jeudi 16 avril 2026
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France : "C'est une honte pour la justice" : le président de la mosquée de Pessac, condamné à 4 mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, fait appel

Par France3 1,003 vues
France : "C'est une honte pour la justice" : le président de la mosquée de Pessac, condamné à 4 mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, fait appel
Abdourahmane Ridouane, l'imam de le mosquée de Pessac (mai 2024, illustration) . • © France 3 Aquitaine

Le délibéré a été rendu ce lundi 10 mars par le Tribunal correctionnel de Meaux, en Seine-et-Marne. Le président de la mosquée Al Farouk a été condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis, l’interdiction du territoire français durant deux ans et une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes.

"Nous avons interjeté appel directement car cette décision est juste scandaleuse", nous confie ce lundi soir Abdourahmane Ridouane. "C’est une honte pour la justice. Le 13 janvier, nous avons démontré qu’il n’y avait aucune intention de faire l'apologie du terrorisme. À chaque attentat en France, et ailleurs, j’ai toujours condamné en prenant ma plume. Cette condamnation est une réponse à une injonction politique".

La séparation des pouvoirs est violée de manière flagrante. Et l’Etat de droit est en train de partir à la dérive.

Abdourahmane Ridouane

 

 

Le tribunal correctionnel de Meaux a condamné Abdourahmane Ridouane, ce lundi 10 mars, pour apologie du terrorisme à quatre mois d’emprisonnement avec sursis, interdiction du territoire français durant deux ans et une inscription au fichier des auteurs d’infractions terroristes (Fijait), conformément aux réquisitions du procureur. Abdourahman Ridouane a rapidement décidé de faire appel, et c'est son conseil qui le confirme dès ce lundi soir. Il était dans le viseur du ministère de l'Intérieur qui lui reprochait des publications de textes incitant "à la haine et à la discrimination" envers Israël et les Juifs. 

Le président de la mosquée de Pessac, avait comparu le 13 janvier pour "apologie du terrorisme" devant le tribunal correctionnel de Meaux, en Seine-et-Marne. Deux mois plus tard, la décision a donc été rendue.

 

L'avocat Stefen Guez Guez, qui défend la mosquée de Pessac, en mars 2022 devant le tribunal administratif de Bordeaux.
L'avocat Stefen Guez Guez, qui défend la mosquée de Pessac, en mars 2022 devant le tribunal administratif de Bordeaux. • © GUILLAUME BONNAUD / Sud-Ouest / MAXPPP

 

Ces publications sur les réseaux sociaux avaient déjà mené à la fermeture de la mosquée, en mars 2022, suspectée de diffuser une “idéologie salafiste” et de promouvoir un islam radical. À l’époque, Sefen Guez Guez, l'avocat de la mosquée, faisait part de sa surprise et avançait qu'il n'y avait eu "aucune enquête judiciaire ouverte par le parquet"La décision avait finalement été annulée par le tribunal administratif, puis le Conseil d'État.

Mais de nouvelles publications sur les réseaux sociaux avaient conduit à son arrestation le 8 août 2024, en vue d'une expulsion vers le Niger. Il se trouvait alors sous le coup d'une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). Le 6 novembre dernier, Abdourahmane Ridouane avait été remis en liberté puisque la période de légale de rétention administrative était arrivée à son terme. Il était assigné à résidence en attendant son procès prévu en novembre 2024 et finalement été reporté au 13 janvier dernier.

 

La mosquée Al Farouk de Pessac.
La mosquée Al Farouk de Pessac. • © Laure Bignalet / France 3 Aquitaine

 

Abdourahmane Ridouane était décrit comme "une menace d'une particulière gravité" par l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Son "ancrage dans une mouvance religieuse rigoriste de l'Islam" était pointé du doigt, ainsi que sa perception du Hamas, "présenté comme un mouvement de résistance".

Interrogé par France 3 Aquitaine, ce dernier estimait qu'il était visé pour ses positions critiques à l'encontre de la politique internationale française et ses propos critiquant "l'inaction dans le conflit israëlo-palestinien". Son avocat avait de son côté dénoncé, en janvier dernier, "l'acharnement" de l'État à l'encontre de son client. Ce lundi 10 mars, ils ont décidé de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Meaux.

 
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