de temps.
Face à cette vague de critiques, Vance a réagi sur les réseaux sociaux et a qualifié “d’absurdement injuste” l’accusation selon laquelle il visait spécifiquement ces deux alliés. “Je n’ai même pas mentionné le Royaume-Uni ou la France”, a-t-il écrit, sans préciser toutefois quels pays il visait réellement.
This is absurdly dishonest.
I don’t even mention the UK or France in the clip, both of whom have fought bravely alongside the US over the last 20 years, and beyond. https://t.co/hrkb5pTV8p
“Soyons honnêtes: de nombreux pays offrent (publiquement ou en privé) leur soutien, alors qu’ils n’ont ni l’expérience du combat ni l’équipement militaire nécessaire pour apporter une contribution significative”, a-t-il encore ajouté.